PEA, immobilier, épargne salariale : ce qui fait bondir les litiges information fournie par Mingzi 18/09/2026 à 08:19
PEA difficiles à transférer, épargne salariale, SCPI, financement participatif … Les épargnants ont été beaucoup plus nombreux à solliciter le médiateur de l'Autorité des marchés financiers en 2025. Une hausse spectaculaire qui raconte aussi les transformations et les tensions du monde de l'investissement.
Une année record pour la médiation
Quand un particulier rencontre un litige avec un professionnel de la finance, la justice n'est pas toujours le seul recours. Le médiateur de l'Autorité des marchés financiers (AMF) peut intervenir gratuitement pour tenter de trouver une solution amiable, dès lors que le différend relève de son champ de compétence.
En 2025, ce service a rarement été aussi sollicité : 3.010 dossiers ont été reçus, soit 37 % de plus qu'en 2024, tandis que 2.772 dossiers ont été traités et clos, en hausse de 41 %. Et le mouvement ne faiblit pas : au premier semestre 2026, les nouvelles demandes progressaient encore de 31 % sur un an.
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Cette activité soutenue allonge logiquement les délais : pour les dossiers instruits jusqu'à une proposition du médiateur, la procédure a duré en moyenne près de quatre mois et demi en 2025.
Le transfert de PEA, principal point de friction
Le plan d'épargne en actions (PEA) arrive largement en tête des litiges. Le nombre de dossiers clos a bondi de 185 en 2024 à 462 en 2025, soit une hausse de 150 %. Près des trois quarts concernent le transfert d'un PEA d'un établissement financier à un autre.
L'arrivée de nouveaux acteurs européens proposant des PEA en France a contribué à multiplier les demandes de transfert. Or, différences de procédures, délais importants ou titres non acceptés par le nouvel établissement ont parfois compliqué l'opération.
Autre sujet sensible : l'épargne salariale. Avec 252 dossiers traités en 2025, contre 174 un an plus tôt, elle reste l'un des grands motifs de saisine. Les difficultés concernent notamment les demandes de déblocage anticipé de l'épargne et l'affectation des primes de participation ou d'intéressement.
Immobilier : les difficultés se répercutent sur les épargnants
Le retournement du marché immobilier se retrouve également dans les dossiers du médiateur. Les litiges liés aux SCPI, ces placements permettant d'investir indirectement dans l'immobilier, ont augmenté de 41 %, avec 199 dossiers traités. Les épargnants contestent notamment l'allongement des délais pour récupérer leur investissement ou le conseil qui leur avait été fourni lors de la souscription.
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Le financement participatif, souvent lié à des projets immobiliers, connaît une poussée encore plus impressionnante : 117 dossiers reçus en 2025 contre 32 en 2024. Retards de paiement et parfois pertes en capital alimentent les réclamations.
Une médiation qui aboutit souvent
Malgré cette pression, la médiation conserve une forte capacité à rapprocher les parties : 888 propositions de solution ont été rendues en 2025 et le taux d'adhésion global atteint 92 %. Lorsque le médiateur donne raison, au moins en partie, à l'épargnant, la solution peut prendre la forme de l'exécution d'une opération ou d'une indemnisation. Au total, 621.274 euros d'indemnisations ont été obtenus en 2025.
Un résultat qui rappelle l'utilité d'un dispositif souvent méconnu : face à un problème financier parfois technique et anxiogène, le dialogue peut encore permettre de sortir d'un litige sans passer par le tribunal.