Livret A : son plafond pourrait bientôt grimper, voici ce que cela changerait pour votre épargne information fournie par aufeminin 11/09/2026 à 17:00
Après plus de dix ans sans changement, le plafond du Livret A pourrait être relevé. Une évolution qui ne profiterait toutefois pas de la même façon à tous les épargnants.
C’est une limite que des millions d’épargnants connaissent bien : une fois 22 950 euros versés sur un Livret A, il n’est plus possible de l’alimenter, même si les intérêts continuent ensuite de faire progresser son solde. Ce plafond, inchangé depuis 2013, pourrait toutefois évoluer. La ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, a proposé début septembre de le porter à 30 000 euros. L’idée n’a, pour l’heure, pas été adoptée, mais elle pourrait offrir davantage de marge à certains détenteurs de ce placement incontournable.
7 050 euros de dépôt supplémentaire : quel gain à la clé ?
Pour les épargnants qui ont déjà rempli leur Livret A, le changement serait très concret. Un plafond fixé à 30 000 euros permettrait de déposer 7 050 euros supplémentaires sans changer de produit d’épargne. À son taux actuel de 1,7 %, appliqué depuis le 1er août 2026, cette somme produirait 119,85 euros d’intérêts sur une année complète. Un Livret A alimenté à hauteur de 30 000 euros rapporterait ainsi théoriquement 510 euros par an, contre 390,15 euros avec le plafond actuel. Les intérêts restent, dans les deux cas, totalement exonérés d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux.
Ces montants constituent néanmoins une estimation maximale. Le relèvement du plafond ne ferait pas automatiquement gagner davantage d’argent à tous les détenteurs d’un Livret A. Un épargnant disposant de 5 000 ou 15 000 euros sur son compte ne verrait pas sa rémunération augmenter simplement parce que la limite autorisée serait relevée. Pour profiter de cette capacité supplémentaire, il faudrait disposer d’un livret déjà proche de son plafond et surtout avoir 7 050 euros supplémentaires à y placer. Le rendement réel dépendrait également de la date des versements, puisque les intérêts du Livret A sont calculés par quinzaine.
Jusqu’à 10 milliards d’euros mobilisés pour le climat
L’objectif de la proposition dépasse cependant la seule rémunération des particuliers. Monique Barbut souhaite utiliser l’épargne supplémentaire collectée pour accélérer l’adaptation de la France au changement climatique. Selon les estimations avancées par son ministère, porter le plafond à 30 000 euros pourrait permettre de mobiliser jusqu’à 10 milliards d’euros par an. Ces ressources pourraient notamment servir à financer, sous forme de prêts de long terme, l’isolation de bâtiments publics ou encore des équipements permettant aux hôpitaux de mieux faire face aux fortes chaleurs.
Ce mécanisme s’appuierait sur une fonction que le Livret A remplit déjà aujourd’hui. Une partie des sommes qui y sont déposées est centralisée dans le fonds d’épargne géré par la Caisse des dépôts et consignations. Cet argent contribue notamment au financement du logement social et du renouvellement urbain. Le gouvernement pourrait donc chercher à élargir cette logique à de nouveaux investissements liés à l’adaptation climatique. Pour l’épargnant, rien ne changerait en revanche sur deux caractéristiques essentielles du placement : l’argent resterait disponible à tout moment et les intérêts conserveraient leur avantage fiscal.
Une mesure surtout avantageuse pour les livrets déjà remplis
L’idée ne fait pourtant pas l’unanimité. La Fédération bancaire française s’est opposée à un nouveau relèvement du plafond, estimant qu’il risquerait de concentrer encore davantage d’épargne sur un produit liquide et garanti plutôt que sur des placements de plus long terme susceptibles de financer les entreprises. La Caisse des dépôts serait, à l’inverse, favorable au projet. Ce débat rappelle que modifier le plafond du Livret A ne concerne pas uniquement les ménages : une collecte supplémentaire de plusieurs milliards d’euros pourrait également modifier la répartition de l’épargne dans le système financier.
Pour l’instant, les épargnants ne peuvent donc pas verser davantage : le plafond demeure fixé à 22 950 euros pour les particuliers, hors intérêts capitalisés. Mais si la proposition aboutissait, elle offrirait une nouvelle possibilité à ceux qui cherchent à conserver davantage d’épargne sur un support simple, disponible et défiscalisé. Le bénéfice serait surtout sensible pour les détenteurs dont le livret est déjà plein et qui disposent encore de liquidités. Pour les autres, ce relèvement changerait peu de choses dans l’immédiat : le rendement continuerait avant tout à dépendre du montant réellement déposé et de l’évolution future du taux du Livret A.