Aller au contenu principal Activer le contraste adaptéDésactiver le contraste adapté
  1. Aide
    1. Espace Client
  1. Aide
    1. Espace Client

Après Vinted en ligne, ces enseignes de fripes qui fleurissent dans les rues
information fournie par Le Figaro17/07/2021 à 08:00

Avec l'essor des plateformes de ventes en ligne de seconde main, ce sont désormais de nouvelles franchises de magasins qui se développent partout en France.

Kena nous l'assure devant sa nouvelle boutique de vêtements de seconde main située en contrebas de la luxueuse avenue Mac-Mahon : «La fripe est un marché qui bouge». Employée depuis l'ouverture, elle nous accueille dans cette enseigne, remplaçant l'emblématique Au nom de la rose de l'avenue parisienne. Colorée, musique en fonds et vêtements entassés, la boutique donne comme un air de déjà-vu, illustrant ce paradoxe de la mode. Cyclique, les jeunes sillonnent désormais les rues à la recherche des habits de leurs parents.

Le marché des fripes a le vent en poupe. Selon l'institut Français de la Mode, ça serait 40% de la population de l'Hexagone qui aurait acheté un article déjà utilisé en 2019, un chiffre en hausse de 10 points par rapport à 2018.

Après Vinted et Depop, qui se sont imposés comme les leaders de ce marché, avec leurs plateformes en ligne qui font fureur chez les 15-25 ans, la génération Z se tourne de plus en plus vers les enseignes physiques. C'est le paradoxe, et ces enseignes surfent sur la vague de la seconde main en faisant revivre l'atmosphère des années 70, 80 ou 90 non pas virtuellement mais physiquement. Kiloshop, Guerrisol , le dynamisme de ces franchises est édifiant. Des boutiques indépendantes à l'image de celle de Kena ou Mamie Blue viennent elles aussi tenter leur chance.

Et les chiffres illustrent cet engouement. Kiloshop, avec son système de prix calculé en fonction du poids, revendique un chiffre d'affaires de 42 millions d'euros en 2020. Celui-ci est en hausse de 40% depuis 2016, et la marque vient d'investir dans de nouveaux magasins, notamment à Paris dans le 10e arrondissement. Le groupe Guerrisol, qui vend ses produits à 3, 5 ou 10 euros, a ouvert trois nouveaux magasins depuis 2016 et livre désormais dans 35 pays du monde. Le marché en ligne reste cependant pour l'instant le numéro un incontesté. Depop, qui a enregistré un chiffre d'affaires de 57,3 millions d'euros en 2020, chiffre qui a doublé en une année.

Prix au kilo, bacs à perte de vue

Chez Kiloshop, «le prix de chaque article est défini par son poids et la couleur de sa pastille, nous indique Élie*, une cliente et étudiante en deuxième année de médecine. 20 euros le kilo pour les produits marqués d'une pastille rouge, trente euros le kilo pour la pastille vert, et ainsi de suite jusqu'à 60 euros le kilo pour la pastille orange». Chez Mamie Blue, autre friperie en vogue dans Paris, on peut dégoter des foulards de marques à des prix cassés. Il faut alors compter entre 35 et 65 euros pour un carré Hermès, contre 300 euros pour le même produit neuf. «Moi qui ne gagne pas grand-chose, je n'aurais jamais pu me payer ce petit caprice», confie Juliette*, étudiante à l'Edhec.

De son côté, la franchise Guerrisol possède désormais 21 boutiques dans la capitale. Celle-ci se démarque par ses promotions exceptionnelles, avec des offres imbattables telles que «tout à 1,50€», durant une période définie. C'est aussi la taille de ses magasins qui caractérise la chaîne, avec des allées et des bacs d'habits à perte de vue. «On peut littéralement s'y perdre», s'amuse Nina, qui rentre cette année à la Sorbonne en gestion.

Diversité des acteurs, mécontentement des habitants

Avenue Mac-Mahon, les rayons d'habits sont exposés à l'extérieur, telle une braderie. Plus besoin de rentrer, les bonnes affaires viennent directement aux passants curieux qui finissent souvent par fouiller dans la pile d'habits à l'extérieur. Aspect anodin mais symbolique, la boutique n'a pas encore de nom et Kena nous indique «qu'il va bientôt être défini». Preuve du dynamisme du secteur, les propriétaires ont voulu ouvrir le plus vite possible, quitte à délaisser certains petits aspects. Kena conclut en nous indiquant que son petit ami aussi se lance dans l'aventure. «Il est en train de lancer sa boutique à côté de République. C'est là où ça bouge le plus», confie-t-elle.

Néanmoins, certains riverains ne voient pas d'un oeil favorable ces installations. C'est le cas de l'Association des quartiers de la Place de Clichy qui s'est insurgée contre l'ouverture d'un nouveau Guerrisol. L'organisme considère que l'installation de ces enseignes empêche la «montée en gamme » de l'avenue. Elle dégraderait l'image du quartier si bien que l'organisme veut remettre à l'ordre du jour la Charte de qualité de commerce signée en 2016 par la mairie de Paris. Celle-ci améliorerait le dialogue autour de l'installation de nouveaux commerces.

0 commentaire

Annonces immobilières