L'encadrement des loyers a t-il un effet ? L'observatoire Clameur contredit les chiffres avancés par le Grand Paris information fournie par Boursorama avec Media Services 28/04/2026 à 17:16
L'institution, proche des acteurs de l'immobilier, pointe notamment la méthodologie de l'étude produite par l'Apur, l'agence d'urbanisme de la métropole francilienne.
L'observatoire Clameur, soutenu par une trentaine d'entreprises et fédérations de l'immobilier, persiste et signe : l'encadrement des loyers ne produit pas d'effet, affirme la structure, au lendemain de la parution d'une étude de l'Atelier parisien d'urbanisme (Apur) affirmant le contraire.
En comparant l'évolution des prix avant et après instauration de l'encadrement des loyers à Bordeaux, Montpellier, Lyon et Lille, avec un groupe de villes où les loyers ne sont pas encadrés, cet observatoire privé assure ne pas voir d'effet significatif sur les loyers. Cette conclusion s'oppose aux résultats de l'étude de l'agence d'urbanisme de la métropole du Grand Paris, publiée lundi, qui affirme que l'encadrement des loyers a permis de minorer les montants de 5% en moyenne à Paris depuis 2019 et de 4,96% dans les autres villes où il est appliqué.
Un simple "effet psychologique"
L'observatoire Clameur critique la méthodologie de l'Apur qui comparerait selon lui Paris à des villes non comparables, en raison de la baisse de la population que connaît la capitale. L'Apur étudie l'impact de l'encadrement des loyers en comparant les montants observés avec un loyer "contrefait", calculé à partir de l'évolution des prix d'un groupe de ville, en l'occurrence Aix-en-Provence, Grenoble (jusque fin 2024), Marseille, Nantes, Nice, Strasbourg, Toulon et Toulouse.
"Encadrement des loyers, permis de louer, ces sujets n'ont pas d'effet immédiat sur la valeur de l'immobilier mais ils ont un fort effet psychologique sur les bailleurs", qui "finissent par vendre" dans certains cas, a estimé le président de Clameur Jean-Michel Camizon.
L'observatoire privé, qui se base sur les baux signés par des professionnels de l'immobilier adhérents, a observé qu'en moyenne 3,2% du stock de logements locatifs privés sont sortis du marché chaque année entre 2016 et 2019. Durant les trois années suivantes, de 2020 à 2022, il y a eu une accélération à 5,64% de logements qui n'étaient plus loués chaque année en raison de la pandémie et des nouvelles contraintes de décence énergétique. Ce "choc substantiel n'a pas été compensé par l'afflux de nouveaux lots", relève Arnaud Simon, professeur et directeur du comité scientifique de Clameur.
Depuis 2023, le nombre de logements qui disparaissent chaque année du marché locatif privé est redescendu à un niveau comparable avec la période 2016-2019. Quant aux loyers, ils ont progressé en moyenne de 2,10% en 2025 par rapport à l'année précédente. Ils sont en hausse partout dans l'Hexagone, sauf dans cinq départements dont l'Ain, le Cher et les Ardennes.