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Antoine donne de l’argent de poche à son fils: comment lui apprendre à bien le gérer?

information fournie par Le Particulier 31/10/2026 à 08:00

Argent de poche, Livret A, assurance-vie: Antoine apprend à ses enfants à gérer leur argent. Comment les initier à l’épargne et aux choix de dépenses dès l’enfance? ( crédit photo : Getty Images )

Argent de poche, Livret A, assurance-vie: Antoine apprend à ses enfants à gérer leur argent. Comment les initier à l’épargne et aux choix de dépenses dès l’enfance? ( crédit photo : Getty Images )

À 10 ans, Léo commence à recevoir de l’argent de poche et à vouloir gérer lui-même ses premières dépenses. Son père, Antoine, a déjà ouvert un Livret A et une assurance-vie pour lui et sa petite sœur Élonie dès leurs plus jeunes années. Mais il veut aller plus loin : lui apprendre à comprendre la valeur intrinsèque de l’argent, à effectuer des choix raisonnés et à cultiver l’effort d’épargne. Un choix pragmatique et visionnaire, car l’éducation financière ne s’improvise pas à l‘âge adulte. Elle doit commencer dès l’enfance et se poursuivre progressivement tout au long de l’adolescence.

Sommaire:

  • Le déclic des 10 ans: entrer dans l'apprentissage du budget
  • Apprendre à distinguer envie et besoin
  • L’école et le passeport Educfi: une base nécessaire mais insuffisante
  • La feuille de route d'Antoine: un parcours progressif de 10 à 18 ans
  • Donner les mêmes chances à Léo et à Élonie
  • Une transmission construite pas à pas

Le déclic des 10 ans: entrer dans l'apprentissage du budget

« Papa, je peux avoir 10 euros? ». Depuis quelques mois, Antoine entend régulièrement cette question. Son fils Léo vient d’avoir 10 ans et commence à avoir ses propres envies: un jeu vidéo, une sortie avec ses copains, quelques friandises ou encore un objet repéré dans un magasin. Jusqu’ici, Antoine, père célibataire, réglait directement ses dépenses et celles de sa fille Elonie. Mais il estime désormais que son aîné peut commencer à gérer une petite somme lui-même.

Le père de famille décide donc de lui accorder les 15 euros par mois. Une somme suffisamment modeste pour limiter les conséquences d’une mauvaise décision, mais assez importante pour lui faire découvrir les premières règles de la gestion d’un budget.

« Si tu dépenses tout le premier jour, tu n’auras plus rien jusqu’à la fin du mois », lui explique Antoine. Pour la première fois, Léo doit donc arbitrer entre plusieurs envies.

Tout l’enjeu est là pour son père: faire comprendre à son fils que cette somme constitue avant tout un outil pédagogique. Avec plusieurs notions à découvrir progressivement:

  • Un budget est limité: on ne peut pas tout acheter ;
  • Chaque dépense implique un choix: acheter aujourd’hui signifie parfois renoncer à autre chose ;
  • Épargner permet de financer un projet: il faut parfois attendre pour obtenir ce que l’on souhaite.

Antoine conseille ainsi à son fils de conserver une partie de ses 15 euros. S’il met 5 euros de côté chaque mois, il aura accumulé 60 euros au bout d’un an. S’il conserve cette habitude, il pourra financer un projet plus important, comme le skateboard dont il rêve depuis longtemps.

Apprendre à distinguer envie et besoin

L’argent de poche est aussi l’occasion pour Antoine d’aborder une autre notion essentielle: la différence entre une envie et un besoin.

Au supermarché, lorsqu’un produit lui paraît trop cher, il peut expliquer à Léo pourquoi il préfère un autre produit. Lorsqu’une publicité lui donne envie d’acheter un nouveau jeu, il peut lui demander combien de temps il devra économiser pour se l’offrir.

L’objectif n’est pas d’empêcher Léo de dépenser son argent car il doit aussi apprendre qu’il est possible de se faire plaisir. Mais Antoine veut lui transmettre un réflexe: avant d’acheter, prendre le temps de se demander si la dépense en vaut réellement la peine.

Antoine peut également laisser l’enfant faire quelques erreurs. Si Léo dépense 10 euros pour un objet dont il se désintéresse rapidement, l’expérience peut être plus instructive qu’une longue leçon sur la consommation.

Cette approche devient d’autant plus importante avec la multiplication des achats dématérialisés. Une pièce retirée d’une tirelire rend la dépense très concrète, contrairement à l’achat effectué en quelques clics avec une carte bancaire ou dans un jeu vidéo.

L’école et le passeport Educfi: une base nécessaire mais insuffisante

L’éducation financière fait son entrée dans le parcours scolaire. Le Passeport EDUCFI, porté par la Banque de France, est généralisé à l’ensemble des élèves de classe de 4e depuis la rentrée 2026. Le dispositif vise notamment à familiariser les jeunes avec les notions de budget, de moyens de paiement, d’épargne et de prévention des arnaques.

Pour Antoine, c’est une évolution positive, mais elle n’est pas suffisante. Une séance théorique dispensée dans le cadre scolaire ne remplace pas les discussions concrètes et les arbitrages vécus au quotidien à la maison. C’est précisément au moment où l’enfant réclame de l’argent, compare deux articles en rayon ou hésite entre s’offrir un plaisir immédiat et garnir sa tirelire que se forge progressivement la culture financière.

La feuille de route d'Antoine: un parcours progressif de 10 à 18 ans

Pour éviter l‘écueil d’une transmission trop abstraite ou décousue, Antoine a imaginé plusieurs étapes pour accompagner Léo et Élonie en fonction de leur âge et de leur maturité:

  • À 10 ans: mise en place d’une allocation mensuelle fixe. L’enfant apprend à gérer son premier budget, à faire des choix de consommation et à épargner pour un achat qu’il souhaite réaliser.
  • À partir de 12 ans: Ouverture éventuelle d’un Livret Jeune et découverte des premiers outils bancaires. C’est l’occasion d’apprendre à suivre un solde, à utiliser progressivement les paiements numériques et à comprendre le fonctionnement des intérêts sur une épargne réglementée.
  • À 18 ans: Léo peut notamment envisager un PEA Jeune s’il remplit les conditions pour en bénéficier. Ce sera l’occasion de découvrir progressivement l’investissement en actions et les ETF, ainsi que le lien entre risque, horizon de placement et rendement potentiel.

L’assurance-vie occupe également une place particulière dans cette stratégie. Antoine a ouvert un contrat au nom de chacun de ses enfants à leur naissance. Il souhaite leur expliquer progressivement le fonctionnement du contrat, les différents supports disponibles et l’intérêt de la durée de détention. À leur majorité, ces contrats auront déjà plus de huit ans. Ils pourront donc découvrir l’un des principaux avantages fiscaux de l’assurance-vie: après huit ans, les gains compris dans les retraits bénéficient d’un abattement annuel de 4 600 euros pour une personne seule (9 200 euros pour un couple soumis à imposition commune).

Chaque produit financier devient ainsi un support d’apprentissage. Le Livret A et le Livret Jeune permettent de découvrir l’épargne, le compte bancaire sert à apprendre à gérer un budget et l’assurance-vie puis le PEA peuvent introduire progressivement les notions d’investissement et de fiscalité.

Donner les mêmes chances à Léo et à Élonie

Si Élonie, du haut de ses 5 ans, est encore trop jeune pour recevoir son propre argent de poche, Antoine est bien décidé à lui transmettre une bonne éducation financière. Il a récemment découvert que les femmes ont moins d’appétence que les hommes à l’investissement et aux placements financiers. Selon l’Autorité des marchés financiers, en 2025, 24 %(1) des femmes déclaraient investir en compte-titres, PEA, crypto-actifs ou financement participatif, contre 45 % des hommes. L’AMF relève également que seules 28 % des femmes interrogées estiment bien connaître l’épargne et les placements, contre 51 % des hommes.

Antoine souhaite ainsi donner à Élonie les mêmes clés qu’à son frère pour qu’elle puisse, à l’âge adulte, prendre elle-même ses décisions financières et construire progressivement son autonomie. Il a d’ailleurs en tête les enseignements des études de l’Insee sur la rupture conjugale: en cas de séparation ou de divorce, le niveau de vie des femmes chute en moyenne de 16 % dès la première année. Pour Antoine, apprendre à gérer son argent, comprendre les placements et savoir prendre des décisions financières constitue aussi une manière de bien préparer ses enfants aux différentes étapes de leur vie.

Une transmission construite pas à pas

À travers les différentes phases d’apprentissage imaginées pour Léo et Élonie, Antoine veut leur donner des repères pour devenir progressivement autonomes avec leur argent. Il n’ambitionne pas de faire d’eux de futurs investisseurs, mais souhaite leur permettre de comprendre leurs choix financiers, d’en mesurer les conséquences et de se construire leurs propres projets.

Argent de poche, épargne, premier compte bancaire puis découverte de l’investissement: chaque étape doit ainsi venir au bon moment, en fonction de leur âge et de leur maturité. Une façon, pour Antoine, de préparer ses enfants à gérer demain leur propre patrimoine, avec davantage de connaissances et de confiance.

1 commentaire
  • 09:44

    Très bonne éducation. Ca me rappelle les vacances avec mes 3 enfants, papa je peux avoir une glace, papa je peux avoir des bonbons, papa... Alors j'ai décide de donner 30 euros a chaque enfant pour les 15 jours de vacances pour qu'ils s’achètent ce qu'ils veulent et bien bizarement ca a changé car si l'un voulait une glace et pas les autres et bien il ne la prenait pas car son pecule diminuait. J'etait MDR


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