Immobilier et crédit : comment garder son taux en changeant de bien ?
information fournie par Boursorama avec LabSense 03/05/2026 à 08:30

Vendre son bien et changer de logement sans pour autant perdre l'avantage de son taux de crédit, est-ce possible ? Oui en théorie, grâce au transfert de prêt immobilier, mais en anticipant et en respectant certaines conditions. Comment procéder et quels sont les critères pour en bénéficier ?

Immobilier et crédit : comment garder son taux en changeant de bien ? / iStock.com - Wipada Wipawin

Les différents types de prêts immobiliers

Quand on vend son bien pour en acheter un nouveau, on n'a pas envie de perdre les avantages d'un prêt initial qui proposait un taux plus avantageux que ceux proposés au moment du nouvel achat. Il est important, en préambule, de bien saisir le fonctionnement d'un crédit immobilier et ce qui impacte son coût. Chacun des quatre types de prêts immobiliers a ses propres spécificités. Le prêt à taux fixe : le taux est identique pendant toute la durée du prêt et les mensualités ne changent pas. L'inconvénient est que la renégociation du taux en cas de conditions plus favorables n'est pas facile. Le prêt à taux variable (ou révisable) : le taux varie selon un indice de référence. Si l'emprunteur peut bénéficier d'une baisse en cas de contexte favorable, il peut aussi voir ses mensualités augmenter si les taux grimpent. Le prêt modulable (ou mixte) : en associant taux fixe et taux variable, il présente l'avantage de la flexibilité en ajustant les remboursements selon l'évolution de la situation du marché. Quant au prêt relais, il s'adresse aux propriétaires qui achètent avant de vendre, et propose un taux spécifique et une durée de prêt comprise entre 6 et 24 mois. Le coût d'un crédit est basé sur plusieurs éléments (montant emprunté, intérêts, assurance emprunteur et frais annexes), mais c'est le taux d'intérêt qui est essentiel pour déterminer le montant des mensualités et le coût total du crédit. Selon le montant du prêt, une différence de taux minime peut représenter au final une économie importante.

Le transfert de prêt, une protection contre la hausse des taux

Le transfert de prêt immobilier, peu connu et par conséquent peu utilisé, permet de continuer à profiter des conditions initiales de financement (taux, mensualités, durée). Il offre l'opportunité de réutiliser un crédit immobilier souscrit à un taux avantageux pour financer un nouveau bien, afin de se protéger d'un contexte de hausse des taux. Le transfert ne peut être envisagé qu'à deux conditions. L'emprunteur doit d'abord s'assurer que le contrat de prêt initial propose une clause autorisant le transfert. Cette clause de transférabilité est en effet incontournable pour que la procédure puisse s'engager. D'autre part, la banque doit valider le nouveau projet d'achat immobilier et accepter le nouveau bien comme garantie. Pour avoir toutes ses chances de bénéficier d'un transfert de prêt, il est préférable d'anticiper, car la procédure peut s'étaler sur plusieurs semaines. Il convient d'abord de prévenir sa banque dès qu'une vente de logement est envisagée pour acheter un nouveau bien. Un dossier complet devra être établi pour communiquer les informations sur le bien envisagé, sa valeur et le plan de financement prévu. L'établissement bancaire pourra alors évaluer si le bien peut servir de garantie, en veillant à ce que le montant de ce nouveau bien soit inférieur ou équivalent au capital restant dû. En fonction de tous ces éléments, la banque acceptera le transfert aux conditions du prêt initial, le refusera si le projet n'est pas conforme, ou proposera un aménagement (tel qu'un apport complémentaire). Si le feu vert est donné, l'emprunteur devra coordonner la vente de l'ancien bien et l'achat du nouveau, afin que le transfert du prêt se fasse sans interruption. Cette opération délicate suppose une bonne coordination entre les différents intervenants (notaire, agent immobilier et banque). Le capital qui reste dû sera alors affecté au financement du nouveau bien, et un financement complémentaire sera envisagé si le nouveau bien est plus onéreux.