Pas de "cycle haussier" en vue : le gouverneur de la Banque de France relativise la décision de la BCE sur le relèvement des taux
information fournie par Boursorama avec Media Services 17/06/2026 à 08:56

Pour la première fois depuis trois ans, la BCE a relevé ses trois taux directeurs. Pas de quoi, pour l'heure, engendrer une dynamique durable, estime Emmanuel Moulin.

Emmanuel Moulin, à Paris, le 9 juin 2026 ( AFP / LUDOVIC MARIN )

"Une hausse nécessaire, mais prudente". Dans un entretien aux Echos, le nouveau gouverneur de la Banque de France Emmanuel Moulin a fait valoir que l'augmentation des taux annoncée par la Banque centrale européenne (BCE) ne correspond pas pour autant au lancement d'un nouveau cycle de hausse.

"S'il y a eu unanimité sur le relèvement des taux, il y a aussi eu un consensus sur le fait que nous n'étions pas en train d'annoncer un nouveau cycle haussier" , a déclaré le successeur de François Villeroy de Galhau au quotidien économique, dans son édition de mercredi 17 juin.

En raison du regain d'inflation dans la zone euro provoqué par le conflit au Moyen-Orient, la BCE a relevé jeudi d'un quart de point, à 2,25%, son taux de dépôt, qui est son principal taux directeur, après l'avoir maintenu inchangé depuis juillet 2025.

Soucieuse de ne pas répéter son erreur de 2022, à savoir une réaction jugée tardive face à la poussée d'inflation liée à l'offensive russe en Ukraine, la BCE a cherché à éviter toute critique du moment choisi pour durcir à nouveau son cap monétaire. "Moi, je dois tuer l'inflation", avait ainsi défendu la présidente de la BCE Christine Lagarde, justifiant cette hausse par l'objectif central de stabilité des prix poursuivi par l'institution.

"Réunion par réunion"

Emmanuel Moulin juge pour sa part la hausse "nécessaire, mais prudente", en réponse à des prévisions d'inflation supérieures à l'objectif de 2% fixé par l'institution.

Le gouverneur de la Banque de France a insisté sur le fait que la BCE restait attachée à une approche "réunion par réunion", fondée sur l'évolution des données économiques. "Notre décision a été bien comprise par les marchés", a-t-il observé. Lors de sa réunion de jeudi dernier, l'institution avait réaffirmé sa dépendance aux données, sans "s'engager à l'avance sur une trajectoire particulière des taux".