Livret A, LEP, LDDS… voici les nouveaux taux de février 2026 information fournie par BFG Capital 07/02/2026 à 08:10
On y est ! Les taux des principaux produits d'épargne réglementée évoluent à la baisse. Dès le 1er février, le Livret A et le LDDS passent à 1,5%, contre 1,7% auparavant.
Dans un contexte d'inflation retombée à 0,8% (selon l'Insee), le message se veut rassurant. Le rendement serait supérieur au coût de la vie, protégeant ainsi le pouvoir d'achat. Mais derrière ces chiffres se cache une réalité plus complexe, qui mérite d'être regardée autrement que par le seul prisme des taux…
Baisse du taux du Livret A en 2026 : une décision politique autant que technique
Si la Banque de France avait scrupuleusement suivi la formule de calcul du livret A, celui-ci aurait eu un taux de 1,4%. Toutefois, le ministre de l'Économie, Roland Lescure, a décidé de suivre les recommandations de la Banque de France en arrondissant le taux à la hausse, soit 1,5%. Par ce choix, le Gouvernement espère rassurer les millions de détenteurs du livret.
Et il faut dire qu'ils en ont besoin ! Depuis août 2023, la trajectoire est nette : 3% jusqu'en janvier 2025, puis 2,4%, 1,7%, et désormais 1,5%. En moins de trois ans, le rendement a été divisé par deux. L'inflation quant à elle n'a pas toujours été sous ce taux, ce qui mettait clairement en danger le pouvoir d'achat des Français.
La baisse concerne également le LDDS, indexé sur le même taux. Le CEL, Compte Epargne Logement, passe lui à 1%. Les livrets jeunes quant à eux restent contraints d'afficher un taux supérieur à 1,5%, sans réelle garantie de rendement attractif.
LEP, PEL, CEL : des ajustements différenciés selon les profils d'épargnants
Le Livret d'épargne populaire (LEP) conserve un statut à part. Son taux baisse également, mais passe de 2,7% à 2,5% au 1er février 2026. Là encore, si l'État avait choisi de strictement suivre la formule, le taux aurait abouti à 1,9%. Par ce choix, le Gouvernement en place y voit une manière de continuer à protéger les ménages les plus modestes, qui sont plus exposés à l'inflation, même si le rendement recule lui aussi.
Du côté de l'épargne logement, tout PEL ouvert en 2025 conservera un taux de 2%. Un rendement stable, mais qui, une fois la fiscalité prise en compte, peine à rivaliser avec d'autres placements de long terme.
Quel impact réel sur votre épargne en 2026 ?
Si l'annonce de la baisse des taux peut sembler très modérée pour certains, elle se ressent surtout quand on la traduit en euros. Sur l'année 2026, si l'on combine les 1,7% du mois de janvier, et les 1,5% à compter de février, le taux annuel équivalent est d'environ 1,52% pour un capital constant.
Autrement dit, cela représente environ 7,6 euros d'intérêts pour 500 euros, 15,2 euros pour 1 000 euros, et près de 349 euros pour un Livret A rempli à son plafond de 22 950 euros.
Ces chiffres sont très loin de faire miroiter un avenir serein. Alors, oui, l'épargne est toujours là, mais elle pourrait sûrement être plus importante en étant placée ailleurs… Parfois, cela vaut le coup de regarder l'herbe du voisin.
En conclusion
Dire que le Livret A “protège le pouvoir d'achat” parce que son taux reste supérieur à l'inflation est une vérité… partielle. En effet, il ne faut pas oublier que pendant des mois, ça n'a pas été le cas ! Au contraire, l'inflation passée a déjà été encaissée par les ménages. Sans compter le coût d'opportunité d'une épargne faiblement rémunérée.
Avec plus de 438 milliards d'euros placés sur le Livret A et près de 550 milliards encore dormants sur les comptes courants, une part importante de l'épargne française reste cantonnée à des supports peu productifs.
A force de confondre sécurité et protection durable du pouvoir d'achat, les épargnants acceptent la détérioration silencieuse de leur capacité à financer des projets de long terme. Bien que le Livret A reste en 2026 indispensable comme filet de sécurité, il ne faut pas pour autant tout miser dessus. Mettre de côté en cas d'imprévus c'est bien, mais penser que le livret A vous rendra riche, c'est de la fiction !
Car finalement, protéger son pouvoir d'achat, ce n'est pas seulement éviter de perdre, c'est aussi mettre en place des solutions et apprendre à faire autrement.
Achevé de rédiger le 30 janvier 2026 par Amélie Yem, Responsable Communication et Marketing chez BFG Capital