Copropriété : bruit, insécurité, dégradations… Les sanctions auxquelles s’exposent ceux qui louent sur Airbnb
information fournie par Boursorama avec Newsgene 19/05/2026 à 13:29

Dans certaines villes, les sanctions pour location touristique illégale peuvent atteindre 100.000 euros par logement. Illustration. (Freestocks-photos / Pixabay)

Dans certaines résidences, les locations Airbnb provoquent de fortes tensions entre voisins. Avec le durcissement des règles en vigueur et les nouvelles possibilités offertes aux copropriétaires, cette situation peut entraîner de lourdes sanctions contre les propriétaires de meublés touristiques.

Les locations de courte durée dans les copropriétés sont à l'origine de plus en plus de tensions. Entre nuisances répétées, conflit de voisinage et nouvelle législation, certains propriétaires qui louent leur logement sur Airbnb s'exposent désormais à de lourdes sanctions, rapporte Capital ce lundi 18 mai 2026.

Du bruit et des accès moins sécurisés

Dans de nombreux immeubles, la multiplication des séjours touristiques finit par dégrader les relations entre habitants. Et les désagréments peuvent être divers : passages tardifs dans les parties communes, erreur d'étage, accès à l'immeuble partagé avec des inconnus ou encore la détérioration d'équipements.

« Depuis un an et demi, c’est devenu beaucoup plus tendu » , résume Berkise Grillot de la conciergerie Angels, gestionnaire de biens en location courte durée. Selon elle, les inquiétudes concernent surtout « les accès à l’immeuble jugés moins sécurisés et les nuisances sonores. » Face à cette situation, certaines résidences interdisent dorénavant les boîtes à clés ou restreignent l'ouverture à distance. « On a déjà vu des voisins épier les voyageurs, les questionner ou chercher à faire baisser les notes des logements avec de faux commentaires négatifs » , assure la spécialiste.

Vérifier le règlement avant d'investir

Les copropriétaires de résidences à « habitation bourgeoise exclusive » pouvaient déjà déclarer les locations touristiques incompatibles avec l’usage résidentiel de l’immeuble. Avec le renforcement de la législation, et notamment l’adoption récente de la loi Le Meur, cette procédure est facilitée. Désormais, si deux tiers des copropriétaires votent en ce sens, les meublés touristiques sont alors prohibés lorsque le règlement de copropriété prévoit une clause « habitation bourgeoise ».

En conséquence, un investissement locatif peut rapidement devenir inutilisable pour de la location touristique. « Beaucoup de propriétaires découvrent trop tard que leur règlement de copropriété peut remettre en cause leur projet » , précise Berkise Grillot. Il vaut mieux donc penser à vérifier la présence d'un tel règlement et consulter les procès-verbaux d'assemblée générale avant de s'engager.

De lourdes amendes prévues

En cas de non-respect des règles locales ou du règlement de copropriété, des actions en justice peuvent être engagées par le syndic ou par plusieurs copropriétaires. Un seul d'entre eux peut même le faire lorsque la location touristique entraîne un trouble anormal du voisinage. Le fait de louer son logement sur Airbnb représente « parfois une forme de culpabilité automatique » alors que les nuisances ou les dégradations auraient pu être commises par les habitants eux-mêmes, souligne l'experte.

Dans certaines grandes villes où le marché immobilier est particulièrement tendu, les sanctions pour location touristique illégale peuvent atteindre 100.000 euros par logement. L'absence de numéro d'enregistrement sur les annonces, obligatoire depuis 2025, expose quant à elle à une amende de 1.500 euros. D'autres pénalités existent, comme en cas de dépassement des limites autorisées pour une résidence principale, et peuvent se chiffrer à plusieurs milliers d'euros.