Hausse du Smic : le gouvernement veut obtenir un compromis des partenaires sociaux pour franchir la "barre des 1.500 euros net"
information fournie par Boursorama avec Media Services 06/11/2026 à 11:27

La CFDT demande 100 euros net de hausse du Smic net et la CGT 10 %, soit environ 150 euros.

Jean-Pierre Farandou à Paris, le 4 novembre 2026. ( AFP / LUDOVIC MARIN )

Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a affiché vendredi 6 novembre sa volonté d'arriver à un compromis entre les partenaires sociaux pour "franchir la barre" des 1.500 euros net pour le Smic mensuel, actuellement de 1.477,93 euros, à quelques jours d'une conférence sociale convoquée par le Premier ministre à Matignon.

Jean-Pierre Farandou a précisé sur TF1 que ses discussions avec les syndicats et le patronat étaient encore en cours jusqu'à dimanche et que son objectif était de "converger" pour arriver à un compromis sur le Smic, les minima de branches et les négociations salariales dans les entreprises.

Jeudi, une journée de grève et de manifestations a mobilisé plus de 1,5 million de personnes selon les syndicats, et 575.000 selon les autorités, après trois samedis de forte mobilisation syndicale, de gilets jaunes et de la jeunesse contre la vie chère.

La CFDT demande 100 euros net de hausse du Smic net et la CGT 10 %, soit environ 150 euros. Revalorisé chaque 1er janvier en fonction, notamment, de l'inflation hors tabac constatée pour les 20% de ménages les plus pauvres, le Smic est également augmenté automatiquement en cours d'année si l'inflation dépasse 2 %. Au-delà des augmentations mécaniques, le gouvernement peut donner un coup de pouce au Smic mais cela n'a pas été le cas depuis juillet 2012, après l'arrivée de François Hollande à l'Élysée (un coup de pouce de 0,6 %).

Grilles de salaires sous le Smic

Tous les syndicats demandent également que les grilles de salaire des branches professionnelles ne comportent plus de niveaux sous le Smic , et que les entreprises qui ont de tels niveaux soient sanctionnées financièrement. Les salariés perçoivent dans tous les cas le salaire minimum mais ces niveaux de grilles inférieurs au Smic provoquent un tassement des rémunérations, les salariés pouvant progresser dans l'échelle des salaires tout en restant "collés" au salaire minimum pendant de longues années.

"Il y a un décret qui est prêt", et ce décret "inciterait très fort les branches, à relever leur minima, parce que sinon on va affecter ce qu'on appelle la réduction de charges", a expliqué Jean-Pierre Farandou. "Le gouvernement est prêt à passer ce décret pour inciter très fort les entreprises à relever leur minima conventionnel au niveau du Smic ", a-t-il ajouté.

Le mécanisme, qui consiste à calculer les allègements de cotisations patronales non pas sur le Smic mais sur les niveaux de rémunération conventionnel inférieurs, était prévu par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 mais le décret d'application se fait toujours attendre.

Mais selon Les Echos , les paramètres du projet de décret du gouvernement font que très peu de branches seraient concernées.

Selon l'économiste Stéphane Carcillo, président du groupe d'experts indépendants sur le Smic, cité par le journal, le système sera "bancal, très compliqué à mettre en œuvre et n'aura probablement que très peu d'impact".