Retraite complémentaire des salariés. Le point pour 2019

Boursorama avec Pratique.fr04/11/2018 à 08:30

Comme cela avait été acté dès 2015 par les partenaires sociaux, les deux régimes complémentaires des salariés Agirc et Arrco vont fusionner, faisant naître un nouveau régime simplifié. Ce dernier reprendra les droits acquis jusque-là mais qui introduit également quelques nouveautés : une hausse des cotisations pour certains salariés et un système de bonus malus. Explications.

Retraite complémentaire des salariés. Le point pour 2019 / iStock.com - Asawin_Klabma

Une simple fusion

Jusqu'ici vous cumuliez, grâce à vos cotisations, des points de retraite complémentaire (des points Agirc et Arrco pour les cadres et seulement des points Arrco pour les non-cadres). A partir du 1er janvier 2019, tous ces points vont être regroupés au sein d'un seul et même régime. Le fonctionnement en sera le même, par répartition. Les cotisations des actifs continueront donc à financer les pensions des retraités. Au moment de votre départ à la retraite, vos points seront multipliés par leur "valeur de service" afin d'obtenir un seul montant de pension complémentaire, et non plus deux comme à l'heure actuelle. Ceux qui sont déjà retraités verront leurs points convertis dans le nouveau régime.

Evolution des cotisation salariales

Avec la fusion des régimes, la distinction entre cadres et non cadres ne se justifie plus et les partenaires sociaux ont dû remettre à plat l'architecture globale des cotisations. En résultera une hausse des cotisations salariales pour de nombreux salariés due notamment à une augmentation du "taux d'appel" des cotisations, passant de 125 à 127%. Avec à la clef une baisse du salaire net. En outre cette hausse de cotisations, dites non productives de droits, n'impliquera en aucun cas une hausse des points de retraite. Une double peine donc qui touchera en majorité les hauts revenus. A titre d'exemple, un salarié non-cadre au salaire brut annuel de 25 000€ verra ses cotisations passer de 975€ en 2017 à 1002,50€ en 2019, soit une baisse de 27,50€. Un cadre au salaire brut annuel de 100 000€ verra, quant à lui, ses cotisations passer de 6 947€ à 7 620€ et son salaire annuel baisser de 673€. Certains verront toutefois leurs cotisations baisser. Ce sera le cas des cadres au salaire relativement modeste, gagnant moins que le plafond de la sécurité sociale (3 269€ par mois). Un cadre à 35 000€ brut verra ainsi ses cotisations baisser d'environ 300€ par an. 

Un système de bonus-malus

Autre nouveauté, un système de bonus-malus est introduit pour inciter les salariés nés à partir de 1957 à décaler leur départ à la retraite. Un malus de 10% s'appliquera pendant 3 ans à ceux qui décident de partir dès l'ouverture de leurs droits à la retraite à taux plein. Ce taux est ramené à 5% pour certains retraités qui paient une CSG à taux réduit.   Ceux qui acceptent de travailler un an de plus ne subiront ni malus ni bonus, et un bonus de 10% sera offert à ceux qui décalent leur départ de 2 ans. Ce bonus grimpera à 20% pour 3 ans de plus au travail et à 30% pour 4 années supplémentaires.

À savoir

Les modalités des reversions seront également légèrement modifiées. Ces fractions de retraite au veuf (ou à la veuve) de l'assuré(e) seront versées à partir de 55 ans, soit l'âge le plus favorable des deux anciens régimes.