Investissement locatif : le coliving, un concept en phase avec l’ère du temps ! information fournie par Biba Magazine 19/01/2026 à 12:18
Le coliving bouscule les codes du logement urbain. Mais derrière l’engouement, que vaut vraiment ce modèle pour un investisseur ?
Le coliving s’est progressivement imposé dans le paysage immobilier, avant d’exploser au rythme de la nouvelle vie urbaine : mobile, flexible et connectée. Ce format hybride, entre colocation revisitée et résidence de services, répond à une génération qui veut un logement où tout est déjà prêt, de la chambre meublée à la fibre, en passant par les espaces de coworking. Ce n’est plus seulement une façon de se loger, mais un mode de vie qui séduit étudiants, jeunes actifs et travailleurs nomades. Pour les investisseurs, la question est simple : cette nouvelle manière d’habiter peut-elle devenir un véritable levier de rentabilité ?
Le coliving, porté par une demande en pleine accélération
Le contexte joue en sa faveur. En 2025, plus de 25 000 logements en coliving sont occupés en France, avec des taux d’occupation qui dépassent les 92 % dans les métropoles, rapporte Mon Cercle Immo . Paris, Lyon, Lille ou Nantes attirent une clientèle séduite par des loyers « tout compris » et une vie urbaine simplifiée. En transformant un logement classique en unités privatives associées à des espaces communs, l’investisseur multiplie ses revenus, tout en profitant d’une demande croissante. Certaines opérations dépassent les 6 % de rendement brut, parfois même 8 à 10 % dans les villes moyennes. Le modèle s’impose comme une alternative crédible face à la vacance locative qui progresse dans le marché classique, où chaque mètre carré doit désormais prouver son efficacité. Cet essor s’inscrit pourtant dans un cadre juridique encore mouvant : selon les configurations, le coliving relève de baux meublés classiques, de sous-locations gérées par opérateurs ou de montages hybrides, un flou qui peut compliquer l’application de l’encadrement des loyers ou la définition des obligations entre chacun.
Le coliving ne se résume pas à une simple division immobilière. C’est un produit complet, construit autour d’un concept, d’une identité et d’une ambiance. Un projet de 140 m² en périphérie de Lille, rénové en six chambres avec salle commune et jardin, peut générer plus de 3 600 euros mensuels. Mais cette performance dépend aussi du confort proposé : décoration cohérente, services mutualisés, maintenance réactive et internet haut débit. Plus l’expérience est soignée, plus les locataires restent, et plus la rentabilité se stabilise. On ne loue pas seulement une chambre, mais un mode de vie, une communauté, une organisation fluide qui fidélise les résidents. C’est d’ailleurs ce positionnement « premium » qui alimente un débat sur son impact social : multiplier les colivings haut de gamme peut contribuer, dans certains quartiers, à raréfier les logements classiques et tendre encore davantage les loyers.
Un succès qui dépend encore de tendances fragiles
Cette attractivité s’explique aussi par sa mécanique économique : louer plusieurs chambres plutôt qu’un seul logement limite les risques. Le départ d’un occupant ne fait pas s’effondrer les revenus, la rotation est anticipée et les candidatures affluent. Certaines résidences reçoivent jusqu’à une centaine de demandes pour une chambre disponible. Le coliving répond à un besoin urbain intense : une solution moderne, flexible, confortable et moins coûteuse qu’un Airbnb longue durée. Les entreprises s’y intéressent même pour loger leurs salariés mobiles. Reste que cette demande, très portée par les jeunes actifs et les nomades digitaux, dépend de tendances sociétales mouvantes : si les régulations changent, si les loyers augmentent trop ou si le marché se sature, l’engouement pourrait ralentir. Mieux vaut donc envisager l’investissement avec un scénario prudent.
Pour autant, tout ne repose pas sur la demande. L’emplacement reste le moteur de la réussite : transports, universités, centres-villes vivants. Un bien trop éloigné, même impeccablement rénové, risque de peiner à trouver preneur. Les travaux constituent l’autre point sensible. Créer des unités privatives avec salles d’eau, repenser les circulations, renforcer l’isolation, aménager des pièces communes : l’opération absorbe souvent 30 % du prix d’acquisition. À cela s’ajoutent des coûts souvent ignorés : ameublement robuste, mise aux normes, maintenance récurrente, remplacement du matériel, gestion, vacance ponctuelle… De nombreux projets voient leurs marges fondre faute d’avoir anticipé ce budget réel.
Une rentabilité qui dépend d’une gestion irréprochable du coliving
La gestion, justement, ne s’improvise pas. Plusieurs locataires, des services à coordonner, un cadre collectif à préserver : mieux vaut déléguer à des opérateurs spécialisés. Ils sélectionnent les candidats, évitent les conflits, assurent un suivi technique et maximisent l’occupation. Ce confort se paie, mais protège la performance. Fiscalement, le statut LMNP reste l’outil privilégié, avec amortissements et déductions qui dopent les rendements. Mais ces avantages supposent une comptabilité rigoureuse, des seuils à respecter et une stratégie claire : l’équilibre fiscal dépendra de l’évolution des lois, des loyers, des charges, et surtout du marché à long terme. Mieux vaut modéliser plusieurs scénarios, dont les moins optimistes, avant de se lancer.
Le coliving n’est ni un eldorado facile ni une lubie passagère. C’est un produit structuré, exigeant, qui peut devenir très rentable s’il est pensé comme un ensemble cohérent : un concept clair, une localisation solide, des travaux maîtrisés, une gestion professionnelle et une stratégie patrimoniale lucide. Dans un marché en pleine mutation, il apparaît comme une réponse contemporaine et durable, à condition de ne pas confondre effet de mode et véritable projet immobilier.