Aller au contenu principal
Fermer

Patrimoine et succession : préciput, la fin d’une incertitude juridique et fiscale

information fournie par Mingzi 22/06/2025 à 08:09

Crédit photo : Shutterstock

Crédit photo : Shutterstock

Une décision de la Cour de cassation met fin à une incertitude juridique et fiscale de longue date sur le préciput, cette clause qui permet à l'époux survivant de prélever certains biens de la communauté avant que le partage de la succession ne soit engagé.

Le 21 mai 2025, la première chambre civile de la Cour de cassation a rendu un avis particulièrement attendu, tant par les praticiens du droit patrimonial que par les contribuables. La Haute juridiction devait trancher une question juridique délicate : le « préciput » du conjoint survivant, prévu par l'article 1515 du Code civil, peut-il être assimilé à un partage de la succession, donc soumis au droit de partage de 2,5 % ? Sa réponse est sans équivoque : non.

Cette clarification met fin à une incertitude juridique et fiscale de longue date, qui pesait sur les héritiers et influençait les stratégies matrimoniales, notamment dans les cas de régimes communautaires modifiés par contrat.

Préciput : un droit personnel, pas un partage

Le préciput permet, grâce à une clause dans le contrat de mariage, à l'un des époux survivants de prélever certains biens de la communauté avant que le partage de la succession ne soit engagé. Il peut s'agir d'une somme d'argent, d'un bien immobilier ou même de la valeur de rachat d'un contrat d'assurance-vie.

Contrairement à une opération de partage classique, qui suppose une répartition des biens entre coindivisaires, le préciput est un droit personnel, unilatéral, sans contrepartie ni concertation. Le conjoint survivant n'a pas besoin de l'accord des autres héritiers : il exerce seul ce droit, et les biens qu'il prélève ne sont pas déduits de sa part d'héritage. C'est précisément cette autonomie qui distingue fondamentalement le préciput du partage successoral.

Une réponse décisive pour les stratégies patrimoniales

L'avis de la Cour met un terme à des années d'interprétations divergentes entre praticiens du droit et administration fiscale. Jusque-là, certains redoutaient que l'exercice du préciput ne soit qualifié de partage, et donc soumis au droit de partage de 2,5 %, ce qui pouvait alourdir sensiblement la facture fiscale.

Avec cet avis, le cadre devient clair : le préciput n'est pas un partage, donc il n'est pas taxé comme tel. Cette sécurité juridique va renforcer la place du préciput dans les stratégies patrimoniales, notamment pour transmettre un bien spécifique au conjoint survivant sans alourdir les coûts fiscaux.

Une décision aux retombées concrètes

En pratique, les notaires et conseillers en gestion de patrimoine peuvent désormais conseiller sans ambiguïté l'insertion de clauses de préciput dans les contrats de mariage. Cette option, déjà populaire pour sécuriser la transmission d'un patrimoine ou d'une entreprise familiale, se trouve confortée. Elle permettra à de nombreux conjoints survivants d'éviter l'indivision et les tensions qu'elle peut engendrer, tout en optimisant les droits fiscaux.

Source : Cour de cassation - Pourvoi 23-19.780 – 21/05/2025

0 commentaire
Signaler le commentaire Fermer
A lire aussi
  • Indivision familiale : une nouvelle règle pour simplifier la transmission des biens / iStock.com - sommart
    information fournie par Boursorama avec LabSense 11.07.2026 08:30 

    Une succession peut rapidement devenir un casse-tête lorsque plusieurs héritiers se retrouvent propriétaires d'un même bien. Pour débloquer ces situations qui peuvent durer des années, une nouvelle loi adoptée en mars 2026 modifie les règles de l'indivision successorale ... Lire la suite

  • Donation temporaire d’usufruit: un levier solidaire et fiscal pour soutenir une association sans se dessaisir définitivement de son patrimoine. ( crédit photo : Getty Images )
    information fournie par Le Particulier 09.07.2026 08:00 

    Soutenir financièrement une association peut prendre différentes formes et n’oblige pas toujours à se déposséder de son capital. Pour les propriétaires de biens immobiliers ou de portefeuilles financiers, la donation temporaire d’usufruit peut représenter une solution ... Lire la suite

  • Une donation est en principe irrévocable. Des exceptions existent, strictement encadrées. Une révocation d’un commun accord reste possible, avec des impacts fiscaux. ( crédit photo : Getty Images )
    information fournie par Le Particulier 26.06.2026 08:00 

    Vous avez consenti une donation et vous souhaitez revenir sur votre décision. Sachez que ceci est presque impossible car la donation est un acte juridique en principe irrévocable. La loi prévoit toutefois de rares exceptions, strictement encadrées. Si la révocation ... Lire la suite

  • Crédit photo : 123RF
    information fournie par Mingzi 17.06.2026 08:43 

    Une personne peut changer d'avis au cours de sa vie et modifier son testament. Mais lorsqu'un ancien bénéficiaire se trouve écarté par un nouveau document, peut-il demander son annulation ? Une récente décision apporte une réponse utile pour mieux comprendre les ... Lire la suite

Pages les plus populaires