Bases militaires, défense aérienne : la Suisse veut accélérer ses investissements de sécurité malgré un marché de l'armement aux capacités "saturées pour plusieurs années" information fournie par Boursorama avec Media Services 19/08/2026 à 14:54
Embarquée non sans péripéties dans les programmes d'équipement américain dont le F-35, la Confédération souhaite désormais renforcer sa défense contre les menaces aériennes.
Le gouvernement suisse a annoncé mercredi 19 août vouloir accélérer les investissements dans la sécurité et en particulier dans la défense aérienne, face à "l'aggravation de la menace et aux longs délais de livraison des biens d'armement". Il avait demandé en mars des crédits d'engagement à hauteur de 3,4 milliards de francs (3,6 milliards d'euros) pour le programme d'armement 2026.
"Afin de garantir les délais de livraison pour les acquisitions destinées à la défense aérienne", le gouvernement "demandera au Parlement un crédit supplémentaire de 970 millions de francs", indique-t-il dans un communiqué publié à l'issue d'une réunion ministérielle.
Selon le gouvernement, "les actions hybrides et les attaques à distance constituent les menaces les plus probables pour la Suisse", alors que "l'armée ne dispose pas des moyens nécessaires pour assurer une protection suffisante du pays contre les menaces aériennes". Il souligne également la situation tendue sur le marché international de l'armement, avec une demande en forte hausse, des capacités de production "saturées pour plusieurs années" et des délais de livraison qui s'allongent.
Renforcer la défense multi-couches
"En outre, les fabricants exigent de plus en plus souvent des acomptes substantiels. Sans ces derniers, des acquisitions urgentes pourraient être retardées de plusieurs années", fait-il également valoir. La Suisse doit recevoir des avions de combat américains F-35A ainsi que le système de défense antiaérienne américain Patriot.
Les 970 millions de francs sont ainsi destinés au versement d'acomptes pour la défense sol-air de courte portée (250 millions de francs) et de moyenne portée (650 millions), pour un radar semi-stationnaire de moyenne portée (60 millions) et pour la défense contre les minidrones (10 millions).
Le gouvernement souhaite par ailleurs investir 100 millions de francs ces prochaines années pour renforcer la sécurité de plus de 60 sites militaires, estimant qu'il est urgent de mettre en oeuvre ces mesures, qui devront être réalisées "au plus tard au début de 2029". Le Parlement devra encore approuver cette enveloppe.
Il devra également se prononcer sur une hausse de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) de 0,5 point de pourcentage pendant douze ans à partir de 2028, une mesure annoncée le 12 août par le gouvernement afin de financer les dépenses d'armement prioritaires de l'armée. "Pour contrer les menaces les plus probables, en particulier les opérations hybrides et les attaques à distance, l'armée aura besoin d'investissements supplémentaires dans l'armement à hauteur de 24 milliards de francs dans les années à venir", avait-il indiqué.