Dépenses de retraite et déficit : "Nous sommes en train de choisir les seniors contre les jeunes", alerte le gouverneur de la Banque de France
information fournie par Boursorama avec Media Services 12/01/2026 à 09:40

Dans un nouvel appel au "compromis" lancé samedi, François Villeroy de Galhau a encore exhorté les parlementaires à "sortir des postures".

François Villeroy de Galhau, à Francfort, le 22 novembre 2024 ( AFP / KIRILL KUDRYAVTSEV )

Après avoir dénoncé pendant l'automne le "gâchis" des atouts français provoqué par les "querelles politiciennes", le gouverneur de la Banque de France a redit ses inquiétudes face aux effets de la politique "spectacle" en France, redoutant "un étouffement" de la France si elle ne parvient pas à réduire son déficit budgétaire.

"La France ne risque pas la faillite, mais un étouffement à plusieurs dimensions", a ainsi estimé François Villeroy de Galhau à l'antenne de France Inter , samedi 10 janvier : "un étouffement budgétaire (...), économique (...) et générationnel car nous sommes en train de choisir les seniors contre les jeunes", avec "plus de dépenses de retraite et plus de déficit". Pour y remédier, selon lui, il faut "sortir des postures, des querelles, du spectacle, et trouver des vrais compromis".

"Reconnaître que nous n'avons plus d'argent pour baisser les impôts"

Le gouverneur a jugé "très important qu'il y ait un budget pour 2026" avec un déficit public "à maximum 5% du PIB" pour ne pas se mettre "dans la zone rouge de danger". Il faut pour cela "stabiliser les dépenses" et "avoir de la sagesse sur les impôts". En l'occurrence, "reconnaître que nous n'avons plus d'argent pour baisser les impôts et qu'il y a certaines mesures de justice nécessaires", comme la prolongation de la surtaxe d'impôt sur les sociétés pour les grandes entreprises, sur laquelle les parlementaires de droite et de gauche ne parviennent pas à se mettre d'accord.

Même si les marchés financiers sont calmes actuellement vis-à-vis de la France, "leur fonctionnement n'est jamais linéaire, (il) peut y avoir un calme apparent puis une correction brutale", a observé le gouverneur, en particulier "dans l'environnement géopolitique extrêmement incertain" actuel. Il a aussi souligné que "l'agenda de dérégulation financière américaine augmente les risques de crise financière", tout en appelant à "garder notre calme et notre cap" en Europe, à "maintenir un dialogue franc et exigeant à travers l'Atlantique".