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Relations avec les Etats-Unis : "On ne peut plus avoir le même niveau de confiance", juge le chef d'état-major Fabien Mandon
information fournie par Boursorama avec Media Services 09/04/2026 à 15:45

Le plus haut gradé français prend acte du désengagement de l'allié traditionnel du Vieux continent vis-à-vis de ses partenaires européens, louant au passage le "leadership reconnu" de la France pour prendre le relais.

Le général Fabien Mandon, à l'Elysée, le 19 novembre 2025 ( AFP / LUDOVIC MARIN )

Le général Fabien Mandon, à l'Elysée, le 19 novembre 2025 ( AFP / LUDOVIC MARIN )

"Le constat fait par beaucoup de mes partenaires en Europe est qu'on ne peut plus avoir le même niveau de confiance sur l'engagement des Américains pour notre sécurité". A l'occasion d'une audition à l'Assemblée nationale jeudi 9 avril, le général Fabien Mandon a évoqué la distance croissante entre Etats-Unis et ses vieux alliés européens.

La France et sa "culture de souveraineté"

"Ils ont un rôle-clé historique depuis la fin de la deuxième guerre mondiale. Beaucoup de pays qui n'ont pas la culture de souveraineté de la France s'était habitués à compter sur l'aide américaine, soit par les acquisitions de matériel soit l'apport de capacités critiques au continent de la part des Américains. Aujourd'hui, on ne peut plus avoir ce même niveau de confiance", a commenté le chef d'état-major des armées françaises.

S'il salue "la qualité des échanges" avec les plus hautes têtes de l'appareil militaire américain, dont l'actuel chef d'état-major des armées américaines Dan Caine, nommé par Donald Trump début 2025, le général Mandon acte les divergences stratégiques, évoquant en creux le positionnement de l'administration Trump vis-à-vis de l'Europe et de leur hostilité à l'égard de l'Otan. Face à une "simultanéité des crises" entre guerres en Ukraine, au Moyen-Orient et tensions dans l'Indo-Pacifique, les "priorités américaines ne sont pas les mêmes que celles de notre pays ou de notre continent". "Ils nous alertent depuis des mois pour nous dire renforcez-vous, nous ne pourrons peut-être pas couvrir vos besoins le jour où vous en aurez besoin" , a t-il ajouté.

Nouvelles alliances

Face à cette nouvelle donne, le général Mandon salue la place de l'appareil militaire français dans le paysage continental. "Les Européens, au niveau militaire, se rencontrent de plus en plus et agissent. La France a un leadership reconnu, par sa culture, son sérieux, sa crédibilité dans l'engagement de ses forces", a t-il assuré. Le haut gradé mentionne ainsi le rôle de Paris dans la "coalition des volontaires" pour l'Ukraine menée de concert avec la Grande-Bretagne, ainsi que, plus récemment les efforts entrepris avec 35 pays pour planifier la reprise de la circulation maritime dans le détroit d'Ormuz.

Carte montrant les principales bases militaires américaines et sites avec présence militaire américaine en Europe ( AFP / Jonathan WALTER )

Carte montrant les principales bases militaires américaines et sites avec présence militaire américaine en Europe ( AFP / Jonathan WALTER )

La possibilité d'une "guerre ouverte" avec la Russie reste "ma préoccupation première", a par ailleurs insisté le chef d'état-major français des Armées, qui avait déjà mis en garde contre le risque d'un "choc dans trois, quatre ans". "La permanence d'une menace russe sur notre continent, avec une guerre ouverte (...) reste ma préoccupation première en termes de préparation des armées", a affirmé le général, lors d'une audition consacrée à l'actualisation de la programmation militaire renforçant le budget de la défense d'ici 2030.

"Chaque pays garde la liberté d'évoluer, mais en tout cas, les projections que l'on a aujourd'hui (...) c'est que la Russie, en 2025, représente 1,3 million de soldats, avec une projection à 1,9 (million) en 2030", a-t-il rappelé. Le projet de loi d'actualisation de la LPM présenté mercredi en Conseil des ministres prévoit 36 milliards d'euros supplémentaires pour les Armées en plus des 413 milliards déjà alloués pour la période 2024-2030. Le "recours désinhibé à la force", la "menace terroriste (qui) reste forte au Proche et Moyen-Orient, en Asie et aussi sur le continent africain", justifient également selon lui l'effort demandé aux Français pour leur défense.

5 commentaires

  • 17:01

    Il est vraiment tres bien notre president


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