Succession : quelles règles quand un mineur hérite d’un patrimoine ? information fournie par Boursorama avec LabSense 11/08/2026 à 08:30
Un mineur peut hériter de tout un patrimoine
En droit français, l’âge ne constitue pas un obstacle pour devenir héritier. Ainsi, un enfant mineur peut recevoir une succession en application des règles légales ou parce qu’il a été désigné dans un testament. Il peut donc hériter d’une partie des biens, mais aussi de l’intégralité du patrimoine du défunt lorsqu’aucune règle successorale ne s’y oppose. Le transfert des biens intervient dès l’ouverture de la succession. Pour autant, cette transmission ne signifie pas que le jeune héritier puisse disposer librement de son patrimoine. Il devient bien propriétaire des biens hérités, mais leur gestion est confiée à ses représentants légaux jusqu’à sa majorité ou jusqu’à son émancipation.
Les représentants légaux administrent les biens hérités
En raison de son incapacité juridique, un mineur ne peut pas administrer seul son patrimoine. Cette mission revient généralement à ses parents, qui exercent l’autorité parentale, ou à un tuteur lorsque la situation l'impose. Ils assurent la gestion courante des biens dans le seul intérêt de l'enfant. Cette administration reste toutefois strictement encadrée. En effet, les représentants légaux peuvent accomplir les actes de gestion habituels, mais les décisions les plus importantes sont soumises à un contrôle judiciaire. Par exemple, la vente d'un bien immobilier ou certaines opérations susceptibles d'avoir des conséquences importantes sur le patrimoine ne peuvent être réalisées sans autorisation lorsque la loi l'exige.
L'acceptation de la succession est également encadrée
Recevoir une succession peut aussi signifier hériter de dettes. C'est pourquoi le choix d'accepter ou de refuser un héritage ne peut pas être effectué par un mineur lui-même. Cette décision est prise par son représentant légal, selon des règles précises destinées à préserver ses intérêts. L'acceptation pure et simple, qui engage l'héritier sur l'ensemble des dettes du défunt, nécessite notamment l'autorisation du juge lorsque l'enfant est représenté par ses parents. Si le mineur est sous tutelle, l'accord du conseil de famille ou du juge est généralement requis, sauf lorsque l'actif de la succession est manifestement supérieur au passif et qu'une attestation du notaire le confirme. À l'inverse, l'acceptation à concurrence de l'actif net offre une protection supplémentaire. Dans ce cas, les dettes du défunt ne peuvent être réglées que dans la limite de la valeur des biens hérités, ce qui évite que le patrimoine personnel du mineur soit engagé.
Une protection renforcée en cas de conflit d'intérêts
La loi prévoit également des garanties lorsque les intérêts du mineur risquent de s'opposer à ceux de son représentant légal. Une telle situation peut notamment se présenter lorsque le parent et l'enfant sont tous deux héritiers d'une même succession. Dans ce cas, le juge peut désigner un administrateur ad hoc chargé de représenter exclusivement le mineur pendant toutes les opérations liées à la succession. Lorsque l'enfant est placé sous tutelle, cette mission peut revenir au subrogé tuteur. L'objectif est de garantir que chaque décision soit prise dans l'intérêt exclusif du jeune héritier, jusqu'à ce qu'il acquière, à sa majorité, la pleine capacité de gérer librement le patrimoine reçu.