Les taux de crédit immobilier vont continuer d'augmenter, selon Crédit Logement information fournie par Boursorama avec AFP 20/01/2026 à 14:05
Les crédits immobiliers vont coûter plus cher aux nouveaux emprunteurs en 2026 et 2027, selon les estimations publiées mardi par l'Observatoire Crédit Logement/CSA, conséquence du contexte économique incertain et d'acteurs bancaires attentifs à leurs marges.
"Nous sommes sur deux années en cours et à venir qui sont des années de remontée des taux des crédits", a déclaré Michel Mouillart, professeur d'économie chargé de la présentation de cette étude, lors d'une conférence de presse en ligne.
L'Observatoire Crédit Logement/CSA, qui a mesuré un taux de crédit moyen à 3,14% en décembre 2025 (hors assurance et frais annexes), table sur une hausse à 3,55% au quatrième trimestre 2026 (pour 3,41% de moyenne annuelle) et à 3,95% au quatrième trimestre 2027 (pour 3,60% de moyenne annuelle).
La remontée des taux a débuté à la rentrée 2025, après des points bas à 3,06% atteints en juin et en août.
"La réalité économique qui s'impose aux établissements de crédit les a conduits à (...) rajuster les coûts des crédits (et) augmenter les taux des emprunts", a décrit M. Mouillart.
Les établissements bancaires français sont dépendants du taux d'emprunt de leur pays, puisqu'ils empruntent sur les marchés à un coût proche une partie de l'argent qu'ils prêtent ensuite aux particuliers et aux entreprises.
Or le coût de la dette française a atteint en fin d'année 2025 des niveaux historiquement élevés, plus vus depuis près de quinze ans.
Conséquence du pouvoir d'achat immobilier sous pression, la durée moyenne des crédits immobiliers frôle les 21 ans, une durée longue jamais enregistrée par l'Observatoire depuis sa création il y a près de vingt ans.
Cette durée (250 mois précisément) approche désormais de la limite maximale autorisée par la Banque de France et le ministère de l'Economie, fixée à 25 ans.
Si la hausse des prix de l'immobilier - mesurée à +0,8% l'an dernier selon les dernières données de la Fnaim, publiées la semaine dernière -, se poursuit, deux conséquences sont à prévoir, selon M. Mouillart.
Soit la part des mensualités dans les revenus des emprunteurs va augmenter, soit "l'autre possibilité, qui est à craindre, c'est la réduction" du nombre d'emprunteurs.
"Le marché du crédit demeure difficilement accessible pour une grande partie des ménages", écrivait mercredi dernier la Fnaim, constatant un "accès au financement (...) majoritairement réservé aux ménages les plus aisés".