Bases militaires américaines : Varsovie et Washington négocient des implantations permanentes en Pologne information fournie par Boursorama avec Media Services 05/08/2026 à 12:11
"Nous voudrons discuter de plusieurs bases, d'une transformation progressive de bases américaines actuelles en bases permanentes", a expliqué un membre du gouvernement polonais.
Alors que les États-Unis sont en plein réexamen de leur présence militaire en Europe -voire de leur système d'alliance sur le Vieux continent-, la Pologne est en discussion avec Washington sur la création de bases américaines permanentes sur son territoire, a indiqué mercredi 5 août le vice-ministre polonais de la Défense, Pawel Zalewski, chargé des négociations.
Environ 10.000 soldats américains sont stationnés actuellement en Pologne , quasi exclusivement dans un système de rotations.
La semaine dernière, les États-Unis ont formellement lancé un réexamen de leur présence militaire en Europe, destinée à la pousser à assumer "la responsabilité principale de sa défense conventionnelle", laissant ainsi planer le spectre d'une réduction significative de sa présence sur le Vieux continent.
Cependant, la Pologne, qui joue un rôle stratégique sur le flanc oriental de l'Otan et consacre déjà environ 5% de son PIB à la défense , modernise son armée à coups de milliards d'euros d'achats , notamment aux États-Unis, et œuvre au renforcement de la présence américaine sur son territoire.
"Plusieurs bases"
"Nous avons déjà dépassé la phase préliminaire, sans même parler de la volonté politique qui a été exprimée depuis longtemps", a déclaré Pawel Zalewski à la chaîne de télévision publique polonaise TVP Info , indiquant que Varsovie a été informée par Washington "de la création d'une équipe américaine qui sera (...) notre partenaire" dans les discussions. "Nous savons que nous voudrons discuter de plusieurs bases, d'une transformation progressive de bases américaines (actuelles) en bases permanentes", a-t-il ajouté. Selon Pawel Zalewski, Varsovie et Washington échangent déjà leurs "propositions" qui "ne sont pas encore officielles".
Les États-Unis avaient sévèrement critiqué nombre de pays européens qui ont refusé aux forces américaines l'utilisation des bases de l'Otan sur leur territoire pendant la guerre contre l'Iran.
Le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, avait également menacé l'Alliance de réduire la contribution américaine à son budget si certains États refusaient de respecter les engagements pris l'an dernier lors du sommet de l'Otan à La Haye. Les Alliés y avaient promis de consacrer, d'ici à 2035, au moins 5% de leur Produit intérieur brut à leurs dépenses de sécurité, dont 3,5% à leurs dépenses strictement militaires.