65.000 militaires, 200 lanceurs, 7.800 équipements : la Russie entame trois jours d'exercices nucléaires
information fournie par Boursorama avec Media Services 19/05/2026 à 13:52

Lundi, le Belarus avait assuré que l'entraînement programmé n'était "pas dirigé contre des pays tiers et ne constituait pas une menace pour la sécurité régionale".

Vladimir Poutine à Moscou, en Russie, le 15 mai 2026. ( POOL / MIKHAIL METZEL )

La Russie -en coordination avec son allié belarus- a entamé des exercices et entraînements de ses forces nucléaires, a annoncé mardi 19 mai le ministère russe de la Défense, quelques heures avant l'arrivée du président Vladimir Poutine en Chine.

Tout au long de son offensive en Ukraine, qui dure depuis plus de quatre ans, Moscou a vanté la puissance de son arsenal nucléaire et a menacé à plusieurs reprises de l'utiliser.

La Russie vient de subir l'une des attaques ukrainiennes les plus massives depuis le début du conflit en février 2022. Dans la nuit de samedi à dimanche, la Russie a dit avoir été attaquée par environ 600 drones, qui ont fait 4 morts.

Ces exercices interviennent aussi après l'arrivée à échéance en février de New Start, dernier traité limitant les arsenaux nucléaires russe et américain.

"Du 19 au 21 mai, les forces armées de la Fédération de Russie mènent un exercice de préparation et d'utilisation de leur armement nucléaire en cas de menace d'agression", a indiqué le ministère de la Défense. Ces exercices doivent mobiliser plus de 65.000 militaires et 7.800 types d'équipements et d'armes, dont plus de 200 lanceurs de missiles , a indiqué le ministère de la Défense. Des avions, des navires, des sous-marins et des sous-marins nucléaires y participent. Des tirs d'essai de missiles balistiques et de croisière sont prévus, a ajouté le ministère.

Nouveau missile intercontinental

"L'exercice abordera également des questions liées à l'entraînement conjoint et à l'utilisation d'armes nucléaires déployées sur le territoire de la République du Bélarus", a précisé la même source.

Le début de l'exercice avait été annoncé lundi par le Bélarus. Les autorités de ce pays allié de Moscou avaient assuré que l'entraînement programmé n'était "pas dirigé contre des pays tiers et ne constitu(ait) pas une menace pour la sécurité régionale", dans un communiqué diffusé via les réseaux sociaux.

L'année dernière, l'armée russe a déployé l'Orechnik, son missile hypersonique le plus récent à capacité nucléaire, sur le territoire du Bélarus, un pays frontalier de trois États membres de l'Alliance atlantique et de l'UE, la Pologne, la Lituanie et la Lettonie, ainsi que de l'Ukraine.

La Russie a par ailleurs annoncé la semaine dernière avoir testé avec succès un nouveau missile balistique intercontinental (ICBM), le "Sarmat", capable de transporter plusieurs têtes nucléaires, et précisé qu'il serait "opérationnel pour le combat" dès la fin 2026.

Après l'expiration du traité New Start, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, avait assuré que son pays continuerait d'observer les limites imposées à son arsenal nucléaire, à condition que les États-Unis fassent de même.

Mais le président russe Vladimir Poutine a également déclaré que le développement des forces nucléaires de la Russie était une "priorité absolue".