Immobilier : jusqu’à 10 000 euros de prime pour ces propriétaires qui acceptent de louer à l’année
information fournie par Maison&Travaux 21/06/2026 à 17:00

Shutterstock

Dans une zone très prisée des vacanciers, une aide financière tente de ramener des logements vers la location longue durée.

Sur l’île d’Oléron, le logement est devenu l’un des grands sujets du quotidien. Le décor attire les vacanciers, les maisons se louent très bien à la belle saison, les résidences secondaires occupent une place considérable dans le parc immobilier. Mais derrière cette attractivité, les habitants permanents peinent de plus en plus à se loger. Salariés, familles, jeunes actifs, saisonniers, certains finissent par chercher ailleurs faute de biens disponibles à l’année. Pour tenter de remettre des logements sur le marché classique, la communauté de communes a choisi une méthode simple : proposer une prime aux propriétaires qui acceptent de changer d’usage.

Une incitation financière pour changer de modèle locatif

Depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, le contrat « Louons à l’année » permet ainsi à certains propriétaires de toucher entre 5 000 et 10 000 euros. Le principe est clair : un bien destiné à la location touristique, vacant ou utilisé comme résidence secondaire peut être remis en location longue durée, à condition de devenir la résidence principale d’un locataire. La prime sert alors de compensation, ou du moins d’incitation, pour convaincre des bailleurs qui auraient pu privilégier la location de courte durée. Sur un territoire touristique, cette dernière peut sembler plus rentable, surtout pendant la saison estivale.

Le montant de l’aide dépend de la surface du logement. La prime commence à 5 000 euros pour un bien d’au moins 25 mètres carrés, puis augmente de 100 euros par mètre carré supplémentaire, dans la limite de 10 000 euros. Le versement n’est pas immédiat en totalité : il est prévu par étapes, avec une première partie à la signature du bail, une autre après 18 mois, puis le solde au bout de 48 mois. Cette organisation permet à la collectivité de s’assurer que le logement reste bien dans le circuit de la location à l’année et ne retourne pas trop vite vers le marché touristique.

Un coup de pouce sous conditions face à la tension immobilière

Tous les propriétaires ne peuvent toutefois pas en bénéficier. Le logement doit répondre à plusieurs critères. Il doit notamment être situé sur l’île, afficher une surface minimale de 25 mètres carrés et présenter une performance énergétique comprise entre A et E. Les logements les plus énergivores sont donc exclus, ce qui évite de remettre sur le marché des biens difficiles à chauffer ou trop coûteux pour les locataires. Le propriétaire ne peut pas non plus louer à un membre proche de sa famille. L’objectif est bien de créer une offre réelle pour les habitants qui cherchent une résidence principale, et non d’organiser une location de façade.

Cette aide répond à une situation devenue très tendue. À Oléron, les locations saisonnières et les résidences secondaires pèsent fortement sur l’équilibre local. Lorsque trop de logements sortent du marché classique, les conséquences se voient rapidement : les actifs ont du mal à rester sur place, les employeurs peinent à recruter, les communes risquent de perdre de la vie hors saison. Les écoles, les commerces, les services et les associations dépendent pourtant d’une population présente toute l’année. En choisissant une incitation financière plutôt qu’une mesure uniquement restrictive, les élus tentent de trouver un compromis entre économie touristique et vie locale.

Une stratégie qui pourrait faire école ailleurs

Les premiers résultats semblent déjà encourager la collectivité. Selon les chiffres relayés au printemps 2026, 19 propriétaires avaient accepté d’entrer dans le dispositif, avec une prime moyenne supérieure à 8 000 euros. L’objectif affiché est plus ambitieux : ramener environ 150 logements vers la location longue durée en trois ans. L’île d’Oléron n’avance pas seule sur ce terrain. Les Sables-d’Olonne ont déjà expérimenté une aide comparable, et d’autres communes touristiques, notamment dans les Landes, regardent ce type de dispositif avec intérêt. Partout, la même question se pose : comment loger ceux qui font vivre ces territoires au quotidien ?

Reste à savoir si une prime suffit à modifier durablement les habitudes des propriétaires. Pour certains, l’aide peut rendre la location à l’année plus acceptable, en particulier lorsqu’ils veulent sécuriser des revenus réguliers et réduire la gestion liée aux séjours courts. Pour d’autres, les gains espérés en saison resteront plus attractifs. Mais cette mesure a le mérite de poser clairement le problème : dans les zones touristiques, le logement ne peut pas être pensé uniquement comme un produit de rentabilité. À Oléron, cette prime de 10 000 euros maximum devient surtout un signal politique. Elle rappelle qu’un territoire ne peut rester vivant que si ceux qui y travaillent peuvent aussi y habiter.