"Quand on compare, on se rassure" : le directeur de la DGA salue les capacités militaires de la France face aux armées de ses partenaires
information fournie par Boursorama avec Media Services 15/04/2026 à 18:51

Auditionné par la Commission de défense de l'Assemblée nationale, Patrick Pailloux a notamment mis en avant les signaux positifs montrés par les opérations au Proche et Moyen-Orient, dont le déploiement du groupe aéronaval français.

Patrick Pailloux, directeur de la Direction générale de l'armement (DGA), à Toulouse, en janvier 2026 ( AFP / THIBAUD MORITZ )

"On a quand même l'habitude de se taper dessus et de se flageller en permanence en France". A l'occasion de son audition face à la Commission de défense de l'Assemblée nationale, le directeur de la Direction générale de l'armement (DGA) a fait l'éloge de l'appareil militaire français, dont les engagements récents montrent l'opérationnalité.

"Je les cherche les bateaux de nos partenaires..."

La prise de parole du haut-responsable intervient dans un contexte de réarmement européen, et d'avertissements quant à la nécessité d'un changement d'échelle face aux nouvelles menaces. Ainsi, malgré les alertes sur l'état de l'armée française, "quand on se compare, on se rassure", a estimé Patrick Pailloux, lors de son audition mercredi 15 avril.

"Quand je regarde ce qu'il se passe au Moyen-Orient par exemple, je me rassure. Je les cherche les bateaux de nos partenaires, les avions, les missiles... Nos bateaux étaient engagés en Mer rouge, ils sont engagés en Méditerranée. Le porte-avions (Charles-de-Gaulle, ndlr) était à Goteborg, il est redescendu très vite. Nos Rafale volent aux Emirats arabes unis, ils tirent, ça fonctionne. On se rassure !" , a abondé le directeur de la DGA, dans une éloge du déploiement français.

Les opérations militaires au Moyen-Orient ont par exemple mis en lumière l'absence remarquée de la Royal Navy britannique, qui n'a pu envoyer tardivement qu'une frégate, le HMS Dragon, avant que le navire ne soit immobilisé début avril pour problèmes techniques. Le Royaume-Uni a en outre dû emprunter la frégate Sachsen de la marine allemande pour le commandement d'une mission de l'Otan.

"On peut se plaindre en permanence, mais la vérité, c'est que la France, grâce aux choix qui ont été faits dans le passé par nos anciens, est dotée des capacités militaires, d'une armée, d'une DGA et d'une BITD qui fonctionnent et sont capables de répondre aux enjeux qui sont les nôtres", a encore ajouté Patrick Pailloux.

Renforcer les stocks face à la menace d'une guerre d'attrition

Le directeur de la DGA met cependant en garde quant aux nouvelles réalités géopolitiques, reprenant les avertissements lancés par le général Fabien Mandon , chef d'état-major des armées françaises. "Il faut se préparer à un engagement majeur à l'horizon 2030, avec l'idée nouvelle qu'on peut se trouver confrontés à une guerre d'attrition. Pour faire simple : à la fin, c'est lui qui a encore des munitions qui a gagné. C'est nouveau par rapport à la période qu'on a connue", décrit-il en référence aux engagements des dernières années dans l'activité anti-terroriste. "Lorsque la réalité change, ne pas s'adapter revient à prendre du retard", note t-il.

Renforcée notamment par plus de missiles, de drones et de moyens de s'en protéger, la loi de programmation militaire (LPM) actualisée a été présentée par le gouvernement, avec 36 milliards d'euros supplémentaires face à l'aggravation des menaces et l'hypothèse d'un conflit avec la Russie. Cette programmation pluriannuelle prévoyait un total de 413 milliards d'euros pour les besoins des armées pour les années 2024 à 2030. Le projet de loi, qui va être présenté au Parlement pour une adoption espérée avant le 14 juillet, prévoit ainsi 36 milliards d'euros supplémentaires sur la période afin d'"accélérer notre réarmement", avait annoncé en janvier Emmanuel Macron dans ses voeux aux Armées.