Allemagne-La coalition au pouvoir, en difficulté, dévoile un train de réformes information fournie par Reuters 02/07/2026 à 11:57
par Andreas Rinke et Miranda Murray
La coalition au pouvoir en Allemagne a dévoilé jeudi un ensemble de réformes pour le pays, dont 10 milliards d'euros d'allègements fiscaux annuels pour les personnes à faibles revenus, des modifications du système de retraite et la construction de logements plus abordables.
Le chancelier allemand Friedrich Merz, à la traîne dans les sondages derrière le parti d'extrême droite Alternative pour l'Allemagne (AfD), était sous pression pour l'adoption de telles réformes, visant à relancer la plus grande économie d'Europe.
"Nous voulons remettre l’Allemagne sur les rails", a déclaré le chef du gouvernement allemand aux journalistes jeudi.
Les mesures présentées comprennent également un plan d'action contre la fraude aux prestations sociales et la suppression de la possibilité pour les salariés d'obtenir des arrêts de travail par téléphone.
Elles fixent aussi un objectif de réduire les effectifs de 8% dans les ministères fédéraux grâce à la numérisation.
Les allègements fiscaux mentionnés seront principalement financés par une hausse du taux d'imposition maximal, qui passera de 45% à 47% pour les contribuables les plus aisés dont le revenu annuel est supérieur ou égal à 280.000 euros.
"Le gouvernement a démontré sa capacité à s'accorder sur des réformes structurelles clés et à les mettre en œuvre d'ici la fin de l'année", a déclaré Marion Muehlberger de Deutsche Bank Research, qualifiant ce programme de l'un des plus importants paquets de réformes de ces dernières décennies.
"Cela devrait redonner confiance et renforce nos prévisions d'une accélération de la croissance économique au second semestre."
Le gouvernement de Friedrich Merz a souligné l'urgence de ces réformes, souhaitant accélérer la croissance et aider les entreprises à devenir plus résilientes face à une concurrence étrangère féroce.
Depuis la pandémie de Covid-19, l'économie allemande peine à retrouver son élan, son modèle économique axé sur les exportations étant mis à mal par une concurrence accrue de la Chine ainsi que par la hausse des prix de l'énergie.
En avril, le gouvernement a réduit de moitié ses prévisions de croissance pour 2026, les ramenant à 0,5%, et a également revu à la baisse ses prévisions pour 2027, les ramenant à 0,9% contre une estimation précédente de 1,3%.
(Reportage Andreas Rinke, Miranda Murray, Friederike Heine, René Wagner et Matthias Williams ; rédigé par Matthias Williams ; version française Etienne Breban, édité par Benoit Van Overstraeten)