Premier achat immobilier : les erreurs les plus fréquentes quand on se lance seule information fournie par Biba Magazine 24/02/2026 à 16:41
Le premier achat immobilier en solo fait souvent rêver. Mais sans méthode, il peut vite devenir source de stress et de regrets.
Acheter son premier logement seule marque souvent un vrai tournant, à la fois enthousiasmant et impressionnant. On se projette indépendante, propriétaire, enfin chez soi. Mais derrière cet élan, ce premier achat concentre aussi de nombreux pièges : budget mal anticipé, décisions trop rapides, mauvais arbitrages, et parfois des regrets durables. En 2025, le budget moyen d’un primo-accédant a atteint 268 000 euros, selon une analyse du marché immobilier rapportée par Meilleurtaux, ce qui donne la mesure des enjeux financiers en jeu. De nombreux primo-accédants expliquent d’ailleurs, dans les enquêtes et témoignages relayés par les professionnels du secteur, avoir commis au moins une erreur dans leur parcours. Preuve que l’achat immobilier n’a rien d’un simple coup de tête, mais relève d’un projet structurant qui demande méthode, recul et lucidité.
Bien définir son budget avant même de visiter
L’erreur la plus fréquente reste la même, année après année : sous-estimer le coût réel du projet. Beaucoup se focalisent sur le prix affiché du bien, en oubliant les frais de notaire, les charges, la taxe foncière, l’assurance, les travaux, le déménagement ou encore l’entretien futur. À cela s’ajoute la question de la capacité d’emprunt, souvent évaluée à la louche. Dans un contexte où les taux de crédit se sont stabilisés autour de 3 % à 3,3 % en 2025 et où les banques restent exigeantes sur l’apport personnel, souvent attendu entre 10 et 20 % du prix du bien, définir précisément ce que l’on peut assumer chaque mois est un préalable indispensable pour éviter les déconvenues et les compromis irréalistes.
Cette phase budgétaire n’a rien de séduisant, mais elle conditionne tout le reste. Consulter sa banque ou un courtier, comparer les offres, utiliser des simulateurs et intégrer une marge de sécurité permet de bâtir un projet solide et rassurant. Les professionnels constatent d’ailleurs que nombre de candidates à l’achat signent encore des compromis sans accord bancaire ferme, exposant leur projet à un risque majeur de rupture.
Acheter avec ses émotions : l’erreur qui coûte cher aux primo-accédantes
Lors des visites, le coup de cœur peut devenir un piège redoutable. Comme le souligne Giulia Dupuis, gérante de l’agence Guy Hoquet sur le bassin d’Arcachon, dans les colonnes du Figaro Immobilier , « souvent, le coup de cœur chez les primo-accédants vient lorsque le bien est moderne » . Elle raconte l’histoire d’une jeune femme de 23 ans ayant préféré un appartement “tout frais, tout beau, tout neuf” mais peu fonctionnel à un logement plus adapté à long terme. Ce type de décision, dictée par l’émotion immédiate, est l’une des causes principales des regrets post-achat.
Fabien Court, responsable du développement des agences Orpi, le résume clairement : « Parfois il faut prendre du recul et bien se renseigner sur l’immeuble et sur l’environnement et presque déjà penser à la revente. » Acheter seule impose de se projeter sur plusieurs années, en tenant compte de ses évolutions de vie possibles, mais aussi des contraintes objectives du quartier, de la copropriété, du marché local et de la revente future.
Visites, documents et contre-visites : le trio qui sécurise un projet
Une visite réussie ne se limite jamais à une impression agréable. Elle suppose d’examiner l’état du logement, de poser des questions précises, d’analyser les diagnostics, de vérifier l’électricité, la plomberie, l’isolation, les charges, les procès-verbaux d’assemblée générale et les travaux votés. Comme le rappelle Fabien Court : « Quand on achète un appartement on achète aussi un bout de l’immeuble. Le coup de cœur n’exclut pas le contrôle et les vérifications. » Multiplier les visites, revenir à différents moments de la journée et, si besoin, se faire accompagner par un professionnel permet d’éviter de lourdes erreurs d’appréciation.
Enfin, acheter seule suppose d’accepter que l’on ne sait pas tout. Choisir son propre notaire, se faire expliquer chaque clause du compromis, intégrer les aides disponibles comme le PTZ, ou encore les prêts proposés par Action Logement pour les salariés éligibles, anticiper les travaux et les coûts énergétiques, tout cela participe à transformer une décision anxiogène en projet maîtrisé. “Trop souvent, les acquéreurs pensent qu’ils doivent faire appel au notaire du vendeur. Ce n’est pas le cas. Il est essentiel d’avoir un professionnel qui défend ses intérêts, et cela ne coûte pas plus cher ”, rappelle Mihai Gavriloiu, co-fondateur de GoFlint, auprès de L’Est Républicain . Le premier achat immobilier n’est pas une épreuve de rapidité mais un exercice d’équilibre entre intuition et méthode. C’est cette combinaison, bien plus que la chance, qui permet de s’installer durablement chez soi sans transformer ce rêve en source de stress.