SCPI au 1er trimestre 2026 : la collecte repart, mais les fragilités persistent information fournie par Primaliance 29/05/2026 à 10:10
Source : Rapport ASPIM, données au 31 mars 2026 – Édité le 18 mai 2026
Le marché des sociétés civiles de placement immobilier (SCPI) affiche au premier trimestre 2026 une collecte nette de 1,15 milliard d'euros, en progression de 10,1 % par rapport à la même période de l'année précédente. Les données publiées par l'ASPIM le 18 mai 2026 dressent un tableau nuancé : si le cap symbolique du milliard d'euros de collecte nette trimestrielle est à nouveau franchi, plusieurs indicateurs appellent à la prudence. La capitalisation globale du marché atteint 88,65 milliards d'euros, en hausse de 3,3 % sur un an, tandis que le taux de distribution moyen ressort à 1,14 % pour le trimestre.
Investir en SCPI comporte des risques, notamment de perte en capital et de liquidité. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
Une collecte à nouveau positive, portée par un nombre restreint de véhicules
Sur les 231 SCPI recensées par l'ASPIM au 31 mars 2026, la collecte nette trimestrielle reste très concentrée. Quatre véhicules franchissent individuellement le seuil de 100 millions d'euros de souscriptions nettes : Transitions Europe (Arkea REIM, 145,1 M€), Comète (Alderan, 132,2 M€), Iroko Zen (Iroko, 124,7 M€) et Corum Origin (Corum AM, 119,4 M€). Ces quatre SCPI représentent à elles seules environ 45 % de l'ensemble de la collecte nette du trimestre, une concentration qui illustre la sélectivité persistante des souscripteurs.
À l'autre extrémité du spectre, plusieurs sociétés de gestion enregistrent des collectes nettes négatives : Praemia REIM (-8 M€), Fiducial Gérance (-5 M€) ou encore Aestiam (-3 M€). Sur les 55 sociétés de gestion actives au sein de ce marché, une majorité affiche des flux de souscriptions proches de zéro ou légèrement négatifs.
La prépondérance des SCPI diversifiées se confirme
La segmentation par stratégie immobilière prépondérante met en évidence une répartition très asymétrique des flux. Les SCPI dites « diversifiées » captent 939,6 millions d'euros de collecte nette, soit plus de 81 % du total, avec une progression de 21 % sur un an. La collecte brute de cette catégorie atteint 1,003 milliard d'euros (+20 % sur un an).
Les SCPI à prépondérance bureaux, deuxième segment en volume, affichent une collecte nette de 161,8 millions d'euros, en recul de 4 % par rapport au premier trimestre 2025. Toutes les autres typologies — logistique et locaux d'activité, santé et éducation, résidentiel, hôtels-tourisme-loisirs, commerces, — enregistrent individuellement des collectes nettes inférieures à 20 millions d'euros, avec des reculs souvent marqués sur un an (respectivement -56 %, -53 %, -46 % et -2 % pour les quatre premières catégories citées).
Parts en attente : un reflux apparent, mais une lecture à nuancer
Le montant des parts en attente de cession ressort à 2,44 milliards d'euros au 31 mars 2026, soit 2,75 % de la capitalisation. Ce chiffre est en recul sensible par rapport à la fin de l'exercice 2025, mais l'ASPIM signale que cette amélioration s'explique en partie par les mesures de suspension temporaire de la variabilité du capital prises par plusieurs sociétés de gestion au cours du trimestre.
Sept SCPI ont en effet suspendu la variabilité de leur capital : Primopierre (Praemia REIM), Crédit Mutuel Pierre 1, LF Grand Paris Patrimoine, Selectinvest 1 (La Française REM), Perial Grand Paris, Perial 02 (Perial AM) et Opus Real (BNP Paribas AM). Ces suspensions ont mécaniquement remis les carnets d'ordres à zéro, ce qui modifie l'appréciation du niveau réel de la demande de rachat non satisfaite.
Plusieurs SCPI affichent néanmoins des ratios de parts en attente particulièrement élevés : Patrimmo Commerce (Praemia REIM) à 19,5 % de sa capitalisation, Pierrevenus (Aestiam) à 14,37 %, ou encore LF Grand Paris Patrimoine à 10,18 %. Ces niveaux soulignent que la tension sur la liquidité de certains véhicules reste prononcée.
Distribution et valorisation : des signaux divergents selon les catégories
Le taux de distribution moyen des SCPI s'établit à 1,14 % au premier trimestre 2026. Sur l'ensemble du trimestre, 49 % des SCPI ont vu leur dividende baisser par rapport au premier trimestre 2025, contre 27 % en hausse et 24 % en stabilité — une répartition qui invite à ne pas généraliser la tendance au niveau macro.
Du côté de la valorisation, le prix moyen de la part recule de 0,9 % entre le 31 décembre 2025 et le 31 mars 2026. L'essentiel de cette baisse est imputable aux SCPI à capital fixe, dont les prix ont reculé en moyenne de 20,4 % sur la période, principalement lors des échanges sur le marché secondaire. Les SCPI à capital variable enregistrent pour leur part une baisse bien plus modeste, de l'ordre de 0,1 %.
Par stratégie immobilière prépondérante, la performance globale annuelle au premier trimestre 2026 varie sensiblement : les SCPI diversifiées affichent +1,38 %, les SCPI de commerces +1,42 %, la santé et l'éducation +1,00 %, tandis que les SCPI de bureaux restent en territoire négatif à -0,61 %.
De nouveaux véhicules, et un marché qui se restructure
Deux nouvelles SCPI ont été créées au premier trimestre 2026 : Urban MRX (Urban Premium, janvier 2026) et Corum Start (Corum AM, janvier 2026). Dans le même temps, la SCPI Affinités Pierre (Groupama) a introduit une clause de variabilité du capital à compter du 28 janvier 2026, témoignant d'une adaptation continue de la structure de certains véhicules aux conditions de marché.
Éléments de contexte pour l'investisseur
Les données publiées par l'ASPIM pour le premier trimestre 2026 décrivent un marché des SCPI qui retrouve une dynamique de collecte positive mais inégalement distribuée. La capitalisation globale de 88,65 milliards d'euros reste stable sur un an, après plusieurs trimestres de consolidation. Les tensions sur la liquidité de certains véhicules, la baisse du dividende pour près d'une SCPI sur deux, et la concentration de la collecte sur un nombre limité de fonds constituent des éléments à prendre en compte dans toute décision d'investissement.
Rappel : les SCPI sont des placements à long terme dont la durée de détention recommandée est généralement supérieure à huit ans. Avant tout investissement, il convient de consulter le document d'informations clés (DIC) et le prospectus de chaque véhicule, disponibles auprès de la société de gestion.
Source des données : ASPIM, « Les fonds immobiliers grand public – 1er trimestre 2026 », édité le 18 mai 2026.
Acheter des parts de SCPI est un investissement immobilier. Comme tout placement immobilier, il s’agit d’un investissement long terme dont la liquidité est limitée. Nous vous recommandons une durée de placement de 10 ans. Il existe un risque de perte en capital. De plus, les revenus ne sont pas garantis et dépendront de l’évolution du marché immobilier [et du cours des devises]. Comme pour tout placement, les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
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