Patrick Artus : "Il n' y a pas de risque de faillite de la France "
information fournie par Ecorama 02/09/2026 à 13:05

Les taux souverains français sont au plus haut depuis 2008, avec un 10 ans proche de 4,20 %. La France s’endette désormais 1 % de plus qu’avant la guerre en Iran. Bercy émet demain de nouvelles obligations à 10 ans : un test pour mesurer l’appétit des investisseurs. Des taux à 4,20 %, cela signifie aussi des prêts immobiliers plus chers pour les ménages. La France n’est pas la seule à subir la tension sur les emprunts d’État, mais c’est elle qui souffre le plus. La proposition de Jean-Luc Mélenchon de « congeler » une partie de la dette n’a pas fait trembler les marchés, jugée peu crédible. Pour l’instant, l’élection présidentielle reste loin dans le radar des investisseurs, même si certains, comme Alain Minc, n’excluent pas une crise de la dette avant le scrutin. Si un duel Mélenchon / Marine Le Pen se dessine, les taux pourraient encore se tendre. Les rendements actuels deviennent attractifs pour les assureurs, ce qui pourrait freiner la hausse. Inflation en zone euro au-dessus de 3 % : la BCE pourrait encore relever ses taux d’ici la fin de l’année. Aux États-Unis, les taux à 10 ans flirtent avec 4,75 %, proches de la zone rouge. La Bourse de Paris gagne 3 % en 2026, loin derrière Francfort, Londres et Madrid : une sous-performance qui interroge. L’analyse de Patrick Artus, conseiller économique d’Ossiam.