Héritage : les Français veulent transmettre, mais peinent encore à passer à l’action information fournie par Mingzi 05/06/2026 à 14:28
Préserver le patrimoine familial, protéger ses proches, éviter les conflits : la transmission est devenue un sujet majeur pour les Français. Une récente enquête révèle aussi un paradoxe : si beaucoup se disent prêts à en parler, peu ont réellement engagé des démarches.
Un sujet qui touche au cœur de la famille
La transmission du patrimoine n'est plus seulement une affaire de notaire ou de fiscalité. Elle renvoie à des questions très concrètes : comment protéger son conjoint ? Comment aider ses enfants ? Comment éviter les tensions entre héritiers ? Selon le Baromètre Épargne & Placements BPCE/Audirep de mars 2026, les Français associent d'abord l'héritage à une idée positive : 87 % y voient un moyen légitime de préserver le patrimoine familial, et 84 % un moyen de sécuriser l'avenir de leurs proches.
Mais cette vision s'accompagne de fortes inquiétudes. Pour 85 % des personnes interrogées, l'héritage engendre une fiscalité lourde au moment du décès. Et 80 % estiment qu'il peut provoquer des tensions au sein de la famille. Autrement dit, transmettre est perçu comme utile, voire nécessaire, mais rarement simple.
Protéger les proches, première priorité
Lorsqu'on demande aux Français ce qu'il faut réussir en priorité dans la préparation d'une transmission, la protection du conjoint arrive en tête, citée par 32 % des répondants. Viennent ensuite la réduction des droits de succession, à 31 %, puis la paix familiale et l'évitement des conflits, à 30 %.
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Ces priorités varient selon les situations familiales. Les personnes mariées ou pacsées, ainsi que les plus de 65 ans, sont particulièrement sensibles à la protection du conjoint. Les familles avec enfants se montrent, elles, plus attentives à la réduction des droits de succession. Quant aux familles nombreuses, elles placent davantage l'accent sur la nécessité d'éviter les conflits.
Un sujet dont on parle … mais pas toujours en détail
Bonne nouvelle : le sujet semble moins tabou qu'on pourrait le croire. Parmi les Français concernés, 85 % se disent à l'aise pour discuter de transmission avec leurs enfants, et 90 % avec leur conjoint. Pourtant, cette aisance affichée ne signifie pas que tout est clair.
L'enquête montre en effet une connaissance encore limitée du patrimoine familial. Seuls 19 % des Français concernés connaissent de façon détaillée le montant du patrimoine de leurs parents. Et seuls 19 % de l'ensemble des Français savent combien leurs ayants droit auraient à payer en droits de succession. Beaucoup sentent donc l'importance du sujet, sans disposer des informations nécessaires pour l'anticiper sereinement.
Des démarches encore trop rares
C'est l'un des enseignements les plus frappants de l'enquête : les intentions sont là, mais le passage à l'action reste limité. Seul un Français sur quatre a déjà rédigé son testament ou commencé à transmettre une partie de son patrimoine. À peine plus d'un sur quatre a consulté un notaire, un banquier, un conseiller ou un avocat pour préparer la transmission.
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Les discussions familiales sont plus fréquentes : 34 % ont déjà parlé de la transmission de leur patrimoine avec leurs enfants. Mais le dialogue avec les parents sur leur propre patrimoine reste moins avancé, avec 28 % seulement de Français l'ayant déjà fait.
Un fort besoin d'accompagnement
Face à la complexité du sujet, les Français expriment clairement leur besoin d'aide. Six sur dix souhaitent être accompagnés sur la succession. La fiscalité arrive en tête des sujets d'accompagnement souhaités, citée par 47 % des répondants, devant la donation, la rédaction d'un testament et l'assurance vie.
Sans surprise, l'assurance vie apparaît comme le moyen privilégié pour préparer sa succession : 31 % des Français la citent, et 40 % des 66 ans et plus. Elle reste, aux yeux de beaucoup, un outil familier et rassurant.
À l'heure où la population vieillit et où les transmissions vont mécaniquement augmenter, l'enquête dessine un message simple : les Français veulent transmettre mieux, plus tôt et plus sereinement. Encore faut-il leur donner les clés pour comprendre, décider et agir.