Climat et immobilier : où investir à la montagne sans risquer la fonte des neiges ?
information fournie par Boursorama avec LabSense 05/01/2026 à 08:30

« La montagne, ça vous gagne ! »... prônent, depuis les années 90, les Professionnels Associés de la Montagne (PAM) afin de promouvoir les stations de ski françaises. Mais la montagne reste-t -elle un pari gagnant en termes d’investissement ? Placer son pécule dans un logement situé en station est-il prudent, à l’heure où le réchauffement climatique bouscule les saisons et rend l’enneigement de plus en plus capricieux ? L’or blanc est-il toujours une valeur sûre ? Peut -être, mais à condition de cibler les zones les plus résilientes, celles qui ont su réinventer leurs activités, et qui affichent des valeurs dans l’air du temps...

Climat et immobilier : où investir à la montagne sans risquer la fonte des neiges ? / iStock.com - ventdusud

Viser les sommets

Quand il s’agit de préserver la neige, l’altitude reste le meilleur anti-fonte du marché. Les stations situées au-dessus de 1 800 mètres conservent généralement un enneigement fiable, même lorsque les précieux flocons se font rares partout ailleurs. C’est le cas de Val Thorens, Tignes, Val d’Isère ou encore Flaine, qui figurent parmi les destinations les plus recherchées par les investisseurs prudents. Ces stations de haute altitude bénéficient d’un manteau neigeux plus stable, d’une saison plus longue et d’une attractivité touristique qui ne faiblit pas. Résultat : les prix de l’immobilier y grimpent presque aussi vite que les télécabines. Ainsi, l’investissement reste solide car la demande locative y est forte, hiver comme été. À l’inverse, les stations situées sous les 1 500 mètres voient leur enneigement devenir plus aléatoire. Et même si la plupart d’entre elles ont recours aux canons à neige pour sécuriser l’ouverture des pistes, notons que l’efficacité de ces derniers est soumise à la conjonction de plusieurs conditions météorologiques : la température, l’humidité et la pression de l’air... Ce qui rend leur utilisation tout aussi aléatoire !

Les stations qui affichent une activité « quatre saisons »

Si la neige joue parfois les divas, les stations ont plus d’un tour dans leur sac. Beaucoup - y compris celles dites de moyenne ou basse altitude - misent désormais sur le tourisme quatre saisons, une stratégie qui séduit les investisseurs en quête de rentabilité annuelle. Des destinations comme Les Gets, Morzine, La Clusaz ou Les Saisies ont développé un arsenal d’activités estivales : VTT, randonnées panoramiques, spas, tyroliennes XXL, et même yoga face au Mont-Blanc pour les plus zen. Résultat : même si la neige n’est pas toujours au rendez-vous, les locations ne désemplissent pas. Ce modèle diversifié rassure les acheteurs : moins dépendant de l’enneigement, le bien conserve sa valeur et son attractivité.

Tout schuss sur l’écologie

Pour certaines stations engagées, l’écologie devient un argument immobilier. Ainsi, les Arcs, Serre-Chevalier ou Chamonix, ont massivement investi dans les énergies renouvelables, la mobilité douce et la réduction de l’impact environnemental. Pour les investisseurs, c’est un double avantage : un territoire plus résilient face au changement climatique, une attractivité renforcée auprès d’une clientèle sensible à l’écotourisme. Ces stations « vertes » séduisent de plus en plus, car elles anticipent l’avenir plutôt que de courir après la neige, qu’elle soit naturelle ou artificielle. Et dans un marché immobilier où la durabilité devient un critère clé, elles acquièrent une longueur d’avance.