(Actualisé avec parcours parisien)
Les Etats-Unis ont émis vendredi une "alerte de sécurité" à l'adresse de leurs ressortissants en France à la veille d'une nouvelle journée de mobilisation sociale à l'appel des "Gilets jaunes" et des organisations lycéennes et étudiantes.
"Les récentes manifestations ont été violentes et ont impliqué de lourdes destructions de biens, des pillages incontrôlés et des attaques contre la police", peut-on lire sur le site de l'ambassade des Etats-Unis en France.
L'ambassade invite les ressortissants américains à éviter les zones de manifestations et de rassemblements, à faire preuve de prudence s'ils se retrouvent "de manière inattendue" à proximité d'attroupements.
A l'approche des élections de mi-mandat du 3 novembre aux Etats-Unis, le président américain Donald Trump a évoqué à plusieurs reprises durant la campagne les violences en France comme repoussoir, afin de mobiliser l'électorat "MAGA", les partisans du républicain.
Le ministre français de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a annoncé jeudi la reconduction d'un "dispositif exceptionnel" pour le 31 octobre, considéré comme "l'acte III" de la mobilisation après les samedis 17 et 24 octobre, avec 70.000 policiers et gendarmes déployés dans le pays pour éviter une réédition des violences et des pillages du 17 octobre.
Un nouveau scénario à risque accentué selon le ministre par la concomitance des festivités d'Halloween, qui donnent lieu sur les réseaux sociaux à des "messages qui incitent très clairement à la commission de troubles graves à l'ordre public". Des appels à une "Nuit des ténèbres", de samedi à dimanche, circulent ainsi.
"Des épisodes de violences urbaines comparables à ceux du 17 octobre sont anticipés tout au long de la journée et à partir de la tombée de la nuit", a dit une source proche du ministre de l'Intérieur.
CASSEROLADES
Les rassemblements seront interdits dans les centres-villes. Des couvre-feux pour les mineurs seront également reconduits, comme dans certains secteurs de Paris et Marseille.
"Ce sera une doctrine extrêmement réactive, on ne tolérera aucun débordement, il y aura des interventions systématiques (...) pour disperser, puis, le cas échéant, interpeller les groupes à risque", a dit le ministre.
La préfecture de police de Paris compte imposer pour samedi un unique parcours entre porte de Charenton et porte de Bagnolet, à la lisière est de la capitale, alors que les organisations (CGT, Force ouvrière, FSU, Solidaires, Fage, Union étudiante, Unef, Les Lycéens! notamment) entendent défiler entre les places de la Bastille et de la Nation.
L'arrêté d'interdiction du cortège Bastille-Nation a été suspendu vendredi soir par le tribunal administratif, ont rapporté plusieurs médias. "Je vais regarder pour qu'on puisse faire appel", a réagi devant la presse Laurent Nuñez lors d'un déplacement à Rouen.
La coordination des "Gilets jaunes" a déclaré pour sa part auprès de la préfecture un itinéraire entre les places de la Bastille et de la Concorde.
Le parcours décidé par la préfecture "permet d'éviter le centre-ville, d'éviter aussi la casse et donne une grande visibilité aux manifestants", déclare le préfet de police de Paris, Patrice Faure, dans Le Parisien.
Une "casserolade" était prévue ce vendredi par des "Gilets jaunes" devant l'Assemblée nationale mais elle a été interdite par la préfecture. Des appels similaires sont lancés en province pour des concerts de casseroles à partir de 19h00 (18h00 GMT) devant les mairies, notamment, pour protester contre la hausse du coût de la vie. Les "Gilets jaunes" prévoient également des sit-ins samedi.
(Rédigé par Sophie Louet, édité par Jean-Stéphane Brosse)

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