Immobilier : ce risque environnemental peut refroidir les acheteurs et faire baisser les prix
information fournie par Maison&Travaux 01/06/2026 à 17:00

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Les acheteurs regardent désormais au-delà de l’état du logement. Un élément moins visible peut suffire à modifier leur décision et le prix proposé.

Vendre une maison ne se résume pas toujours à une belle annonce, à quelques photos flatteuses et à une estimation bien ficelée. Derrière une façade entretenue, un jardin agréable ou une adresse recherchée, certains éléments peuvent soudain peser très lourd dans la négociation. Parmi eux, un risque environnemental encore mal connu du grand public commence à inquiéter les propriétaires comme les acheteurs : la présence de PFAS, ces polluants dits éternels, capables de s’installer durablement dans les sols, l’eau ou l’air.

Les PFAS, un nouveau point de vigilance pour les acheteurs

Le sujet prend de l’ampleur parce qu’il touche directement à la valeur des biens immobiliers. Les PFAS, utilisés pendant des décennies dans l’industrie et dans de nombreux produits du quotidien, ne disparaissent pas facilement de l’environnement. Lorsqu’un terrain se situe près d’un site industriel, d’une ancienne zone d’activité ou d’une usine chimique, la question peut vite devenir sensible. Pour un acquéreur, acheter une maison dans un secteur potentiellement pollué ne représente pas seulement un doute sanitaire. C’est aussi un risque financier, administratif et juridique.

Cette inquiétude peut se traduire très concrètement au moment de la vente. Une maison peut être impeccable, bien située, spacieuse et correctement entretenue, mais perdre une partie de son attractivité si son environnement soulève des interrogations. Les acheteurs, mieux informés qu’avant, regardent désormais au-delà du diagnostic de performance énergétique ou de l’état de l’installation électrique. La qualité des sols et la présence éventuelle de substances polluantes deviennent des critères de plus en plus scrutés, surtout dans les zones déjà identifiées comme sensibles.

La pollution des sols, une information à ne pas négliger

L’avocate Louise Tschanz, citée par Le Figaro Immobilier, a évoqué un exemple particulièrement parlant : « Je me souviens d’une grande maison située dans un ‘secteur d’information sur les sols’ [à Grézieu-la-Varenne, dans l’Ouest lyonnais], c’est-à-dire sur un terrain où l’État a connaissance d’une pollution des sols. Elle s’est vendue 750 000 euros au lieu de 970 000 euros, uniquement à cause de la présence de polluants dans le sol. » Dans ce cas précis, la décote atteint 23 %. Un chiffre qui montre à quel point ce risque invisible peut modifier l’équilibre d’une transaction.

Le problème, pour les vendeurs, tient aussi au cadre actuel des diagnostics immobiliers. Plusieurs contrôles sont obligatoires avant une vente, mais aucun diagnostic spécifique aux PFAS n’est aujourd’hui systématiquement imposé. Cela ne signifie pas pour autant que le sujet peut être ignoré. Lorsqu’un propriétaire a connaissance d’une pollution ou d’un risque environnemental sérieux autour de son bien, la prudence impose d’en informer clairement l’acheteur. Cette transparence permet d’éviter une contestation après la signature, mais aussi de sécuriser la vente dès le départ.

La transparence, meilleure protection du vendeur

Le silence peut coûter cher. Un acquéreur qui découvre après coup que la maison se trouve dans une zone concernée par des polluants peut considérer qu’une information essentielle lui a été cachée. Il peut alors chercher à remettre en cause la vente ou demander réparation, en estimant que son consentement n’a pas été donné en pleine connaissance de cause. « L’article 1112-1 du Code civil parle d’une obligation contractuelle d’informations générales envers le co-contractant. Cela signifie qu’il est censé donner toutes les informations dont l’importance est déterminante pour le consentement de l’autre », rappelle Louise Tschanz.

Pour les propriétaires qui s’apprêtent à vendre, l’enjeu est donc double : connaître la situation de leur bien et éviter toute zone d’ombre dans le dossier de vente. Se renseigner sur les secteurs d’information sur les sols, vérifier l’historique du terrain ou faire réaliser une analyse en cas de doute peut permettre d’anticiper les questions des acheteurs. Les PFAS restent invisibles à l’œil nu, mais leur impact, lui, peut devenir très visible sur le prix final. Dans un marché immobilier déjà tendu, mieux vaut aborder le sujet franchement que le voir surgir au pire moment.