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À Paris, l'afflux de studios mis en location plus de 50 euros le m²
Le Figaro27/08/2020 à 11:00

(Crédits photo : Adobe Stock -  )

(Crédits photo : Adobe Stock - )

Certains propriétaires, qui louent désormais leur logement sur et non plus sur Airbnb, se refusent à baisser leur loyer pour ne pas rogner leur rentabilité.

On ne pourra plus dire que l'encadrement des loyers n'est pas un flop à Paris. Jugez plutôt: un 18 m² à 1050 euros (charges comprises) par mois dans le 11e, un 20 m² à 1070 euros (charges comprises) dans le 1er, un 20 m² à 1390 euros (charges comprises) dans le 13e,un 18 m² à 800 euros (charges comprises) dans le 16e ou encore un 15 m² à 800 euros (charges comprises) dans le 18e.

Tous sont loués plus de 50 (!) euros le m² (voir ci-dessous) alors que les loyers ne doivent pas dépasser, au maximum, la trentaine d'euros, selon l'encadrement des loyers, entré en vigueur le 1er juillet 2019. Près de 80% des annonces de logements de moins de 20 m² sont non conformes, selon une récente étude de Meilleursagents.

L'explication est la suivante: habituellement, ces appartements étaient loués sur Airbnb. Mais faute de touristes, leurs propriétaires ont dû se tourner vers la location longue durée, classique. Avec la forte demande notamment d'étudiants, les rendements sont plus sûrs mais moins élevés qu'Airbnb. Si certains bailleurs ont accepté de baisser leur loyer pour louer rapidement, d'autres s'y refusent et veulent conserver la même rentabilité que sur Airbnb. D'où ces loyers qui paraissent hors de prix. «Ce sont souvent des propriétaires qui ont un crédit associé à ces appartements et qui ont besoin d'optimiser leur loyer afin de pouvoir le rembourser», explique Gilles Bourcy, cofondateur de Homepilot, start-up spécialisée dans la gestion locative

Autre explication: les propriétaires réclament, comme la loi l'autorise, un complément de loyer qui s'ajoute au loyer maximal. À charge pour les bailleurs de le mentionner et de le justifier dans le bail. Problème: aucun texte officiel ne précise ni le montant ni les critères expliquant ce surplus. Il est simplement indiqué que le logement doit bénéficier de caractéristiques de «localisation et de confort», sans plus de précisions.

Ce qui laisse le champ libre aux propriétaires pour demander des loyers exorbitants. «Avec l'encadrement des loyers les propriétaires ont souvent l'impression d'être perdants lorsqu'ils ont fait des investissements de rénovation et d'équipement pour leur bien. Par ailleurs, déterminer le juste complément de loyer pour une caractéristique donnée reste un exercice difficile», souligne Gilles Bourcy.

Ces loyers sont certes choquants mais, comme le confirme Gilles Bourcy, «il existe à Paris une demande pour ce type de biens haut-de-gamme, qui est prête à payer un complément de loyer». Idem lorsque le dépassement est moins flagrant. «Trouver un logement à Paris est un tel parcours du combattant que la plupart des locataires, qui ne savent pas toujours que les loyers sont encadrés, ne disent rien et se serrent la ceinture», explique Thomas Lefebvre, directeur scientifique de Meilleursagents.

Les propriétaires profitent également d'une absence de contrôles de la part de la mairie qui estime que c'est au gouvernement de faire respecter les amendes prévues par la loi (5000 euros pour une personne physique et 15.000 euros pour une personne morale). Ce qui explique cette envolée des dérives.

5 commentaires

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  • riffraff
    27 août22:17

    Pourquoi rester à Paris ? La 3ème couronne est superbe par endroits sans parler des villes de province.

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