Produits structurés : vers une information plus claire pour les particuliers information fournie par Mingzi 09/02/2026 à 08:30
Placements financiers, les produits structurés séduisent beaucoup d'épargnants. Mais leur complexité peut brouiller les repères. Face aux interrogations des épargnants, l'Autorité des marchés financiers publie une étude pour améliorer la clarté des informations et favoriser un choix éclairé.
Les produits structurés occupent aujourd'hui une place importante dans l'épargne des particuliers en France. Souvent présentés comme des solutions de diversification, parfois assorties d'une protection partielle du capital, ils restent pourtant difficiles à comprendre pour le grand public. Consciente de cet enjeu, l'Autorité des marchés financiers (AMF) vient de publier une étude issue d'un groupe de travail réunissant plusieurs de ses commissions consultatives. Objectif : améliorer la lisibilité et la compréhension des informations fournies aux épargnants lors de la commercialisation de ces produits.
Pourquoi les produits structurés posent question
Les produits structurés sont des placements financiers dont le rendement dépend de l'évolution d'un élément de référence – par exemple un indice boursier ou un panier d'actions. Leur fonctionnement repose sur des mécanismes parfois complexes : remboursement anticipé automatique (« auto-call »), barrières de protection, coupons conditionnels, ou encore mécanismes de « décrément ».
Si la réglementation européenne impose déjà la remise d'un Document d'Informations Clés (DIC), l'AMF constate que les documents commerciaux, souvent longs et techniques, peuvent rester difficiles d'accès pour un épargnant non spécialiste. Résultat : un risque de mauvaise compréhension, notamment sur la durée réelle du placement, les risques de perte en capital ou l'impact des frais.
Mieux répondre aux questions que se posent les épargnants
Le groupe de travail de l'AMF a analysé de nombreuses brochures commerciales et identifié des bonnes pratiques concrètes. Parmi elles, une idée simple mais structurante : organiser l'information autour des questions que se pose naturellement un épargnant. Par exemple : Quelle est la durée maximale de mon placement ? Puis-je perdre de l'argent ? Dans quels cas suis-je rémunéré ? Puis-je récupérer mon capital avant l'échéance ?
L'étude recommande de regrouper, dès les premières pages, les caractéristiques essentielles du produit : durée, niveau de protection du capital, conditions de rendement, barrières, et frais. Le tout dans un langage clair, en évitant le jargon financier ou en l'expliquant.
Clarifier des notions techniques clés
Certaines notions sont particulièrement sources de confusion. C'est le cas du terme « sous-jacent », que l'AMF encourage à expliquer plus simplement comme une « référence » ou une « indexation ». Autre point sensible : les simulations de performances passées, qui ne doivent pas laisser croire qu'elles préjugent des résultats futurs.
Le mécanisme de « décrément », très répandu, fait également l'objet d'une attention particulière. L'étude insiste sur la nécessité d'expliquer clairement son fonctionnement et son impact réel sur la performance du produit, notamment lorsque le décrément est calculé en points, ce qui peut amplifier les pertes en cas de baisse des marchés.
Vers un conseil plus éclairé
Enfin, l'AMF rappelle que la qualité de l'information ne suffit pas : encore faut-il qu'elle soit bien expliquée. L'étude souligne l'importance de la formation des conseillers et du respect des règles de gouvernance des produits, afin que chaque placement proposé corresponde réellement au profil et aux objectifs de l'épargnant.
Sans créer de nouvelle réglementation, cette publication marque une étape importante. Elle s'inscrit dans une démarche de pédagogie et de transparence, au service d'une épargne plus compréhensible et plus responsable.