Hausse de la flat tax : quels placements sont concernés ?
information fournie par Café de la Bourse 18/04/2026 à 08:31

pied à coulisse et argent (Crédits: Pixabay - Steve Buissinne)

La fiscalité de l'épargne a évolué en 2026. En pratique, ce n'est pas le taux de l'impôt sur le revenu du prélèvement forfaitaire unique (PFU) qui change, mais la composante sociale : les prélèvements sociaux sur les revenus de placement passent à 18,6 % à compter du 1er janvier 2026, contre 17,2 % auparavant.

Résultat : la taxation globale au PFU, souvent appelée « flat tax », passe de 30 % à 31,4 % pour les revenus concernés. Pour les épargnants, la question est donc simple : quels placements sont touchés par cette hausse, lesquels y échappent, et faut-il revoir son allocation en 2026 ?

Dans cet article, nous revenons sur le fonctionnement de la flat tax, les placements réellement concernés par sa hausse, ceux qui conservent un régime plus favorable, et les conséquences concrètes de cette évolution sur le rendement net de l'épargne.

Qu'est-ce que la flat tax (PFU) ?

La flat tax, ou prélèvement forfaitaire unique, est le régime fiscal qui s'applique par défaut à une grande partie des revenus du capital. Elle comprend deux briques :

  • 12,8 % d'impôt sur le revenu ;
  • des prélèvements sociaux (PS), fixés à 18,6 % depuis le 1er janvier 2026, contre 17,2 % auparavant.

Cela porte donc la taxation totale à 31,4 %.

Le contribuable peut, dans certains cas, renoncer au PFU et choisir l'imposition au barème progressif de l'impôt sur le revenu qui implique une imposition correspondant à sa tranche marginale d'imposition (TMI) + prélèvements sociaux. Cette option peut être intéressante pour certains foyers faiblement imposés (TMI à 0 % ou 11 %). Notez qu'elle s'applique globalement à l'ensemble des revenus mobiliers et plus-values concernés.

Quels placements sont concernés par la hausse de la flat tax ?

La hausse touche les placements dont les gains ou revenus sont soumis au PFU ou, plus largement, aux prélèvements sociaux sur les revenus de placement.

Sont notamment concernés :

  • les dividendes d'actions ;
  • les intérêts des livrets bancaires fiscalisés, comptes à terme et obligations ;
  • les plus-values de cession de valeurs mobilières ;
  • les gains issus de certains contrats ou enveloppes lorsqu'ils relèvent du PFU comme par exemple le PER ;
  • plus largement, de nombreux revenus de capitaux mobiliers imposables.

Autrement dit, l'investisseur qui investit en Bourse depuis un compte-titres est en première ligne. C'est aussi le cas de l'épargnant qui perçoit des intérêts sur des placements bancaires non réglementés.

Quels placements échappent à la hausse de la flat tax ?

Tous les placements ne sont pas logés à la même enseigne.
Échappent en tout ou partie à cette hausse les placements bénéficiant d'un régime fiscal spécifique ou d'une exonération d'impôt sur le revenu :

  • Livret A, LDDS, LEP : leurs intérêts restent exonérés d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux.
  • PEL, CEL : la flat tax reste à 30 % avec 12,8 % d'impôt sur le revenu + 17,2 % de prélèvements sociaux.
  • Assurance vie : le placement préféré des Français conserve une taxation à la flat tax à 30 % pour les gains des rachats réalisés avant les 8 ans du contrat ou après les 8 ans du contrat si l'encours tous contrats confondus excède 150 000 euros pour une personne seule et 300 000 euros pour un couple. Au-delà de 8 ans de détention, la taxation à 24,7 % reste inchangée avec 7,5 % de prélèvement forfaitaire libératoire + 17,2 % de prélèvements sociaux.

Cas particulier du PEA : après 5 ans, les gains restent exonérés d'impôt sur le revenu ; seuls les prélèvements sociaux demeurent dus lors d'un retrait. Le PEA conserve donc son avantage fiscal, même si le niveau des prélèvements sociaux augmente. Les gains au-delà de 5 ans de détention du plan seront donc taxés lors d'un retrait à 18,6 % contre 17,2 % auparavant.

Quel impact concret pour les épargnants ?

Une baisse du rendement net

L'effet le plus immédiat est simple : le rendement net après fiscalité recule pour les placements taxés au PFU.
Jusqu'ici, un revenu mobilier taxé au PFU supportait 30 % de taxation globale. En 2026, on passe à 31,4 %. L'écart paraît limité, mais il réduit mécaniquement le gain net, surtout pour les investisseurs percevant régulièrement des dividendes ou intérêts, ou réalisant des plus-values importantes.

Exemples concrets

Exemple 1 : des dividendes sur un compte-titres
Pour 1 000 euros de dividendes soumis au PFU, l'épargnant conservait auparavant 700 euros net avec une taxation à 30 %. Avec une taxation globale à 31,4 %, il ne conserve plus que 686 euros net. La différence est de 14 euros.

Exemple 2 : des intérêts de compte à terme
Pour 2 000 euros d'intérêts imposables, le montant net passe d'environ 1 400 euros à 1 372 euros avec la nouvelle taxation, soit 28 euros de moins.

Au fond, cette réforme ne bouleverse pas la hiérarchie des placements, mais elle rend encore un peu plus visibles les écarts entre enveloppes fiscales. Cette évolution renforce l'intérêt de raisonner non seulement en rendement brut, mais aussi en rendement net de fiscalité, et de comparer plus sérieusement les enveloppes fiscales disponibles : PEA, assurance-vie, PER, épargne réglementée.