Investir dans l’or: achat, stockage et fiscalité en pratique
Dernière mise à jour le : 14/06/2026

Comment acheter de l’or et le conserver. ( crédit photo : Getty Images )

L’or est considéré comme une valeur refuge, dont le prix tend à augmenter quand les marchés boursiers baissent, notamment en période de crise économique ou d’inflation : c’est une valeur dite contracyclique. Il existe différentes manières d’investir dans le métal jaune. Vous pouvez choisir d’acquérir de l’or «physique», sous forme de lingots ou de pièces. Cela nécessite de prendre des précautions pour sécuriser votre investissement. Vous pouvez également acheter des actions de sociétés aurifères ou des certificats : c’est ce que l’on appelle l’or «papier».

Sommaire:

  • Comment acheter et vendre de l’or physique ?
  • Comment conserver votre or?
  • La fiscalité de vos investissements en or
  • Une exigence de traçabilité renforcée pour les transactions d'or

Comment acheter et vendre de l’or physique ?

Pour acheter de l’or physique - des pièces d’or ou des lingots-, adressez-vous à votre agence bancaire ou à un courtier spécialisé, en boutique physique ou par le biais d’un site Internet. Les banques offrent une sécurité garantie, une facilité d’accès par le biais de votre compte bancaire, mais avec des tarifs standardisés souvent plus onéreux qu’un courtier. Elles offrent aussi un choix limité de pièces et lingots. Les courtiers spécialisés proposent quant à eux des tarifs plus compétitifs - surtout à Paris - une gamme plus large et des services de stockage. Mais attention au risque de confiance: renseignez au préalable sur la réputation de votre intermédiaire et optez pour des transactions sécurisées par Internet pour réduire le montant de vos frais.

Dans tous les cas, vous devrez passer un ordre, comme pour l’achat ou la vente d’une action en bourse. Il peut s’agir d’un ordre «au mieux», pour lequel la transaction sera exécutée au cours de la prochaine cotation ; ou d’un ordre «à cours limité» pour lequel votre opération sera réalisée uniquement si le cours atteint le prix que vous fixez. Dans ce second cas, votre ordre peut être exécuté partiellement.

Exigez et conservez précieusement certificats et factures d’achat. En cas de revente, cela vous permettra de bénéficier de la fiscalité la plus avantageuse. Des abattements sur la valeur d’acquisition sont en effet prévus en fonction de la durée de détention. Les pièces d’or doivent toujours être conservées sous film scellé. Cela permet d‘éviter les dégradations liées aux manipulations, les traces de doigt, les rayures, et l’oxydation naturelle.

À savoir

Depuis 2004, il n’existe plus de cotation officielle de l’or en France. La cotation affichée est un prix pratiqué par des acteurs privés et ne représente pas un prix de rachat officiel. Les prix des pièces et lingots sont disponibles sur Boursorama. Les consulter vous permet de placer vos ordres de façon judicieuse.

Comment conserver votre or?

Il vaut mieux éviter de stocker de l’or à votre domicile. Il risque d’être perdu ou volé, malgré toutes les précautions prises: alarme, coffre, cachette…. Privilégiez les solutions externalisées sécurisées. Vous pouvez entreposer votre or dans le coffre d’une banque. Seuls certains établissements proposent ce type de service, moyennant entre 80 euros et 500 euros par an. Vous pouvez également faire appel à des acteurs spécialisés dans la vente, l’achat et la conservation de l’or. Comparez les frais de garde et exigez un certificat ou un titre de propriété.

L'or papier : une alternative accessible et liquide

L’alternative à l’achat d’or physique consiste à investir dans des produits financiers liés au métal jaune: ce que l’on appelle «l’or papier» . Parmi les plus populaires, on retrouve les ETF (Exchange Traded Funds) ou trackers or. Ces fonds cotés en Bourse permettent de suivre l’évolution du cours de l’or sans avoir à détenir de lingots. Certains ETF sont adossés à l’or physique, détenu et conservé dans des coffres sécurisés, tandis que d’autres répliquent la performance du métal via des contrats financiers. Il existe aussi des ETF qui n’imitent pas directement le prix de l’or mais investissent dans des sociétés minières aurifères.

Ces produits présentent l’avantage d‘être plus liquides que l’or physique, sans problématique de stockage, et parfois éligibles à l’assurance-vie, via des unités de compte. Ils sont donc plébiscités par les épargnants qui veulent miser sur l’or sans en détenir physiquement.

La fiscalité de vos investissements en or

En France, l’achat d’or sous forme de pièces ou lingots n’est pas soumis à la TVA.

La fiscalité à la vente peut se faire selon deux modalités. La première est la taxe forfaitaire sur les objets précieux (TFOP) de 11,5% (dont 0,5% de CRDS) applicable sur le montant du prix de cession, sans justificatifs détaillés (formulaire n°2091-SD). En cas de cession à un professionnel, c’est en général ce dernier qui se charge de la collecte et du reversement de la taxe pour le compte du vendeur.

Le cédant peut aussi choisir le régime de l’imposition des plus-values mobilières à 37,6% (19% d’impôt forfaitaire sur le revenu + 18,6% de prélèvements sociaux), et remplit le formulaire n°2091-SD. Dans ce cas, la plus-value est calculée sur la différence entre le prix de cession et le prix d’achat, après un abattement de 5% par année de détention au-delà de la deuxième année. L’exonération totale est acquise au bout de 22 ans. Pour bénéficier des abattements progressifs, conservez les justificatifs d’achat (factures, date et lieu d’achat). Sans ces pièces, l’administration applique automatiquement la taxe forfaitaire.

Une exigence de traçabilité renforcée pour les transactions d'or

La traçabilité des métaux précieux et des opérations de rachat d’or a été renforcée depuis 2025. Les vendeurs doivent désormais fournir des documents attestant de l’origine légale des métaux précieux lors de la revente, et les officines doivent tenir un registre précis de l’identité des vendeurs. Les pouvoirs douaniers ont par ailleurs été étendus pour mieux contrôler l’importation et l’exportation d’or.

Toutes les transactions de rachat d’or doivent être payées par chèque ou virement au-delà du seuil de 1000 euros pour les résidents français (15 000 euros pour les non-résidents).

Les professionnels sont par ailleurs tenus d’afficher clairement les prix de rachat proposés, de justifier les barèmes appliqués selon le cours international de l’or, et de respecter les obligations de pesée et de qualification de l’or acheté.