Téhéran et Washington loin d'un accord malgré les efforts qataris information fournie par Reuters 03/11/2026 à 13:50
(Actualisé avec déclarations, précisions §11 et §13-14)
par Parisa Hafezi
L'Iran et les Etats-Unis sont loin d'un accord pour mettre fin à leur guerre, a déclaré mardi à Reuters un haut responsable iranien, en dépit des nouveaux efforts diplomatiques déployés ces derniers jours pour prévenir une reprise franche des hostilités après les élections américaines de mi-mandat.
Ce constat n'a toutefois pas empêché le porte-parole du ministère des Affaires étrangères du Qatar, qui oeuvre depuis des mois pour trouver une solution entre Washington et Téhéran, d'assurer dans la foulée que les deux belligérants restaient déterminés à trouver le chemin d'une désescalade.
"Les médiateurs travaillent d'arrache-pied pour réduire les divergences entre Téhéran et Washington", a dit la source iranienne au lendemain de la visite de diplomates qataris à Téhéran pour des discussions sur une version du projet d'accord entre les États-Unis et l'Iran, qui fait l'objet de négociations depuis huit jours.
"Les conditions iraniennes doivent être remplies si les Etats-Unis veulent obtenir la réouverture du détroit d'Ormuz", a répété le responsable iranien, ajoutant que Téhéran rejetterait les "demandes excessives" de Washington.
Le président du Parlement iranien, Mohammad Baqer Qalibaf, a quant à lui affirmé que la balle était dans le camp du gouvernement américain, Téhéran ayant livré à Washington une réponse "forte et raisonnable".
"L'ennemi cherche à soumettre la nation iranienne par des menaces et des actions militaires, mais il se trompe grandement, l'Iran ne se soumettra pas", a-t-il ajouté.
L'armée américaine a mené dans la nuit de lundi à mardi des frappes limitées et défensives contre l'île iranienne de Qeshm, ont indiqué des sources officielles à Washington. Les Gardiens iraniens de la Révolution ont dit avoir abattu un drone américain MQ-9 survolant l'est du détroit d'Ormuz.
Ces accrochages ne constituent cependant pas une reprise des opérations majeures de combat que le président américain Donald Trump a menacé de déclencher après les "midterms" organisées ce mardi aux Etats-Unis et à laquelle l'Iran dit s'être préparé.
Le Guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, a ordonné samedi aux forces armées de son pays de riposter immédiatement et sans "limites géographiques" à toute menace ennemie.
LES ÉTATS-UNIS ET L'IRAN RESTENT DÉTERMINÉS
Selon le Qatar, les États-Unis et l'Iran veulent poursuivre les efforts de médiation et les deux pays examinent les propositions avancées.
"S'il n'y avait aucune lueur d'espoir, il n'y aurait pas de négociations (...) et en tant que médiateurs, nous ne pouvons pas perdre espoir", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères du Qatar, Majed al-Ansari.
Les pourparlers se poursuivent bien que la délégation qatarie qui s'est rendue à Téhéran soit revenue à Doha, a poursuivi le porte-parole, ajoutant que Doha gardait l'espoir qu'un accord puisse encore être conclu afin d'ouvrir la voie à de futures négociations.
Un responsable informé des pourparlers a ajouté que les médiateurs attendaient une réponse de Washington et de Téhéran dans les 36 prochaines heures.
"Les médiateurs ont formulé une nouvelle proposition pour faire avancer le processus et celle-ci est actuellement examinée par les deux parties", a précisé ce responsable.
La source iranienne qui s'est exprimé sous couvert d'anonymat a déclaré que les négociations sur le nucléaire ne pourraient débuter qu'une fois les conditions posées par l'Iran remplies.
Parallèlement aux échanges de messages entre Téhéran et Washington par le biais d'intermédiaires, les démarches se poursuivent au niveau régional pour prévenir une nouvelle escalade militaire.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araqchi, a ainsi noté que les discussions entre l'Iran et l'Arabie saoudite continuaient, une semaine après la visite à Téhéran de hauts responsables saoudiens, pakistanais et turcs.
Il s'agissait de la première rencontre à haut niveau entre la république chiite et ces trois pays sunnites signataires d'un accord de défense mutuelle depuis le déclenchement de la guerre contre l'Iran par les Etats-Unis et Israël le 28 février dernier, qui s'est étendue durant l'été à l'Arabie saoudite et au Yémen.
Les cours du pétrole rebondissaient après une forte chute lors de la séance précédente. À 12h14 GMT, les contrats à terme sur le Brent LCOc1 gagnaient 1,82 dollar, soit 1,74%, à 106,59 dollars le baril, tandis que le West Texas Intermediate (WTI) américain CLc1 progressait de 2,16 dollar, soit 2,24%, à 98,62 dollars.
Plus tôt dans la journée, l'agence de presse iranienne Tasnim, citant les Gardiens de la révolution, a rapporté que trois pétroliers avaient pris feu après avoir heurté des mines dans le détroit d'Ormuz.
Les navires avaient emprunté des voies de navigation non autorisées et désactivé leurs systèmes de navigation et d'identification, ajoutant l'agence.
(Jean-Stéphane Brosse et Etienne Breban pour la version française, édité par Benoit Van Overstraeten)