Mon combat de 2026 : contribuer à mettre fin à l’ignorance financière des français information fournie par TRIBUNE LIBRE 20/05/2026 à 09:20
Pendant longtemps, l'éducation financière a été considérée comme un sujet marginal. Une compétence utile pour les professionnels de la finance, mais rarement présentée comme une connaissance essentielle pour le grand public.
Une grande absente des programmes scolaires en France, alors qu'il s'agit d'une matière obligatoire dès le plus jeune âge dans certains pays, notamment en Europe du Nord.
Mais cette perception est en train de changer.
Inflation, transformations du système de retraite, digitalisation de l'investissement : de plus en plus de particuliers réalisent que comprendre les mécanismes financiers n'est plus un luxe intellectuel, mais une nécessité.
Une génération entière qui découvre l'investissement
Un phénomène nouveau est en train d'émerger. Les marchés financiers ne sont plus réservés à une minorité d'initiés.
Les acteurs digitaux ont profondément transformé l'accès à l'investissement. Ouvrir un compte d'investissement, acheter un ETF ou investir dans une action internationale peut aujourd'hui se faire en quelques minutes depuis son smartphone.
Cette transformation a permis l'arrivée d'une nouvelle génération d'investisseurs. Selon les derniers chiffres de l'Autorité des marchés financiers (AMF), l'intérêt pour l'investissement progresse fortement, notamment chez les jeunes.
L'investissement devient progressivement un sujet de discussion courant, que ce soit sur les réseaux sociaux, dans les médias ou entre particuliers.
De plus en plus de médias traditionnels couvrent ce sujet, et un vaste mouvement de « finfluenceurs » se diffuse pour démocratiser la connaissance financière.
Un accès qui reste inégal
Cette démocratisation du savoir financier reste (très) imparfaite.
Certaines catégories de la population restent encore largement sous-représentées parmi les investisseurs. D'après l'AMF, en France, moins d'une femme sur quatre déclare aujourd'hui investir, contre près d'un homme sur deux.
Ce décalage ne s'explique pas uniquement par une moindre capacité économique à investir. Et plusieurs analyses montrent que les investisseuses, souvent plus disciplinées et orientées vers le long terme et obtiennent en moyenne de meilleures performances que les investisseurs.
Le véritable obstacle reste souvent la confiance dans ses connaissances financières. C'est précisément là que l'éducation financière joue un rôle déterminant.
Comprendre avant d'investir
Se former aux bases de la finance ne signifie pas devenir un expert des marchés et passer 8 heures par jour à gérer ses investissements.
Il s'agit avant tout d'acquérir quelques repères essentiels : comprendre la différence entre épargne et investissement, identifier les principaux types d'actifs, appréhender la notion de risque et de diversification.
La plupart des investisseurs expérimentés ont d'ailleurs commencé de manière très progressive, avec des montants modestes et un horizon de long terme. L'important n'est pas de chercher la performance immédiate, mais de construire une stratégie cohérente dans le temps.
Une révolution silencieuse
La démocratisation des connaissances est probablement l'une des transformations les plus importantes des prochaines années pour le secteur financier.
Jamais l'accès aux marchés n'a été aussi simple et jamais l'information financière n'a été aussi accessible. Je crois profondément que le mouvement d'éducation financière en France est lancé et que plus rien ne l'arrêtera.
Mais cette évolution ne produira pleinement ses effets que si elle s'accompagne d'un effort collectif : banques, fintechs, médias, créateurs de contenu, citoyens, etc. Nous sommes tous concernés.
L'enjeu est de permettre à chacun de mieux comprendre les principaux mécanismes économiques et financiers. Parce que comprendre cela, c'est détenir la clé permettant de construire son patrimoine, ses projets et donc d'être libre.
Richard Michaud – Créateur du média Inside Banking (YouTube, Podcast, Newsletter)