Rachats programmés sur assurance-vie : comment se créer une rente sans tout liquider ?
information fournie par Boursorama avec LabSense 28/02/2026 à 08:30

Comment tirer des revenus de son assurance-vie sans mettre fin à son contrat ni retirer tout son capital d’un coup ? Les rachats programmés apportent une réponse concrète à cette question. Ce dispositif permet de percevoir des sommes régulières tout en laissant le reste de l’épargne investi, avec à la clé souplesse et liberté d’ajustement. Explications.

Rachats programmés sur assurance-vie : comment se créer une rente sans tout liquider ? / iStock.com - Charnchai

Mettre en place des rachats réguliers sans clôturer son contrat

Les rachats programmés consistent à organiser des retraits partiels automatiques sur son assurance-vie. Concrètement, l’épargnant fixe à l’avance un montant et une périodicité, par exemple tous les mois ou tous les trimestres. Le contrat, lui, continue d’exister. Seule une fraction de l’épargne est versée, tandis que le reste demeure investi. Ce dispositif peut être activé à la souscription ou en cours de vie du contrat, selon les modalités prévues par l’assureur. Il n’entraîne en principe pas de frais spécifiques, même si certaines conditions peuvent encadrer son fonctionnement. Il est donc essentiel de vérifier le montant minimal exigé pour chaque retrait et la possibilité de modifier ou de suspendre les versements programmés. Ainsi, les rachats programmés transforment progressivement une épargne accumulée en complément de revenus, sans pour autant liquider l’intégralité du capital.

Une souplesse précieuse pour piloter ses revenus

L’un des principaux atouts des rachats programmés réside dans la liberté qu’ils offrent. En effet, l’épargnant conserve la maîtrise de son capital. Il peut ajuster le montant des retraits en fonction de ses besoins, les interrompre temporairement ou les reprendre plus tard. Cette flexibilité est particulièrement utile à la retraite, lorsque les dépenses évoluent. Par exemple, une fois un crédit immobilier remboursé, il est possible de réduire les retraits. À l’inverse, des frais de santé ou une aide à domicile peuvent justifier une augmentation temporaire du complément de revenu. Contrairement à une rente viagère, le capital non retiré reste disponible. Et en cas de décès, les sommes restantes sont transmises aux bénéficiaires désignés dans le contrat, selon le cadre fiscal propre à l’assurance-vie.

Une fiscalité identique aux rachats partiels

Sur le plan fiscal, les rachats programmés obéissent aux mêmes règles que les rachats partiels classiques. Ainsi, chaque somme versée comprend une part de capital et une part de gains. Seule la fraction correspondant aux intérêts et aux plus-values est soumise à l’impôt. Le capital initialement versé n’est pas taxé. L’imposition dépend notamment de l’ancienneté du contrat et de la date des versements. Après huit ans, un abattement annuel s’applique sur la part de gains retirée, dans la limite de 4 600 euros pour une personne seule et 9 200 euros pour un couple soumis à imposition commune. Au-delà, les gains peuvent être soumis au prélèvement forfaitaire unique ou, sur option, au barème de l’impôt sur le revenu. En programmant ses retraits, l’épargnant peut étaler ses revenus dans le temps et, dans certains cas, optimiser l’usage de cet abattement annuel.

Un équilibre à trouver pour éviter d’épuiser son épargne

Pour autant, les rachats programmés ne garantissent pas un revenu à vie. Le montant et la durée des versements dépendent directement du capital disponible et de l’évolution des marchés financiers, lorsque le contrat comporte des supports en unités de compte. Si les performances sont favorables et que les retraits restent mesurés, l’épargne peut continuer à produire des rendements et durer dans le temps. En revanche, des retraits trop élevés ou une conjoncture défavorable peuvent accélérer l’érosion du capital. L’épargnant doit alors ajuster le montant perçu ou accepter que les versements cessent une fois l’épargne épuisée.