La "première aciérie en France depuis plus de 50 ans" : le projet Mistral de Marcegaglia à Fos-sur-mer prend de l'épaisseur
information fournie par Boursorama avec Media Services 01/06/2026 à 09:04

Le poids-lourd italien de la sidérurgie avait racheté en 2024 l'ancienne usine d'Ascometal, implantée au coeur du bassin industriel de l'étang de Berre, dans les Bouches-du-Rhône.

Marcegaglia a racheté l'usine Ascometal de Fos-sur-mer en 2024 (illustration) ( AFP / CLEMENT MAHOUDEAU )

Après l'échec cinglant du projet Carbon de giga-usine photovoltaïque, le pôle industriel de Fos-sur-mer a enregistré une annonce plus encourageante dans le domaine de la sidérurgie, avec une rallonge massive pour le projet "Mistral" de Marcegaglia.

Le groupe sidérurgique italien doit présenter lundi une nouvelle enveloppe de 600 millions d'euros, portant à 1,2 milliard d'euros son investissement sur le site. Ce projet, présenté lundi 1er juin à l'occasion du neuvième sommet Choose France, "donnera naissance à la première aciérie en France depuis plus de 50 ans et au premier grand laminoir depuis cette période", a indiqué le groupe dimanche, dans un communiqué. L'usine "intégrera l’intelligence artificielle et sera alimentée par une électricité décarbonée, visant des performances de référence en sobriété énergétique et en empreinte carbone", a rappelé Marcegaglia.

"Reconquête industrielle"

Du côté du gouvernement, la ministre déléguée à l'Energie salué un "investissement historique", illustration selon elle de la "reconquête industrielle" à l'oeuvre dans le pays.

"L'électrification n'a pas seulement des objectifs climatiques et environnementaux, mais il s'agit bien d'une vraie stratégie de réindustrialisation et de souveraineté économique de la France qui lui permettra de sortir de ses dépendances tout en s'affirmant comme le champion européen de l'industrie verte", a ainsi fait valoir Maud Bregeon dans les colonnes de La Provence , se disant "fière d'être la ministre de l'Énergie d'un pays qui n'oppose pas objectifs climatiques et reconquête industrielle".

La direction veut multiplier par 20 la production

Le groupe italien, qui a repris en mai 2024 l'ancienne aciérie Ascometal de Fos-sur-Mer, a conclu il y a un an un accord de long terme de fourniture d'électricité d'origine nucléaire avec EDF à prix compétitif.

Antonio Marcegaglia, un des deux actionnaires de cette entreprise familiale, avec sa soeur Emma, avait indiqué, lors de la conclusion de cet accord, vouloir moderniser le four existant et en construire un tout neuf, dans le but de faire passer la production d'acier à quelque 2,1 millions de tonnes d'ici mi-2028, contre 100 à 150.000 tonnes aujourd'hui.