Pension de retraite : le montant que les femmes devraient épargner dès 35 ans pour réduire l’écart avec les hommes information fournie par aufeminin 07/05/2026 à 17:00
À la retraite, les inégalités de carrière se paient souvent cher. Un montant d’épargne donne une idée de l’effort nécessaire pour les limiter.
L’écart de pension entre les femmes et les hommes reste l’une des inégalités les plus tenaces de la vie financière. Il ne se voit pas toujours au moment où il se creuse, pendant les années de travail, les temps partiels, les congés liés aux enfants ou les carrières ralenties. Mais il apparaît nettement au moment de la retraite. Selon l’Insee, les pensions de retraite des femmes restent inférieures de 31 % à celles des hommes, une fois tous les éléments de pension pris en compte. L’écart est encore plus marqué lorsque l’on regarde les seuls droits directement acquis au cours de la carrière.
Retraite des femmes : un écart construit tout au long de la vie active
Cette différence ne vient pas d’un seul facteur. Elle résulte d’un empilement de petites fractures qui finissent par peser lourd : salaires plus faibles, carrières plus souvent interrompues, périodes de temps partiel, progression professionnelle moins linéaire, congés parentaux, mais aussi répartition encore inégale des charges familiales. Même lorsque les règles de retraite prévoient des mécanismes de compensation, notamment liés aux enfants ou aux pensions de réversion, elles ne suffisent pas toujours à effacer l’écart. La Drees indiquait encore que les femmes percevaient, en 2023, une pension de droit direct inférieure de 38 % à celle des hommes.
Face à ce constat, une simulation permet de mesurer l’effort nécessaire : en plaçant environ 200 euros par mois dès 35 ans, avec une hypothèse de rendement annuel de 5 %, une femme pourrait constituer un capital proche de 160 000 euros à 65 ans. Ce chiffre doit toutefois être lu avec prudence : il ne s’agit ni d’une garantie, ni d’un montant officiel valable pour toutes les situations, mais d’un ordre de grandeur fondé sur une hypothèse de rendement.
Le temps, un levier essentiel pour préparer sa retraite
L’intérêt de commencer tôt tient au mécanisme des intérêts composés. Plus l’argent est placé longtemps, plus les gains produits par l’épargne peuvent eux-mêmes générer de nouveaux gains. C’est ce qui rend l’effort moins brutal lorsqu’il débute autour de 35 ans. Attendre 40 ou 45 ans oblige généralement à augmenter les versements mensuels pour viser le même capital. Autrement dit, le temps devient un allié aussi important que le montant versé. Cette logique ne gomme pas l’injustice de départ, mais elle permet de mieux comprendre pourquoi la préparation de la retraite ne devrait pas attendre les dernières années de carrière.
Reste que 200 euros par mois représentent une somme importante pour beaucoup de femmes, notamment celles qui subissent déjà des revenus plus faibles, des charges familiales élevées ou une instabilité professionnelle. Présenter l’épargne comme une solution miracle serait donc trompeur. Elle peut aider à réduire l’écart, mais elle ne remplace pas les enjeux collectifs : égalité salariale, évolution des carrières, meilleure répartition du temps parental, accès aux postes mieux rémunérés. La retraite reflète souvent toute une vie professionnelle. Si les inégalités se forment dès l’emploi, elles ne peuvent pas être corrigées uniquement à la fin du parcours.
PER, assurance-vie, épargne salariale : des options à comparer
Pour celles qui peuvent mettre de l’argent de côté, le choix du support compte autant que la régularité. Le Plan d’épargne retraite peut être adapté à un objectif de long terme, avec un cadre conçu pour préparer la fin de carrière. L’assurance-vie offre davantage de souplesse, notamment pour diversifier les placements ou récupérer son épargne dans certaines conditions. L’épargne salariale, lorsqu’elle existe, peut aussi devenir intéressante grâce aux abondements de l’employeur. L’immobilier locatif peut compléter une stratégie, mais il demande plus de capital, de gestion et de prudence. Le bon choix dépend toujours du profil, de l’âge, des revenus et du niveau de risque accepté.
Le chiffre de 200 euros par mois a donc surtout le mérite de rendre visible un problème souvent abstrait. Il montre qu’un écart de pension ne se résume pas à quelques dizaines d’euros perdus au moment de la retraite, mais à un manque à gagner qui peut se compter en dizaines de milliers d’euros sur la durée. Toutes les femmes ne pourront pas épargner ce montant, et toutes n’en auront pas forcément besoin. Mais se poser la question dès 35 ans permet au moins de reprendre la main sur une partie du sujet : vérifier ses droits, anticiper ses choix de carrière, ouvrir une épargne adaptée et éviter que l’écart ne se découvre trop tard.