Certaines copropriétés peuvent désormais toucher jusqu’à 12 500 euros grâce à cette aide de l’État information fournie par Maison&Travaux 22/06/2026 à 17:00
Une nouvelle aide revalorisée pourrait offrir un véritable coup de pouce à certaines copropriétés… à condition de répondre à plusieurs critères encore peu connus.
Longtemps freinée par des coûts élevés et des démarches complexes, l’installation de bornes de recharge en copropriété entre dans une nouvelle phase. Avec l’essor des véhicules électriques, la question de la recharge à domicile devient centrale pour des millions de Français vivant en immeuble. Pour accompagner ce mouvement, les pouvoirs publics ont décidé de renforcer les aides financières destinées aux copropriétés. Pour les projets éligibles, et notamment ceux votés en assemblée générale à partir du 1er avril 2026, certaines d’entre elles peuvent bénéficier d’un soutien revalorisé, pensé pour accélérer l’équipement des parkings collectifs et réduire les freins à la transition énergétique.
Un soutien public pour accélérer la transition électrique
Le dispositif a été sensiblement renforcé. Les copropriétés peuvent désormais obtenir jusqu’à 12 500 euros pour financer l’installation d’infrastructures de recharge partagées. Cette enveloppe concerne notamment les parkings d’immeubles pouvant aller jusqu’à une centaine de places, avec la possibilité d’un complément en fonction du nombre d’emplacements supplémentaires. Cette hausse marque une évolution nette par rapport au plafond précédent, fixé à 8 000 euros, et permet de couvrir une part significative du coût global d’un projet.
Dans les faits, cette aide peut représenter jusqu’à environ la moitié de l’investissement nécessaire, le coût moyen d’un équipement collectif étant estimé autour de 20 000 à 30 000 euros selon les configurations et la taille du parking. Pour les copropriétaires, l’enjeu est donc de taille : rendre plus accessible une installation qui, sans soutien public, reste souvent difficile à financer. L’objectif affiché est clair : accélérer le déploiement des infrastructures dans l’habitat collectif, là où le retard est encore important par rapport aux maisons individuelles.
Ce coup de pouce s’inscrit dans le cadre du programme Advenir, financé par les certificats d’économie d’énergie et soutenu par l’État. Le dispositif vise à accompagner la montée en puissance de la mobilité électrique en France, dans un contexte où près de la moitié des Français vivent en logement collectif. Cette réalité rend indispensable le développement de solutions adaptées aux contraintes des copropriétés, afin d’éviter une fracture entre logements individuels et collectifs dans l’accès à la recharge.
Une adoption encore freinée par les décisions collectives
Au-delà des enjeux environnementaux, l’installation de bornes en copropriété répond aussi à une logique économique. Recharger son véhicule à domicile reste nettement moins coûteux que sur les bornes publiques rapides, avec un coût moyen estimé autour de 3 euros pour 100 kilomètres. En facilitant l’équipement des immeubles, le dispositif permet donc aux usagers de véhicules électriques de réduire leurs dépenses quotidiennes, tout en sécurisant leur accès à la recharge au quotidien.
Malgré ces aides renforcées, la généralisation des bornes en copropriété reste confrontée à plusieurs obstacles. La décision doit d’abord être validée en assemblée générale, un passage obligatoire qui peut ralentir les projets, notamment lorsque les intérêts des copropriétaires divergent. Certains résidents, non utilisateurs de véhicules électriques, peuvent aussi se montrer réticents face à un investissement collectif dont ils perçoivent peu immédiatement les bénéfices.
Une logistique technique qui complique les projets
Les contraintes techniques constituent un autre frein important. Dans de nombreux immeubles anciens, le réseau électrique doit être adapté, voire entièrement remis à niveau pour supporter la charge supplémentaire. Ces travaux peuvent faire grimper la facture et compliquer la mise en œuvre. À cela s’ajoutent les difficultés spécifiques aux parkings extérieurs, qui nécessitent des solutions de raccordement plus complexes et parfois plus coûteuses.
Enfin, la dimension administrative continue de peser sur les projets. Même si des opérateurs spécialisés accompagnent désormais les copropriétés, les démarches restent jugées longues et techniques, entre études préalables, demandes de subventions et coordination des travaux. Face à ces freins, certaines solutions émergent, comme des modèles de financement où les opérateurs avancent une partie des coûts. Une manière de simplifier le passage à l’action, dans un contexte où la demande ne cesse de croître.