Assurance-vie : doit-on préférer la rente viagère ? information fournie par Boursorama avec LabSense 10/02/2026 à 08:30
Transformer le capital en revenus réguliers
Pendant toute la durée d'une assurance-vie, le souscripteur a la possibilité de décider d'une sortie partielle du capital (pour un besoin financier spécifique) ou d'une sortie totale, entraînant la clôture du contrat. Mais que se passe-t-il à l'échéance du contrat ? Deux options de sortie s'offrent à son titulaire : percevoir l'intégralité de la somme placée (épargne et intérêts) ou transformer ce capital en rente viagère, qui permet au souscripteur de percevoir un revenu régulier garanti jusqu'à son décès. Le capital est alors cédé à l'assureur, qui s'engage à lui verser en échange un versement à vie, dont la périodicité est définie préalablement. La conversion en rente viagère est basée sur un calcul qui prend en compte différents facteurs : âge du souscripteur, espérance de vie, montant du capital et taux d'intérêt du moment. La règle de base est que plus le souscripteur est jeune, plus la rente annuelle sera faible. Ce type de placement prend différentes formes : la rente viagère simple (revenu versé seulement au souscripteur), la rente réversible (transfert possible de tout ou partie au conjoint survivant en cas de décès), et la rente avec annuités garanties (versement minimum pendant une période déterminée, y compris en cas de décès prématuré du bénéficiaire).
Les avantages de la rente viagère
Ses avantages sont attractifs pour les épargnants qui visent une sécurité financière à long terme plutôt qu'un placement rentable. Elle offre en effet un revenu stable et régulier à vie, ressenti comme sécurisant par certains profils d'épargnants, à plus forte raison dans un contexte économique fragile et fluctuant. Autres atouts de la rente viagère : une fiscalité intéressante et une gestion simplifiée. Seule une partie de la rente est imposable en fonction de l'âge du souscripteur au moment de la conversion : 70 % d'imposition si moins de 50 ans, 50 % de 50 à 59 ans, 40 % de 60 à 69 ans, 30 % si plus de 70 ans. Cette fraction reste fixe pendant toute la durée de la rente. Quant à sa gestion, c'est l'assureur qui s'en charge, ce qui simplifie la tâche des épargnants. La rente peut aussi proposer des garanties supplémentaires, qui permettent de s'adapter aux besoins spécifiques de l'épargnant (exemple : réversibilité au profit du conjoint).
Les inconvénients de la rente viagère
La rente viagère présente aussi des inconvénients, notamment son manque de flexibilité. L'assureur devenant le seul détenteur de l'épargne, elle est irrévocable et aucun rachat (même partiel) n'est plus possible. C'est ce qu'on appelle l'"aliénation de l'épargne". Sa faible rentabilité, accentuée par les frais de gestion prélevés par les assureurs, est un autre inconvénient, la rendant peu attractive pour certains profils d'épargnants. Un autre inconvénient majeur est que l'épargne accumulée ne peut pas être transmise aux héritiers. Seule la souscription d'une rente réversible ou d'une garantie d'annuités permet de le faire. En optant pour une rente réversible, les revenus versés régulièrement reviennent de droit au bénéficiaire, le plus souvent le conjoint ou le partenaire. Mais cet avantage a une contrepartie : l'assureur évalue (à partir de statistiques très optimistes) le risque de poursuivre les versements après le décès du souscripteur, ce qui peut diminuer le montant de la rente initiale. L'intérêt de la rente viagère est donc basé sur la durée de vie potentielle du souscripteur : elle est peu avantageuse pour une personne dont l'espérance de vie est réduite, mais elle s'avère en revanche intéressante pour un souscripteur qui vit plus longtemps que prévu, et qui continuera à percevoir ses versements. Pour résumer, le choix d'une option de sortie d'assurance-vie en rente viagère dépendra de son profil et de ses objectifs. Il convient donc de bien s'informer et de prendre le temps de la réflexion.