Préparer sa retraite quand on n’a jamais vraiment épargné information fournie par Le Particulier 28/03/2026 à 08:00
Sommaire:
- Anticiper son futur budget à la retraite
- PER, un produit d’épargne intéressant mais pas adapté à Claire
- Pourquoi Claire hésite à souscrire un contrat d’assurance-vie
- Claire décide d’investir en nue-propriété
Pour Claire, l’heure tourne. A 50 ans, il lui reste 14 années pour se constituer des compléments de revenus et profiter de la retraite. En tant que secrétaire médicale, elle perçoit un revenu de 2300 euros brut (1800 euros net). Selon les estimations du site Assurance retraite, sa pension devrait s’élever à 1500 euros brut (1340 euros net).
Comment compenser la différence de revenus ou au moins la combler? Claire n‘est pas propriétaire de son logement et son salaire lui sert quasi intégralement à couvrir ses dépenses. Mais son compte courant est bien garni: à la suite du décès de sa mère l’an dernier, elle a hérité de 40.000 euros.
Avant de réfléchir aux placements les plus adaptés à sa situation, Claire commence par lister ses postes de dépense actuels.
Anticiper son futur budget à la retraite
Sans surprise, le principal poste de dépense de Claire concerne son habitation. Entre le loyer, le chauffage et l’électricité, elle débourse chaque mois 900 euros pour se loger. L’alimentation constitue son second poste de dépense (400 euros). Claire doit encore payer le crédit de sa voiture, les pleins d’essence et l’assurance (100 euros). Il lui faut aussi ajouter les frais d’internet (30 euros), de téléphonie (20 euros) et de mutuelle santé (52 euros). Enfin, elle estime à environ 200 euros par mois ses dépenses pour ses vacances, loisirs et sorties. Le budget mensuel de Claire s’élève donc à 1700 euros chaque mois, lui laissant 100 euros pour épargner.
Si Claire ne veut pas rogner sur ses loisirs ou l’alimentation, elle devra donc disposer de 360 euros par mois de revenus complémentaires (1340 euros de pension - 1700 euros de dépenses).
A noter:
En vieillissant, Claire devra aussi payer des frais supplémentaires pour sa santé. Pour une bonne mutuelle, les seniors dépensent souvent plus de 150 euros mensuels. Sans oublier les rendez-vous médicaux et les dépassements d’honoraires de plus en plus fréquents. Autre point de vigilance: même si le montant de retraite suit l’inflation, tous les autres postes de dépenses vont aussi augmenter...
PER, un produit d’épargne intéressant mais pas adapté à Claire
Claire commence par s’intéresser au Plan d’épargne retraite (PER). Après tout ce produit d’épargne a été spécialement conçu pour préparer sa retraite. Et il présente un atout majeur: les sommes versées sont déductibles du revenu imposable. En théorie, cela permet de réduire l’impôt aujourd’hui tout en se constituant un complément de revenus pour demain. Mais dans le cas de Claire, cet avantage fiscal reste toutefois limité. Avec un revenu net de 1800 euros par mois, elle se situe dans la tranche d’imposition de 11%. Si elle verse 100 euros par mois sur un PER - soit 1200 euros par an - l’économie d’impôt ne serait que d’environ 132 euros par an (1200 euros × 11%).
Claire pourrait également y placer son héritage de 40.000 euros pour renforcer son capital retraite. Avec 14 ans d’horizon, un versement mensuel de 100 euros, et en prenant en compte un rendement de 2,6% par an, le taux moyen des PER en 2024, selon la Banque de France (1), son capital atteindrait après 14 ans environ 76.000 euros. Converti en rente viagère, Claire arriverait à un complément de revenu de 300 euros par mois, une somme insuffisante pour compenser sa perte de revenus.
Le PER présente deux autres désavantages pour Claire: les performances passées de ce produit d’épargne ne préjugent pas de ses performances futures et surtout le capital investi dans un PER reste bloqué jusqu’à son départ à la retraite.
Pourquoi Claire hésite à souscrire un contrat d’assurance-vie
Contrairement au PER, l’épargne investie sur une assurance-vie reste accessible à tout moment. En cas de besoin, Claire pourrait ainsi disposer de son l’argent. Toutefois, si le retrait intervient avant huit ans de détention, elle ne pourra pas bénéficier pas de l’avantage fiscal de l’assurance-vie, à savoir un abattement fiscal annuel de 4600 euros sur les gains.
Comme pour le PER, elle pourrait y placer son héritage de 40.000 euros et y ajouter ses 100 euros d’épargne mensuels pendant 14 ans. Avec un rendement moyen attendu là aussi de 2,6% par an, son capital serait donc de 75.000 euros ou, converti en rente viagère, 300 euros par mois. C’est toujours insuffisant pour Claire.
Claire décide d’investir en nue-propriété
Comme de nombreux Français, Claire a un faible pour la pierre. L’immobilier représente un investissement tangible, permettant de se constituer un patrimoine et de générer des revenus locatifs. La secrétaire médicale a entendu parler d’un dispositif permettant d’acheter des biens neufs décotés: l’investissement en nue-propriété. Le logement est mis en location par l’usufruitier pour un nombre d’années convenus à l’avance - en général entre 12 à 20 ans. Le nu-propriétaire ne reçoit aucun loyer pendant le terme prévu mais à l’issue de cette période, il récupère la pleine propriété du bien. Claire aura alors le choix de continuer à le louer ou de le revendre.
A Tours, un promoteur commercialise des studios vendus en nue-propriété pour une durée de 14 ans. Après décote, leur coût est de 60.000 euros. Claire va en financer une grande partie via son apport personnel. Il lui reste donc 20.000 euros à emprunter à sa banque. Pour une durée de 14 ans, elle obtient un taux à 2,9%, soit des mensualités de 145 euros.
Au moment de partir à la retraite, Claire récupère la pleine propriété du studio. Au vu des loyers actuels, elle pourra le louer autour de 400 à 430 euros par mois, soit entre 4800 et 5160 euros brut annuels. Après déduction des impôts et de la taxe foncière, Claire devrait gagner chaque mois entre 280 et 320 euros net mensuels. C’est encore inférieur à ses besoins mais Claire anticipe une revalorisation des loyers calquée sur l’inflation. Et si elle revend l’appartement, elle pourrait aussi réaliser une plus-value. D’ici 14 ans, et en regardant les prix des logements à Tours, elle estime pouvoir le revendre 90.000 euros. Cela lui rapporterait alors un complément de 375 euros par mois pendant 20 ans. Cette fois, le compte est bon pour Claire.
(1) Le marché de l’assurance-vie en France en 2024 - Banque de France