1,5 milliard d'euros par jour : les entreprises sont un pilier fondamental du financement du modèle social français, affirme un collectif de chefs d'entreprises
information fournie par Boursorama avec Media Services 18/09/2026 à 10:14

"L'accumulation des contributions" supportées par les entreprises "a atteint un niveau où aucun prélèvement supplémentaire ne peut plus être examiné" sans que cela ait un impact "sur le reste de l'économie", selon un collectif de patrons.

( AFP / DENIS CHARLET )

Les entreprises sont-elles bénéficiaires ou contributrices du modèle social français ? Selon une étude publiée par le collectif de chefs d'entreprises "Trop, c'est trop", elles le financent à hauteur de 560 milliards d'euros par an, soit environ 20% du PIB et l'équivalent de 30% de la dépense publique. Un chiffre à confronter aux plus de 200 milliards d'aides publiques reçues chaque année, selon un rapport du Sénat de l'année dernière.

Le collectif, apparu fin 2025 via une tribune dans l'Express , revendique 2.500 adhérents, et veut faire valoir l'entreprise comme "pilier fondamental de la société française". Le rapport, intitulé "Le socle invisible: comment les entreprises financent le modèle social français", calcule ce financement à 559 milliards d'euros par an, ou 1,5 milliard par jour.

Un chiffre qui contrebalance notamment un rapport du Sénat l'été dernier , très décrié par le patronat qui l'accusait de mélanger des dispositifs de nature très différente, qui évaluait à 211 milliards d'euros les aides publiques reçues annuellement par les entreprises.

Le premier poste étudié par le rapport concerne la protection sociale, qui absorberait 318 milliards d'euros de cotisations et contributions patronales.

Les retraites représentent à elles seules 135 milliards d'euros , devant l'assurance maladie (81 milliards), la famille (36 milliards) et l'assurance chômage (27 milliards).

Les entreprises financent également 30 milliards d'euros de protection sociale complémentaire, selon l'étude.

"Accumulation des contributions"

Elle recense par ailleurs 32 milliards d'euros de fiscalité économique locale, ainsi que 29 milliards consacrés à la formation professionnelle et à l'apprentissage. Les employeurs participent aussi au financement des transports publics à hauteur de 15 milliards d'euros, principalement via le versement mobilité, calcule la rapport. À tout cela s'ajoutent 109 milliards d'impôts d'État: 67 milliards d'impôt sur les sociétés et 41 milliards de TVA "rémanente", que les entreprises ne peuvent déduire de leurs achats.

Les auteurs identifient enfin 12 milliards d'euros de soutien aux salariés, via les titres-restaurant, les chèques-vacances ou les avantages liés aux comités sociaux et économiques (CSE), et 4 milliards liés au mécénat et au sponsoring.

"Au fond, résume auprès de l' AFP Emmanuel Vasseneix, PDG de l'entreprise agroalimentaire LSDH et porte-parole du mouvement, nous voulons démontrer que l'activité est le premier levier pour faire avancer le pays" .

Mais au-delà, les auteurs, à quelques semaines d'un débat budgétaire où la gauche pourrait demander des économies ou des impôts supplémentaires sur les entreprises, défendent l'idée que "l'accumulation des contributions" qu'elles supportent "a atteint un niveau où aucun prélèvement supplémentaire ne peut plus être examiné comme une mesure (...) dépourvue d'effet sur le reste de l'économie".