Cambriolages sans effraction : des astuces pour protéger votre logement
information fournie par Boursorama avec LabSense 12/02/2026 à 08:30

On pourrait croire qu’un cambriolage sans effraction est moins traumatisant... Après tout, rien n’est cassé ! Pourtant, cette version “soft” est toute aussi redoutable, car souvent compliquée à expliquer à votre assureur. Et comme ces intrusions silencieuses et sans violence sont en pleine hausse, mieux vaut rester vigilant. Voici tout ce qu’il faut savoir sur les aspects juridiques du phénomène, ainsi que quelques astuces essentielles qui vous permettront de renforcer votre sécurité et protéger durablement votre foyer.

Cambriolages sans effraction : des astuces pour protéger votre logement / iStock.com - chanakon laorob

Vol sans effraction : un casse-tête pour les assurés

Bien que parfaitement reconnu par le Code pénal, le vol sans effraction reste un véritable casse-tête pour les assurés. La loi est claire : un vol est une soustraction frauduleuse, qu’il y ait effraction ou non. Une intrusion peut donc résulter d’une porte laissée entrouverte, d’une clé copiée ou de techniques discrètes comme le crochetage ou le bumping. C’est du côté des assurances que les difficultés apparaissent. La plupart des contrats multirisque habitation exigent en effet une effraction visible pour indemniser, sauf clause spécifique. L’absence de trace, la suspicion de négligence ou le non-respect des mesures de protection sont autant de motifs de refus, une position régulièrement confirmée par la jurisprudence. Certaines situations restent particulièrement litigieuses : clés volées, télécommande dérobée, porte simplement claquée ou méthodes modernes ne laissant aucune marque.

Un phénomène discret mais en hausse

S’il n’existe pas de statistique publique dédiée aux cambriolages sans effraction, les tendances observées dans les rapports Interstats sur les vols sans violence corroborent les estimations des experts en sécurité : 20 à 30 % des cambriolages en France, sont réalisés sans effraction visible ! Ces intrusions reposent sur des techniques simples : portes laissées en mode « claquées », serrures non verrouillées, fenêtres entrouvertes, barillets dépassant, ou encore utilisation d’outils permettant d’ouvrir une porte sans la casser. Les logements les plus ciblés sont ceux qui présentent des failles visibles : serrures anciennes, absence de verrouillage multipoints, portes d’entrée affaiblies ou fenêtres facilement manipulables. Les résidences secondaires et les maisons isolées sont également particulièrement vulnérables.

Comment se prémunir contre ce type d’intrusion ?

Une alarme, même basique, renforce la dissuasion mais n’est pas toujours suffisante. La qualité de la serrure de votre porte est déterminante. Une serrure certifiée A2P, un cylindre anti-crochetage et un verrouillage multipoint réduisent fortement les risques d’ouverture discrète, à condition que le cylindre ne dépasse pas et soit protégé par une rosace blindée. Les fenêtres doivent bénéficier du même niveau d’attention : verrous complémentaires, poignées verrouillables, vitrages retardateurs d’effraction ou films de protection compliquent la tâche des intrus. Les baies vitrées et les accès secondaires - garage, cellier, porte de service - sont souvent les points les plus vulnérables et méritent d’être sécurisés. Au-delà des équipements, les bons réflexes du quotidien jouent un rôle essentiel, car beaucoup de cambriolages sans effraction sont facilités par des oublis anodins. Ainsi, verrouiller systématiquement votre porte, ne jamais cacher de clé, fermer toutes les ouvertures, éviter d'annoncer ses absences en ligne ou encore demander à un voisin de surveiller le courrier sont des gestes simples mais de bon sens, et efficaces.