Barème de l'impôt 2026 : qui va payer plus (ou moins) cette année ? information fournie par Boursorama avec LabSense 28/01/2026 à 08:30
Le gel total rejeté par les sénateurs
En attendant les débats parlementaires de fin octobre, une année blanche était prévue sur le plan fiscal. L'incidence principale de ce blocage était le gel (à titre exceptionnel) de l'ensemble des tranches de l'impôt, avec une revalorisation limitée à l'augmentation des prix. Cette mesure, qui devait rapporter 1,9 milliard d'euros, devait inévitablement engendrer une hausse de l'imposition des personnes ayant perçu davantage de revenus en 2025, ainsi qu'une entrée dans l'impôt pour environ 200 000 nouveaux foyers. Les sénateurs LR, de l'Union centriste et du groupe RDPI (Rassemblement des démocrates progressistes et indépendants) ont rejeté ce gel total via un article adopté le 28 novembre. Ils ont opté pour une indexation sur l'inflation de la première tranche du barème de l'impôt de 2026 (soit environ 1 %), qui correspond aux 11 612 premiers euros (contre 11 497 euros précédemment). Les avis ont été très divergents sur la question. La gauche proposait de revaloriser également la deuxième tranche (à 11 %, pour les revenus de 11 498 € à 29 315 €) et la troisième tranche (à 30 %, pour les revenus de 29 316 € à 83 823 €), cette dernière ne concernant que 17 % des foyers fiscaux. Quant à l'Assemblée nationale, elle prônait le dégel intégral, avec une revalorisation du niveau des tranches les plus élevées, soit 41 % pour les revenus de 83 824 € à 180 294 € et 45 % pour les revenus supérieurs à 180 294 € (ces deux tranches représentant seulement 1,2 % des foyers). Même si ce réajustement est susceptible de réduire d'un milliard d'euros l'économie prévue par le gel, le gouvernement s'y est déclaré favorable, estimant que la revalorisation limitée à la première tranche (qui couvre 82 % des ménages) est une mesure "ciblée, responsable et juste" et un bon compromis.
Gel ou aménagement des autres aides
En revanche, toutes les prestations sociales (allocations familiales, aides au logement, aide aux handicapés…) seront gelées et resteront au niveau de 2025. Les aides au logement sont par ailleurs supprimées pour les étudiants étrangers hors Union européenne non boursiers. Selon les représentants du projet de loi de finances, cette mesure s'inscrit dans un contexte de faible inflation, et n'aura par conséquent qu'une faible incidence sur le pouvoir d'achat des bénéficiaires. Concernant la majoration des allocations familiales perçue par les familles composées d'au moins deux enfants, il est prévu un recul de l'âge de l'enfant de 14 ans à 18 ans pour pouvoir en bénéficier, avec une économie d'environ 200 millions d'euros à la clé. De même, la réduction d'impôt pour frais de scolarité sera supprimée. Pour les retraités, l'abattement de 10 % applicable sur les pensions sera remplacé par un abattement forfaitaire de 2 000 € pour une personne seule et de 4 000 € pour un couple. L'impact sera variable selon les contribuables : aucune incidence pour les foyers fiscaux non imposables, potentiellement important pour ceux qui perçoivent une pension de plus de 50 000 €. La Contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR), votée à titre temporaire dans le cadre du projet loi de finances 2025 pour imposer à un taux minimal de 20 % les revenus les plus élevés (soit plus de 250 000 € pour une personne seule et 500 000 € pour un couple), est prolongée d'un an.