À la rentrée de septembre, Béatrice et Albert réévaluent leur patrimoine pour adapter épargne, retraite et projets familiaux à leurs nouvelles priorités. ( crédit photo : Getty Images/Westend61 )
Sommaire:
- Béatrice et Albert disposent d’un patrimoine confortable
- La rentrée, moment idéal pour faire le point sur son patrimoine
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Point n°1: Leur épargne de précaution est-elle vraiment suffisante? - Point n°2: Leur assurance-vie est-elle encore adaptée à leurs projets?
- Point n°3: Où en sont-ils réellement pour leur retraite?
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Point n°4: le couple peut-il encore agir sur sa fiscalité avant la fin de l’année? -
Point n°5: Leur patrimoine protège-t-il suffisamment leur famille? - La rentrée: ce moment pour prendre le temps de la réflexion
Béatrice et Albert disposent d’un patrimoine confortable
Béatrice a 47 ans et Albert 50. Mariés sous le régime de la communauté légale, ils ont deux enfants, Emma, 18 ans, qui commence ses études supérieures, et Lucas, collégien de 14 ans. La famille vit dans une maison achetée il y a onze ans. Le bien, situé à Vannes dans le Morbihan, est aujourd’hui estimé à 430.000 euros. Il reste 115.000 euros de crédit immobilier à rembourser sur les neuf prochaines années. Le prêt sera donc soldé plusieurs années avant le départ à la retraite du couple.
Côté revenus, Béatrice qui est cadre dans une entreprise de services, gagne environ 2700 euros nets par mois. Albert, cadre commercial, perçoit 3800 euros nets mensuels, avec une rémunération variable qui peut porter son revenu annuel à environ 50.000 euros. À eux deux, ils disposent donc d’environ 6500 euros de revenus mensuels moyens.
Côté financier, leur situation est plutôt saine. Ils ont épargné 32.000 euros sur différents livrets, 95.000 euros sur une assurance-vie ouverte il y a neuf ans et de 42.000 euros sur un plan d’épargne retraite (PER) alimenté régulièrement par Albert. Ils détiennent également 18.000 euros sur des comptes courants. Au total, leur patrimoine financier atteint, à date, 187.000 euros. Chaque mois, le couple épargne entre 800 et 1000 euros.
La rentrée, moment idéal pour faire le point sur son patrimoine
Jusqu’ici, le couple a épargné régulièrement, mais sans vraiment relier chaque placement à un objectif précis. Les livrets ont servi de réserve de sécurité, l’assurance-vie a été ouverte lorsque les enfants étaient plus jeunes et le PER répond à un objectif de préparation de la retraite. Avec le temps, leurs priorités ont toutefois évolué. Leur fille Emma entame ses études supérieures et leur fils Lucas intègre l’équipe régionale de Basket ball. La maison nécessite quelques travaux extérieurs… Béatrice devrait obtenir d’ici deux mois un poste avec des responsabilités plus importantes. Albert vient d’avoir 50 ans et souhaite axer ses objectifs sur la préparation de sa retraite.
Cette rentrée 2026 est particulière pour le couple. Elle ne se résume pas à la simple reprise du rythme scolaire et professionnel. C’est donc le moment qu’ils choisissent pour examiner leur situation patrimoniale avec davantage de méthode. Ils décident de faire l’inventaire de leurs avoirs, de leurs dettes et de leurs projets. Cette première étape doit leur permettre de distinguer l’épargne de précaution, les sommes destinées aux projets à moyen terme et les placements réellement consacrés à la retraite.
Le couple s’accorde pour examiner cinq sujets principaux: la trésorerie disponible, le financement des études des enfants, le remboursement du crédit immobilier, la préparation de la retraite et la transmission de leur patrimoine.
Point n°1: Leur épargne de précaution est-elle vraiment suffisante?
Première surprise: Béatrice et Albert réalisent qu’ils ont près de 50.000 euros disponibles immédiatement entre leurs livrets et comptes courants. Cette somme leur apporte une vraie sécurité. Mais une partie de cet argent dort sans objectif précis.
Le couple commence donc par déterminer combien il souhaite réellement conserver à court terme. Une épargne de précaution doit pouvoir être mobilisée rapidement en cas de dépense imprévue, de travaux importants ou de baisse temporaire des revenus. Elle n’a pas vocation à rechercher la performance à tout prix. Avec deux enfants à charge, une maison et un seul crédit immobilier, Béatrice et Albert estiment qu’une réserve de 25.000 euros leur offre un matelas suffisant. Ils décident donc de conserver cette somme sur des supports liquides et sécurisés.
Les 25.000 euros supplémentaires font, eux, l’objet d’une deuxième réflexion. Car «disponible» ne signifie pas nécessairement «sans projet». Une partie pourrait servir dans les prochaines années à financer les études d’Emma ou à aider les enfants dans leur installation. Une autre pourrait rester investie beaucoup plus longtemps.
À retenir
Un placement doit être choisi en fonction de l’horizon correspondant au projet et de la capacité de l’épargnant à supporter des fluctuations. L’épargne de précaution et l’épargne destinée à un projet de long terme n’ont donc pas nécessairement vocation à être placées de la même manière. Béatrice et Albert comprennent qu’ils commettaient jusque-là une erreur de raisonnement: ils regardaient le montant global de leur épargne plutôt que sa destination.
Point n°2: Leur assurance-vie est-elle encore adaptée à leurs projets?
Vient ensuite le cas de leur assurance-vie, ouverte il y a neuf ans, alors que leurs enfants avaient respectivement 9 et 5 ans. Le contrat affiche aujourd’hui un encours de 95.000 euros. À l’origine, le couple voulait simplement constituer une réserve pour les enfants. Mais neuf ans plus tard, la situation a changé. Emma est désormais majeure et commence ses études. Lucas aura à son tour besoin d’être accompagné dans quelques années. Parallèlement, Béatrice et Albert se rapprochent progressivement de la dernière partie de leur vie professionnelle. Les 95.000 euros n’ont donc plus une seule fonction.
Le couple examine la répartition de son contrat et constate qu’il n’a quasiment jamais modifié ses choix depuis l’ouverture. Or son horizon n’est plus le même qu’il y a neuf ans. Cette étape est importante: faire le point sur son patrimoine ne consiste pas seulement à vérifier combien chaque placement a rapporté. Il faut aussi se demander pourquoi l’argent est investi et quand il pourrait être utilisé.
Béatrice et Albert décident ainsi de distinguer deux poches au sein de leur assurance-vie. Pour les projets de leurs enfants, ils affectent 60.000 euros au financement des études et du logement d’Emma, inscrite dans une école de commerce à Nantes, puis de Lucas, qui devrait commencer ses études supérieures dans quatre ans. Ils répartissent cette somme entre 40.000 euros sur le fonds en euros, un support sécurisé, et 20.000 euros en unités de compte (UC), investies progressivement sur des supports plus dynamiques, avec un horizon d’au moins huit ans.
Quant aux 35.000 euros restants, ils les flèchent vers la préparation de leur retraite. Ils n’en auront pas besoin avant une quinzaine d’années. Ils choisissent d’en investir 60%, soit 21.000 euros, sur des unités de compte diversifiées, et de conserver les 40% restants, soit 14.000 euros, sur un support plus sécurisé. Ils décident également de consacrer les 25.000 euros excédentaires de leurs comptes courants à cet objectif. Ils privilégient cette fois des unités de compte plus dynamiques, investies principalement sur les marchés actions. Plus risquée, cette stratégie vise une performance supérieure sur le long terme, en contrepartie d’un risque de perte en capital plus élevé.
Cette répartition leur permet de rechercher davantage de potentiel de rendement tout en limitant le risque de devoir vendre une partie de leurs placements au mauvais moment.
À noter
Béatrice et Albert ne modifient pas l’ensemble de l’allocation de leur contrat d’assurance-vie. Ils vérifient surtout que sa répartition correspond à leurs objectifs et à leur profil de risque, puis prévoient un point annuel pour la rééquilibrer.
Point n°3: Où en sont-ils réellement pour leur retraite?
La troisième étape concerne le PER d’Albert. Depuis plusieurs années, il verse 300 euros par mois sur ce placement. L’encours atteint désormais 42.000 euros. Albert pense partir à la retraite autour de 64 ou 65 ans. Il lui reste donc une quinzaine d’années pour constituer un complément de revenus, dans l’intérêt de toute la famille.
Premier réflexe: Albert regarde ses relevés de carrière et ses droits futurs, afin d’avoir une idée de la pension qu’il peut raisonnablement attendre du système obligatoire. Il découvre que sa pension estimée atteint 2400 euros. Or il souhaite disposer de 3200 euros par mois à la retraite. Il lui faudrait donc environ 800 euros supplémentaires par mois pour atteindre cet objectif.
Pour se constituer un capital permettant de financer ce complément sur une vingtaine d’années, il retient un objectif d’environ 200.000 euros à 65 ans. Avec son capital actuel de 42.000 euros et des versements de 300 euros par mois, il pourrait atteindre environ 150.000 euros, sur la base d’une hypothèse raisonnable d’un taux de rendement à 4% par an. Insuffisant. Albert poursuit ses calculs et comprend que pour atteindre son objectif de 200.000 euros dans 15 ans, il doit porter ses versements à 500 euros par mois. Il décide donc d’augmenter son effort d’épargne dès ce mois de septembre.
À noter
Les versements volontaires effectués sur un PER peuvent être déduits du revenu imposable, dans la limite du plafond de déduction disponible.
L’opération lui paraît bénéfique: sur une année pleine, Albert pourra bénéficier d’une économie d’impôts de 1800 euros, contre 1080 euros précédemment, compte tenu qu’il est imposé sur la base d’un taux marginal d’imposition de 30%.
Point n°4: le couple peut-il encore agir sur sa fiscalité avant la fin de l’année?
En faisant ce point complet de rentrée, Béatrice et Albert ont sous les yeux un document essentiel: leur dernier avis d’impôt. Ils constatent que leurs revenus ont progressé depuis quelques années. Albert perçoit davantage de rémunération variable et Béatrice a bénéficié de plusieurs augmentations. Au final, ils paient chaque année plus d’impôt. Le couple se demande alors s’il est possible d’y remédier. La rentrée constitue un bon moment pour cette réflexion parce que les mois qui restent avant le 31 décembre permettent encore d’anticiper certaines opérations fiscales.
Premier axe évident: le PER. Un versement réalisé avant la fin de l’année peut, sous réserve du respect des conditions et du plafond disponible, être pris en compte pour la déduction fiscale au titre de cette année. Albert vérifie son plafond de déduction fiscale: il peut, en plus des versements mensuels de l’année, déduire 6000 euros cette année. Une telle somme lui permettrait de déduire 1800 euros supplémentaires de ses revenus. D’un commun accord avec sa femme, il décide donc de verser cette somme avant la fin de l’année, pour profiter de cet avantage fiscal.
Béatrice et Albert ne s’arrêtent pas là. Ils vérifient également leurs dépenses ouvrant éventuellement droit à des réductions ou crédits d’impôt. L’objectif n’est pas de multiplier les opérations défiscalisantes. Néanmoins, ils réalisent qu’ils pourraient déléguer des travaux réalisés dans le jardin, comme la tonte de la pelouse, le débroussaillage ou le désherbage. Lorsqu’ils sont effectués dans le cadre des services à la personne, ils permettent de réduire le montant de l’impôt sur le revenu.
Point n°5: Leur patrimoine protège-t-il suffisamment leur famille?
En examinant leur patrimoine, Béatrice et Albert constatent qu’ils ont surtout pensé à accumuler. Ils se sont moins préoccupés de ce qui se passerait si l’un d’eux disparaissait prématurément. Le couple vérifie donc les bénéficiaires désignés sur son assurance-vie et le PER d’Albert. Le sujet est souvent négligé après l’ouverture d’un contrat alors que la situation familiale peut avoir évolué.
Ils se penchent également leur régime matrimonial, leurs dispositions éventuelles en cas de décès et la manière dont leur patrimoine serait réparti entre le conjoint survivant et les enfants. L’objectif n’est pas nécessairement de modifier immédiatement leur organisation juridique, mais de repérer d’éventuels écarts entre ce qu’ils pensent avoir prévu et ce que produiraient réellement les règles successorales. La situation d’Emma attire aussi leur attention. Le couple souhaite l’aider à construire son propre patrimoine, sans compromettre ses propres projets.
Béatrice et Albert comprennent que la transmission ne commence pas forcément au moment où l’on rédige un testament ou effectue une donation. Elle peut être préparée progressivement, en fonction des projets de chaque enfant et de la capacité financière des parents. Ils décident de prendre le temps d’approfondir le sujet avec un professionnel.
La rentrée: ce moment pour prendre le temps de la réflexion
Après ces quelques heures de réflexion, Béatrice et Albert disposent désormais d’une feuille de route. Ils conservent 25.000 euros d’épargne de précaution. Ils distinguent mieux l’argent destiné aux enfants de celui destiné à leur retraite. Ils vérifient la répartition de leur assurance-vie et poursuivent leurs versements sur leur PER, tout en étudiant l’intérêt d’un complément avant la fin de l’année. Ils contrôlent leur situation fiscale et commencent à s’intéresser plus sérieusement à la protection du conjoint et à la transmission. Pour Béatrice et Albert, cette rentrée marque finalement moins le début d’une nouvelle stratégie que celui d’une nouvelle habitude: prendre chaque année le temps de regarder leur patrimoine dans son ensemble, avant de décider s’il faut changer quelque chose.
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