Don d’argent : comment aider un proche ?Dernière mise à jour le : 30/03/2026
Aider financièrement un proche – enfant, parent ou ami – peut prendre plusieurs formes : un don d'argent ou un prêt. Ces deux solutions n'emportent ni les mêmes conséquences juridiques, ni les mêmes effets fiscaux. Montants exonérés, obligations de déclaration, risques de requalification : avant de transférer des fonds, mieux vaut connaître précisément les règles applicables afin d'éviter toute erreur vis‑à‑vis de l'administration fiscale.
Sommaire
Le don familial : jusqu'à 31 865 euros sans impôt
Le prêt constitue une alternative, notamment pour aider un ami
Gérer son budget avant d'aider un proche
Le don familial : jusqu'à 31.865 euros sans impôt
Si vous avez moins de 80 ans au jour du don, vous pouvez donner à un membre de votre famille jusqu'à 31.865 euros sans payer d'impôt. Cet abattement est renouvelable tous les quinze ans. Il peut s'agir de gratifier vos enfants, petits‑enfants ou arrière‑petits‑enfants ou, à défaut, vos neveux et nièces (en cas de décès de ces derniers, vos petits‑neveux ou petites‑nièces). Dans tous les cas, la personne recevant le don doit être majeure ou émancipée au jour du don.
Le plafond du montant du don familial s'entend par donateur. Par conséquent, un petit‑fils peut par exemple recevoir jusqu'à 31.865 euros de chacun de ses grands‑parents. La somme peut être versée en espèces, par chèque, par virement ou par mandat. Il n'est pas obligatoire d'établir un acte notarié.
En outre, cette exonération peut se cumuler avec les abattements de droit commun sur les donations, accordés en fonction du lien de parenté (100.000 euros par enfant, 31.865 euros par petit‑enfant…). Si vous effectuez un don familial supérieur à 31.865 euros, la part excédentaire est exonérée de toute taxe au titre de l'abattement de droit commun, dès lors que celui‑ci n'a pas été utilisé au cours des quinze années précédentes.
À savoir
La déclaration du don familial est obligatoire, y compris lorsqu'il est exonéré. Depuis le 1er janvier 2026, cette déclaration doit être effectuée en ligne sur impots.gouv.fr, dans l'espace particulier du donataire (bénéficiaire), via le service « Déclarer un don ou une cession de droits sociaux ». Le formulaire de référence reste le 2735‑SD, désormais dématérialisé.
Le prêt constitue une alternative, notamment pour aider un ami
Pour apporter une aide financière à un proche, le prêt entre particuliers constitue une solution simple à mettre en place. Vous pouvez avancer une somme d'argent pour une période convenue, avec ou sans intérêts.
Afin de prévenir tout conflit (« les bons comptes font les bons amis »), il est recommandé d'établir un contrat de prêt ou de faire signer à l'emprunteur une reconnaissance de dette. Un écrit est obligatoire pour les prêts supérieurs à 1.500 euros. En‑deçà de ce montant, la preuve du prêt peut être apportée par tout moyen (échanges de courriels, relevés bancaires, témoignages…).
Sur le plan fiscal, une déclaration est obligatoire dès lors que le montant total des prêts accordés à une même personne dépasse 5.000 euros sur une année, en une ou plusieurs fois. Cette déclaration s'effectue à l'aide du formulaire n° 2062, joint à la déclaration annuelle de revenus.
Lorsque le prêt est assorti d'intérêts, ceux‑ci doivent être déclarés par le prêteur dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers et sont soumis à l'imposition.
Dans un cadre d'entraide, un prêt sans intérêts reste souvent la solution la plus simple et la plus équilibrée pour les deux parties.
À savoir
Un prêt a vocation à être remboursé. À défaut, l'administration fiscale peut le requalifier en donation, avec application de droits de mutation et de pénalités de retard. Les sommes perçues par l'emprunteur peuvent également être requalifiées en revenu imposable.
Gérer son budget avant d'aider un proche
Avant d'aider financièrement un proche, il est essentiel de s'assurer que cette aide est compatible avec son propre équilibre budgétaire. Passer en revue ses dépenses courantes (abonnements, services numériques, frais bancaires), différer certains achats non prioritaires et éviter le recours au crédit à la consommation ou au découvert permet de préserver sa situation financière.
Dans certains cas, une réflexion globale sur l'organisation de ses finances personnelles peut s'avérer nécessaire afin d'apporter une aide sans se mettre soi‑même en difficulté.