Interview controversée de Sergueï Lavrov : Léa Salamé exprime des regrets partiels information fournie par Boursorama avec Media Services 14/04/2026 à 15:09
Il ne faut pas laisser à la Russie le "monopole du récit", s'est justifiée la présentatrice, selon qui "toutes les rédactions" cherchent à obtenir ce genre d'interviews.
Vertement critiquée pour son interview, jugée complaisante par certains- du ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, la présentatrice du 20h de France 2 , Léa Salamé, a dit mardi 14 avril regretter que la séquence n'ait pas été "accompagnée" par des reportages et un spécialiste en plateau.
Cette interview, diffusée le 26 mars, a suscité une pluie de critiques et d'accusations de complaisance , à commencer par celles du gouvernement français et de l'Ukraine, en plein G7. Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a notamment regretté que son homologue russe "ait pu dérouler tranquillement sa propagande" lors de cette interview.
Ce mardi, lors d'une matinée de débats organisée par France Télévisions sur "L'information, nouvelle ligne de front", Léa Salamé est revenue sur cette polémique. "Il ne faut pas être hypocrite" car de telles interviews sont "demandées" par "toutes les rédactions" , a-t-elle déclaré. "Faut-il donner la parole à des dirigeants qui lancent des guerres ? Je pense que oui", a-t-elle enchaîné. Sinon, les démocraties "laisseront à la Russie ou à d'autres le monopole du récit".
Cependant, "j'ai un regret sur cette interview", c'est que "probablement, en 2026, on ne peut pas balancer une interview comme ça sans l'accompagner", a poursuivi la journaliste, rejoignant la position de Philippe Corbé, directeur de l'information de France Télévisions.
"Intérêt journalistique évident"
"On aurait dû demander à Étienne Leenhardt (spécialiste des relations internationales pour le JT, ndlr) de venir en plateau" et "nous aurions dû aussi l'accompagner par un reportage sur les victimes en Ukraine " et "un reportage sur la guerre hybride qu'ils nous mènent", selon Léa Salamé.
Interviewer le chef de la diplomatie russe, "acteur majeur de la guerre au Moyen-Orient" et "allié" de l'Iran, "a un intérêt journalistique évident", avait défendu Philippe Corbé. "Interroger quelqu'un, ça n'est pas lui offrir une tribune" et Léa Salamé "ne lui déroule pas le tapis rouge", a-t-il insisté lors de ces débats.
Enregistrée à l'avance, l'interview a été réalisée à distance avec Sergueï Lavrov, qui se trouvait à Moscou. Dix minutes ont été diffusées dans le 20h de France 2 , regardées par 3,4 millions de téléspectateurs selon Médiamétrie, et une version d'une heure a été mise en ligne sur franceinfo.fr.
L'interview a ensuite été diffusée sur la chaîne YouTube du ministère russe des Affaires étrangères mais avec une traduction déformée des questions de Léa Salamé pour aller dans le sens de Moscou. "La Russie a manipulé les questions" , a pointé le ministère français des Affaires Étrangères.