France: Lecornu recourt une dernière fois au 49.3 sur le budget
information fournie par Reuters 30/01/2026 à 11:28

Sébastien Lecornu, Premier ministre français

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a engagé une dernière fois vendredi la responsabilité de son gouvernement sur le budget 2026 afin ‍de faire adopter définitivement l'ensemble du projet de loi de finances (PLF) à l'Assemblée nationale après des semaines de débats et de vaines recherches de compromis sur un texte susceptible d'être adopté ‌par les députés.

Devant un hémicycle quasiment vide, le chef du gouvernement a annoncé le recours à l'article 49.3 de la Constitution permettant l'adoption d'un texte sans vote des ​députés en l'absence de motion de censure déposée sous 24 heures.

"La France doit avoir ⁠un budget et donc devant cet hémicycle, j'engage la responsabilité du gouvernement sur l'ensemble du PLF pour 2026", a-t-il dit.

La France insoumise (LFI) et le Rassemblement ⁠national (RN) ont annoncé chacun de ‍leur côté via leurs responsables le dépôt de deux motions de ⁠censure distinctes, qui devraient être soumises au vote des députés en début de semaine prochaine.

Quatre motions de censure ont déjà échoué dans cette laborieuse procédure d'adoption du budget, deux sur la ​partie "recettes" et deux sur la partie "dépenses".

Dans chacun de ces votes déjà provoqués par LFI et le RN, l'abstention des socialistes, qui jugent avoir obtenu des améliorations par rapport à la ⁠copie initiale du gouvernement, a été déterminante pour éviter au gouvernement de Sébastien ​Lecornu d'être renversé.

Le Premier ministre s'était engagé lors de son arrivée à ​Matignon à l'automne à ​ne pas recourir à l'article 49.3 de la Constitution afin de favoriser les débats et ​la recherche du compromis entre groupes politiques au ⁠sein d'une Assemblée nationale fragmentée. Il a toutefois dû s'y résoudre ce mois-ci face à l'impossibilité manifeste de parvenir à un texte de consensus susceptible de rallier les votes d'une majorité de députés.

Signe de la volonté des parlementaires de tourner au plus vite la page de cette ‌longue discussion budgétaire, les sénateurs ont rejeté le texte jeudi avant même son examen en deuxième lecture via le vote d'une question préalable, renvoyant le PLF à l'Assemblée en vue de son adoption définitive.

A la tribune du Palais du Luxembourg jeudi, la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, a reconnu un budget "imparfait" mais qu'elle a jugé "utile".

(Rédigé par Zhifan Liu et Bertrand ‌Boucey, édité par Blandine Hénault)