SCPI : le retour progressif de la confiance en 2025
information fournie par Mingzi 20/02/2026 à 08:40

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Après deux années d'ajustement, le marché des SCPI amorce un redressement. Collecte en hausse, rendements attractifs, performances globalement positives : 2025 marque un tournant, même si la prudence reste de mise sur certains segments.

Portées par un regain d'intérêt des épargnants, les Sociétés Civiles de Placement Immobilier (SCPI) retrouvent progressivement des couleurs. Les dernières statistiques publiées par l'Association française des Sociétés de Placement Immobilier (ASPIM) et l'Institut de l'Épargne Immobilière et Foncière (IEIF), dressent le portrait d'un marché en transition : plus dynamique, mais encore sous surveillance.

Une collecte en nette progression

Premier signal encourageant : la collecte repart. En 2025, la collecte nette des SCPI atteint 4,6 milliards d'euros, en hausse de 29 % par rapport à 2024. Le seul quatrième trimestre enregistre 1,3 milliard d'euros de collecte nette, confirmant une accélération en fin d'année.

La collecte brute, qui mesure l'ensemble des souscriptions avant retraits, s'établit à 5,5 milliards d'euros, en progression de 17 % sur un an. Le marché se rapproche ainsi de sa moyenne décennale (6,3 milliards d'euros), retrouvant des niveaux plus conformes à ses standards historiques.

Dans le détail, les SCPI diversifiées dominent largement, captant 65 % des souscriptions en 2025. Elles devancent les SCPI à dominante bureaux (24 %), tandis que les segments santé, logistique, commerces ou résidentiel représentent des parts plus modestes. Ce choix des investisseurs traduit une recherche accrue de mutualisation des risques dans un environnement encore incertain.

Liquidité : des tensions concentrées

Si la dynamique commerciale s'améliore, la question de la liquidité reste sensible. Au 31 décembre 2025, le stock de parts en attente de rachat atteint 2,8 milliards d'euros, soit 3,1 % de la capitalisation totale du marché.

Un point important à souligner : ces tensions sont très concentrées. Quinze SCPI, principalement exposées aux bureaux, regroupent à elles seules environ les trois quarts des parts en attente. Autrement dit, la majorité des véhicules ne rencontrent pas de blocage majeur.

Le marché secondaire, lui, reste actif avec près de 967 millions d'euros de parts échangées en 2025, soit 1,1 % de la capitalisation. Cela montre que, malgré les ajustements en cours, les échanges continuent de fonctionner.

Des rendements attractifs et en légère hausse

Côté revenus, les SCPI affichent un taux de distribution moyen pondéré de 4,91 % en 2025, en progression de 0,19 point par rapport à 2024. Dans un contexte de taux d'intérêt plus élevés, ce niveau reste compétitif pour les investisseurs en quête de rendement régulier.

Les performances varient toutefois selon les stratégies. Les SCPI diversifiées affichent un taux moyen de 6 %, tandis que les SCPI résidentielles se situent autour de 4,2 %. La moitié des SCPI ont maintenu ou augmenté leur dividende en 2025, quand l'autre moitié l'a réduit, reflet d'un marché encore en phase d'ajustement.

Une performance globale redevenue positive

En intégrant l'évolution des prix de part et les distributions, la performance globale des SCPI ressort à +1,46 % en 2025. Un chiffre modeste, mais symboliquement fort après les turbulences récentes.

Les SCPI diversifiées tirent leur épingle du jeu avec une performance de +6,3 %, devant la logistique (+5,8 %) et l'hôtellerie (+5,1 %). À l'inverse, les segments santé/éducation et résidentiel enregistrent des performances négatives, liées à des ajustements de valeur.

La capitalisation totale du marché atteint désormais 89 milliards d'euros, en légère progression sur un an.

Un marché en voie de stabilisation

Après deux années de correction, 2025 apparaît donc comme une année charnière pour les SCPI. La remontée progressive des rendements immobiliers commence à se refléter dans les portefeuilles, tandis que les valorisations tendent à se stabiliser.

Pour les épargnants, le message est clair : les SCPI restent un outil pertinent de diversification patrimoniale, à condition de bien analyser la stratégie du fonds, son exposition sectorielle et sa gestion de la liquidité. Dans un environnement économique encore instable, la sélectivité et la diversification demeurent les maîtres mots.